Santé : Faire du Burundi un pôle d’excellence de la réadaptation pour la région des Grands Lacs

Santé : Faire du Burundi un pôle d’excellence de la réadaptation pour la région des Grands Lacs

En 2011, le Burundi lançait le Programme d’Appui au Développement de la Médecine Physique et Réadaptation (PAD-MPR). Ce projet est mis en œuvre via un partenariat entre le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte Contre le Sida (MSPLS) ; l’ONG COPED et l’APEFE, avec un financement du Gouvernement belge. Le PAD-MPR a pour mission de renforcer la composante « Réadaptation » dans le système national de santé. Il vise à développer au Burundi, un pôle sous-régional d’excellence en réadaptation.

 

Un programme de grande envergure

Le PAD-MPR a débuté par la formation à l’extérieur, à partir de 2008, d’une vingtaine de kinésithérapeutes burundais de niveau baccalauréat.

Ceux-ci ont été formés à l’Ecole Supérieure de Kinésithérapie (ESK) de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de Cotonou (Bénin). Sélectionnés sur concours parmi les meilleurs diplômés du secondaire, ils ont bénéficié de bourses de l’APEFE, de l’Université Catholique de Louvain, de Wallonie-Bruxelles International et d’Enabel.

La majorité d’entre eux ont poursuivi leur formation au niveau Master et Doctorat, principalement à UCLouvain en Belgique.  Ils constituent le noyau des kinésithérapeutes burundais, essentiels à la réussite du PAD-MPR.

 

Ces ressources humaines de grande qualité ont permis la création, en 2014, du Centre National de Référence en Kinésithérapie et Réadaptation (CNRKR) de Bujumbura. Ce centre délivre des soins d’excellence. Il offre un environnement de travail optimal, permettant aux praticiens de développer leurs compétences et leur savoir-faire. Le CNRKR est placé sous la tutelle du MSPLS. Sa gestion est confiée en partenariat public-privé à l’ONG COPED.

La présence du CNRKR et de son savoir-faire a permis l’ouverture, en 2019 de la « Filière de Formation en Kinésithérapie et Réadaptation » (FFKR) à l’Institut National de Santé Publique (INSP) de Bujumbura. La FFKR va très prochainement produire sa troisième promotion de 19 diplômés.  La disponibilité de ces jeunes kinésithérapeutes permet l’émergence d’un réseau de services de réadaptation dans les hôpitaux et centres de soins du Burundi.  Le nombre de ces services est ainsi passé de moins de 10 en 2011 à 43 en 2023 à travers le pays

 

Le bâtiment de la FFKR à l’INSP comporte 3 étages.  Le rez-de-chaussée est consacré aux soins, dans un service de kinésithérapie bien équipé qui ouvrira très prochainement ses portes à la population. Le premier étage est consacré à la formation théorique et pratique des étudiants en kinésithérapie, tandis que le second étage abrite un centre de recherche en réadaptation.

Cette triple dimension « Soins – Formation – Recherche » en réadaptation, concentrée dans un seul bâtiment d’une seule institution universitaire, est unique en Afrique subsaharienne Elle est porteuse de perspectives très importantes pour le rayonnement du Burundi dans ce domaine.

Lors de sa visite au CNRKR, le 2 février 2024, Mme Heidi Rombouts, Directrice Générale de la Coopération au développement et de l’Aide humanitaire du Gouvernement fédéral belge (DGD), a constaté, avec satisfaction, l’activité importante et la qualité des soins de ce centre.

« Nous sommes ravis et honorés d’être ici. Il est bon de découvrir sur le terrain ce que nous avons lu sur le papier. Je suis très impressionnée par ce qui a été réalisé. J’apprécie également la réflexion sur la pérennité de ce centre et du programme de développement de la réadaptation au Burundi. Il est en effet essentiel d’assurer la continuité dans le long terme d’un si beau projet », a-t-elle dit.

Il est prévu, toujours sur financement du PAD-MPR, de doubler en 2024 la surface de travail du CNRKR de Bujumbura en ajoutant un étage sur le bâtiment actuel. Le CNRKR, un des principaux lieux de stage de la FFKR, va ainsi renforcer ses propres capacités de soins, de formation et de recherche, totalement complémentaires à celles de la FFKR/INSP.

Mme Heidi Rombouts (2e à gauche), Directrice Générale DGD, lors de la visite du CNRKR ©Akeza.net 

 

Une référence dans la sous-région

Avec la mise en place du PAD-MPR, le Burundi souhaite acquérir la dimension de « pôle d’excellence en réadaptation » pour la sous-région des Grands Lacs et au-delà. Les capacités acquises depuis une quinzaine d’années dans le pays sont en effet de plus en plus remarquées à l’extérieur.

Dans ce contexte, l’APEFE a été sollicitée par plusieurs institutions nationales et internationales dont l’OMS pour appuyer d’autres projets en réadaptation dans certains pays africains dont le Rwanda et la RDC.

Olivier Jadin, l’Administrateur de programme de l’APEFE Burundi ©Akeza.net

 

Si ces programmes nouveaux se concrétisent, les compétences burundaises en réadaptation seront très utiles dans leur mise en œuvre.

Selon Olivier Jadin, l’Administrateur de programme de l’APEFE Burundi, « le Burundi commence à apparaitre comme un pays où le savoir-faire et la connaissance en réadaptation se concentrent. Si cette évolution se confirme, ce savoir-faire a vocation à rayonner vers d’autres pays de la sous-région, voire même au-delà. L’APEFE souhaite continuer à appuyer le Burundi dans cette dynamique »

 

Moïse MAZYAMBO