PADI : Garantir une meilleure production agricole en protégeant les marais de la commune Busoni (Kirundo)

PADI : Garantir une meilleure production agricole en protégeant les marais de la commune Busoni (Kirundo)

Le jeudi 25 janvier 2024, le comité de pilotage du Programme d’Appui au Développement de l’Irrigation dans la Province de Kirundo au Burundi (PADI) a effectué une visite des réalisations dudit projet dans la commune Busoni. Ces activités entrepris dans le cadre du PADI, en collaboration avec ENABEL, concerne la réhabilitation du marais de Muhembuzi, l’aménagement de son bassin versant ainsi que le renforcement des capacités des coopératives agricoles et association des usagers de l’eau.

Lancé en 2022 pour une durée de 5 ans (2022-2026), le PADI vise, à terme, l’amélioration de la production et productivité agricole d’environ 3000 ménages exploitant les marais et les bassins versant de Muhembuzi (commune de Busoni) et de Ndurumu (commune de Gitobe et Busoni) dans la province de Kirundo. Financé par la Coopération belge au Développement et aide humanitaire (DGD) à hauteur de 2.650.000 d’euros il est mis en place par un partenariat tripartite entre le Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, l’APEFE Burundi et le COPED.

Un meilleur accès à l’eau pour une production agricole améliorée

Lors de sa visite au marais de Muhimbuzi, le comité de pilotage du PADI a constaté avec satisfaction la bonne avancée des travaux sur le terrain, notamment au marais de Muhembuzi, comme l’a indiqué Diomède NDAYIRUKIYE, Directeur Général de la Planification, de l’aménagement du territoire, de l’irrigation et de la protection du patrimoine foncier Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage. « L’état d’avancement des travaux d’aménagement au marais de Muhembuzi est satisfaisant. Ce marais avait été aménagé pour une première fois en 2005 pour permettre aux habitants de cultiver le riz. Mais, à cause du manque d’entretien, de suivis, mais également de la vétusté des infrastructures, le marais ne permettait plus aux habitants de pratiquer l’agriculture de manière convenable », a-t-il dit.

Diomède NDAYIRUKIYE, Directeur Général de la Planification, de l’aménagement du territoire, de l’irrigation et de la protection du patrimoine foncier ©Akeza.net

Il est à noter que la réhabilitation du marais de Muhembuzi couvre une superficie de 140 ha et devrait profiter à environ 2808 producteurs agricoles. Les travaux ont, essentiellement, consisté à la réfection de trois prises et la construction de deux nouvelles prises, à l’aménagement des canaux primaires et secondaires, à l’aménagement de la piste et la construction du pont d’accès à l’école de Nyabugeni. Ainsi qu’à l’aménagement de la piste et la construction du pont pour traverser le marais au niveau du hangar de Nyakizu.

 

L’installation d’infrastructures hydro-agricoles au marais de Muhembuzi et dans ses bassins versants a facilité l’irrigation des champs de riz et améliorer la production agricole des agriculteurs exploitant le marais. Pour Sandrine NIYOKINDI, une agricultrice sur le marais, son quotidien a positivement changé. « Avant l’arrivée du programme PADI, nous manquions d’eau pour irriguer les champs de riz. Ce qui avait pour conséquence la perte de nos semences, puisque celle-ci séchait dans le sol. Cependant, depuis que le marais a été réhabilité, nous pouvons de nouveau irriguer nos champs et produire du riz. La preuve en est qu’aujourd’hui, j’attends de récolter 3 sacs de riz sur des bandes de terre qui ne produisaient pas plus de 2 sacs et 2 sacs sur celle qui ne produisait pas plus d’un sac et demi », confie-t-elle.

Sandrine NIYOKINDI, une agricultrice sur le marais de Muhembuzi ©Akeza.net

 

En 2024, le programme va entamer les travaux sur le marais de Ndurumu qui, contrairement à Muhembuzi, sera nouvellement aménagé.

« Dans la poursuite du programme, nous allons aménager un autre marais, celui de Ndurumu. Il y aura donc deux marais. Il faudra aménager les bassins versants. Cela a déjà démarré au niveau de Muhembuzi. Cela est fait afin de bien protéger les infrastructures mises en place. Contrairement à Muhembuzi, où nous avons réhabilité le marais, Ndurumu est un marais qui sera nouvellement aménagé. Nous devons donc mettre en place toutes les infrastructures ainsi que toutes les infrastructures de conservation et de transformation de la production. Mais, aussi, structurer les producteurs pour que ceux-ci se regroupent en coopératives et en associations d’usagers de l’eau pour qu’ils gèrent l’infrastructure une fois que le programme sera terminé », explique Didier WOIRIN, Administrateur de programme à l’APEFE.

Didier WOIRIN, Administrateur de programme à l’APEFE ©Akeza.net

Renforcer les capacités des producteurs

Dans la liste de ses objectifs, le PADI vise également le renforcement des capacités des producteurs agricoles des marais de Muhembuzi et Ndurumu. A cet effet, le programme offre un accompagnement aux membres de la coopérative agricoles « Mucowabarimyi » et de l’Association des usagers de l’eau (AUE) « Dusabikanye Amazi Turwizumwimbu ».

La coopérative « Mucowabarimyi » a ainsi bénéficié d’un appui dans l’approvisionnement en intrants agricoles, dans la formation ainsi que la commercialisation/transformation des produits agricoles. Cet appui a permis à la coopérative de se doter d’un capital atteignant les 39.038.480 FBU et d’acquérir 20 tonnes d’engrais + 1.800 kg de semences de riz pour la saison 2023-2024. Comme l’explique Alexis IRAMBONA, Technicien Ingénierie sociale PADI, la coopérative et les producteurs agricoles connaissent de nettes avancées dans leur évolution.

 

« Avant l’arrivée du programme PADI, les agriculteurs aux abords du marais de Muhembuzi n’avaient pas connaissance de l’importance d’utiliser des engrais et des semences de qualité. A ce jour, ces mêmes agriculteurs comprennent l’importance des semences et des engrais de qualités dans la culture du riz. Ils sont également mis en place un système de micro-crédit qui garantit le développement de la coopérative et de ses 148 membres », a-t-il indiqué.

Notons que le PADI envisage la mise en place d’une autre coopérative au niveau des prises 1 et 1 bis, la construction de latrines et d’aire de séchage ainsi l’équipement du hangar au niveau des prises 1 et 1 bis du marais de Muhimbuzi.

Pour ce qui concerne l’Association des usagers de l’eau (AUE) « Dusabikanye Amazi Turwizumwimbu », celle-ci est chargée de la gestion de l’eau sur le marais et de l’entretien des infrastructures hydroagricoles. Ses membres devront être formés pour assurer cette tâche plus que vitale pour la survie du marais et des producteurs agricoles.

Un seul défi : « Assurer la pérennité des acquis du programme »

Alors que le PADI entame sa 3e année de réalisation, la question de la gestion et de la pérennisation des acquis du programme reste au centre des débats. En effet, Diomède NDAYIRUKIYE, les producteurs agricoles et les autorités, tant au niveau du ministère qu’au niveau local, ont responsabilité d’entretenir ces infrastructures pour les garder en état de fonctionnement. « Il incombe aux responsables, aussi bien au niveau du ministère qu’au niveau communal, d’accompagner les habitants pour un entretien optimal de ces infrastructures », a-t-il dit.

Des membres du comité de pilotage lors de la visite du marais de Muhembuzi ©Akeza.net

Le comité de pilotage a tenu une réunion pour faire un état de lieu de l’avancement des travaux et planifier la suite du programme. Par ailleurs, il devra s’assurer du respect des délais et de la ligne budgétaire. Mais, aussi de s’assurer de la pérennité des infrastructures à la fin du programme et, donc, continuer à assurer une production agricole de qualité.

Le dernier volet du programme, quant à lui, concernera le renforcement des capacités du ministère de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement.

 

Moïse MAZYAMBO