Dans le cadre de la mobilisation du grand public en faveur des droits des femmes et des filles, ainsi que de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, six artistes populaires de l’industrie musicale burundaise, engagés dans des causes sociales, à savoir : Mow Kanzie, Esther Nish, Drama-T, DJ Fernando, Lino G et Masterland, se sont réunis au Master Muzik Studio. Leur objectif : sensibiliser la communauté à l’éradication des violences sexuelles et basées sur le genre à travers l’art et la créativité. Au rythme d’une mélodie qui transcende les frontières, ces artistes ont produit la chanson intitulée « Disons Non », riche en émotions et en messages de justice sociale.

L’art , la culture et, plus particulièrement la musique ont toujours été des vecteurs puissants de communication et de transformation sociale. De nombreux artistes à travers le monde, ont utilisé leur art pour promouvoir des causes sociales importantes, suscitant ainsi un impact transformateur au sein de la société. C’est à travers cet univers enchanté, que ces six artistes burundais ont pris le devant pour défendre la cause des VSBGs, à travers la chanson « DISONS NON », pour mobiliser les masses et inciter à l’action.

Images du clip de la chanson « Disons Non! » ©DR

 

La production de cette chanson a été financée par l’Union européenne dans le cadre du projet « Appui institutionnel au processus de mise en place de l’observatoire national pour la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre au Burundi » mise en œuvre par ONU Femmes en soutien au Gouvernement du Burundi dans ses efforts d’éradication des Violences sexuelles et basées sur le genre. Il a également bénéficié de l’engagement des ONG locales, telles que le CAFOB, l’UCBUM et le FNF, qui œuvrent inlassablement pour la promotion des droits de la femme et ont contribué activement à la mise en œuvre de cette campagne. La production audiovisuelle de cette œuvre a été confiée à MASTER MUZIK RECORDS, où une équipe de créatifs passionnés a mis tout son cœur et son âme pour donner naissance à un résultat à la hauteur de l’enjeu.

 

Quelle chanson, pour quel message ?

Avec une entrée d’une rare intensité émotionnelle, la talentueuse chanteuse Esther Nish s’empare du premier vers de la chanson. Dans ce passage poignant, elle raconte l’histoire de femmes courageuses qui, après avoir affronté l’adversité, trouvent la force de se relever et de reprendre le contrôle de leur destiné. « Il était un certain soir, le vent soufflait, autour du feu du nouvel espoir. Les femmes et les filles tourmentées par la peur et le désespoir, décédèrent de se lever et de lutter pour leurs droits. Elles unirent leur forcent, pour vaincre la peur et guérir les blessures infligées par les blessures subies ».

Un message soutenu par DJ Fernando, appelant les hommes à une coopération accrue pour renforcer l’autonomie économique des femmes : « les femmes choisirent de rétablir et prendre leurs vies en main. Hommes et garçons, nous nous sommes levés. Nous nous engageons à soutenir chaque femme et chaque fille dans leur développement, luttant ensemble pour chasser les Violences Basées sur le Genre. Ne les laissons pas seules avec les taches ménagères. Elles ont besoin aussi le temps pour s’épanouir ».

 

Une chanson appréciée par le Président de la République

Conscients du pouvoir de la musique pour toucher les âmes et réveiller les consciences, le ministère en charge du genre ainsi que les autres entités partenaires, ont invité ces six artistes dans les cérémonies marquant la célébration de la Journée Internationale de la Femme, qui se sont tenues samedi le 8 mars, au Stade de la Province de Bubanza, en présence du Président de la République du Burundi Evariste NDAYISHIMIYE.

Prestation lors de la Journée Internationale des Droits des Femmes ©DR/mars 2025

 

D’après le chanteur Masterland, qui a piloté le projet, ces artistes ont été à la hauteur des attentes. « C’était un moment si puissant qui, d’ailleurs, a marqué la première performance de cette chanson. Je me souviens de l’ambiance et de l’émotion qu’il y avait. Les larmes ont coulé ». Et d’ajouter : « Chacun de nous a donné le maximum, en accompagnant la profondeur de la mélodie et en transmettant des messages percutants qui résonnaient en nous, touchant ainsi les cœurs et les esprits de milliers de personnes qui étaient présents ».

Rehaussant ces activités, le Président NDAYISHIMIYE a appelé à l’égalité et le soutien aux femmes dans le développement, pour renforcer leur autonomie économique.

 

Sensibiliser et inspirer le changement : Des messages au centre de la chanson

Grâce à cette chanson engagée, ces artistes ont réussi à donner des messages constructifs sur des problèmes sociaux. Une vraie symphonie de conseils et de l’engagement. « Tous ensembles, nous disons non. Arrêtez ça ! Les violences faites aux femmes. La discrimination basée sur le genre. Disons non !», indiquent-ils dans le refrain.

Fiers de prendre part à cette initiative, les artistes se sont exprimés. Mow Kanzie, a exprimé sa volonté de voir les VBGs disparaitre. « Nous disons non, encore et toujours, aux violences subies par les femmes et les filles. Hommes et femmes, ensemble dans la lumière, pour un meilleur avenir », a exprimé la chanteuse, avant d’ajouter : « Je rêve un jour où la violence n’existerait plus. Où l’équité sera une règle, et non une faveur ».

Pour Drama-T, l’union est la clé pour l’éradication de ce fléau. « Unissons nos voix avec sincérité et bâtissons un monde sans violence. Nous appelons chaque Burundais et toutes les instances du pays, à prévenir, à lutter sans relâche contre les injustices basées sur le genre », dit-il.

Lino-G, quant à lui, a rappelé que les violences existent sous plusieurs formes. « Ces violences que nous dénonçons, sont classées dans plusieurs catégories, observées au sein de notre communauté, notamment les relations sexuelles forcées. Des prétextes de chantage tel que : Enlève tes vêtements pour obtenir ce poste, Enlève-les pour recevoir une promotion, enlève-les pour réussir à l’école », explique-t-il.

À la coordination de ce projet musical, Masterland, rappelle que la dénonciation des abus est une affaire commune. « La privation de leurs droits, sociaux, familiaux et civiques, en raison de ce qu’elles sont : la maltraitance, les coups portés et même ceux qui perdent la vie. Certaines sont même vendues comme des simples marchandises. Pourtant, monsieur et jeune homme, ces multiples unions illégales ne sont pas une gloire, mais une honte. Tous ensemble, interpellons et dénonçons ceux qui abusent des femmes et quiconque tente de le faire soit traduit en justice », dit le producteur.

Pour porter haut et fort le message de cette chanson et l’amener encore plus loin, ces artistes ont décidé de réaliser également la production visuelle de ce projet. Sortie le 21 mars 2025, la chanson « DISONS NON » a été chaleureusement accueillie par le public, comme en témoignent les retours positifs et les excellentes performances enregistrées sur YouTube.

Regardez l’intégralité de la chanson sur YouTube et n’hésitez pas à partager vos analyses et impressions sur l’ensemble de cette campagne.

« Disons Non » by All Stars