Le sport est sa plus grande passion à côté du théâtre. Du 13 au 14 septembre, cette jeune fille de Bujumbura a défié la distance entre Bujumbura et la capitale, Gitega à la marche. Son voyage a démarré à partir de 4h45. Cette épreuve lui laisse de vives impressions. Elle a été réalisée sur plus de 97km pendant 20h 8min 32sec. Cette entretien vous plonge dans les coulisses d’un test d’endurance très particulier pour ce coach sportive burundaise qui, depuis un certain temps, multiplie de tels challenges.

 

Akeza.net : Vous venez de faire faire le trajet Bujumbura-Gitega à la marche, quel est votre état physique et psychologique ?

Florence IRAKOZE : Je suis exténuée. Une seule chose plus positive est la joie que j’éprouve. Elle surpasse de loin cette sensation de fatigue. J’ai du mal à réaliser que je viens de faire plus de 97 Km à pieds en moins de 24h. C’est une victoire pour moi. J’espère que je continuerai à m’améliorer et qu’un jour je pourrais faire un trajet plus longe que celui-là.

 

Akeza.net : Depuis combien de temps avez-vous planifié cette aventure ?

Florence IRAKOZE : Je pratique ce genre de marche depuis quelques années. J’ai déjà fait Bujumbura-Bugarama 3 fois, Bujumbura-Jenda 2 fois, Bujumbura-Gitaza et Bujumbura, frontière Gatumba une fois. Vous comprenez que ce n’est pas la première fois que j’effectue ce type de sport, mais j’ai pris l’initiative de parcourir ce trajet au mois de juin. Ceux qui me suivent sur mes plateformes l’ont su bien avance. J’ai voulu faire une différence par rapport à mes aventures sportives antérieures. Je suis d’abord allée escalader le mont Heha pour tester mon endurance. J’étais persuadée d’y arriver, car en faisant le trajet Bujumbura-Jenda, j’ai parcouru 40 km à pieds pendant à peu près 6h. Alors, je me suis dit que je pourrais pousser les limites de mon aventure sportive et réussir sur une longue distance. Je ne l’ai pas fait pour épater la galerie. J’ai juste voulu tester mes capacités d’endurance sur un tel trajet.

 

Akeza.net : Si c’était à refaire ce mois pour retourner à Bujumbura, le feriez-vous ?

Florence IRAKOZE : Je peux bien le refaire. Aujourd’hui, je sais ce qu’il faut pour réussir un long voyage à pieds. Même pour d’autres itinéraires comme Gitega-Rutana, Bujumbura-Rumonge, Bujumbura-Bubanza, Bujumbura-Cibitoke, je pourrais bien y aller. Après ce challenge, j’ai pris note de certains défis et des améliorations nécessaires pour affronter un trajet de beaucoup de km à parcourir.

 

Akeza.net : Quel souvenirs gardez-vous après ce voyage ?

Florence IRAKOZE : Je me suis bien amusée. J’ai eu de doutes la veille de mon voyage mais, je me suis finalement décidée. Sur ma route, je me parlais toute seule et je réfléchissais. J’ai pris plaisir à manger des bananes murs et à admirer les gens le long de mon trajet. Ce voyage a également été une occasion de contempler les beautés des paysages côtoyés sur chaque étape de mon voyage.

 

Akeza.net : Y’aurait-il quelque chose que vous n’avez pas aimé ?

Florence IRAKOZE : Je n’ai pas aimé la manière dont certaines personnes se sont comportées sur ma route à mon égard. Lorsque certaines personnes voient quelqu’un qui n’est pas familière dans leur localité, leur surprise se voile à peine et ça peut paraître bizarre. Ce que je n’ai pas beaucoup apprécié par exemple, on m’a dissuadé de prendre des images au niveau de certaines localités sur ma route. Moi, je voulais avoir de souvenirs à garder.

 

Akeza.net : Un tel voyage à pieds est inimaginable. Où est-ce que vous avez puiser cette force ?

Florence IRAKOZE : Ce qui m’a donné la force est la détermination de ma propre personne. Le thème de mon voyage était :’’Moi contre moi-même’’. Je me disais que si je ne me débrouille pas, personne ne me viendra au secours. Je voulais simplement être à la hauteur de mon propre challenge et le réussir.

 

Akeza.net : Comment étiez-vous au bout du premier jour de votre voyage ?

Florence IRAKOZE : Je me suis arrêtée le soir pour passer la nuit à Muramvya. Ma jambe gauche me faisait très mal. J’ai eu la chance, car j’avais emporté une pommade dans mon sac de voyage. J’ai pris soin de ma jambe et le dimanche matin, j’ai repris ma route pour Gitega.

 

Akeza.net : Quel est votre prochain long voyage à pieds ?

Florence IRAKOZE : A présent, je n’ai pas une idée d’un challenge qui va suivre. Mais, au terme de ce voyage, deux filles m’ont contacté pour me féliciter. Elles m’ont exprimé leurs appréciations pour ce que je venais de réaliser et m’ont ensuite proposé de les prendre dans mon prochain challenge. Je connais la réalité de faire de tels voyages. Alors, je les ai promis de les aider à s’entrainer avant de s’embarquer dans une pareille aventure. A vrai dire, je n’ai pas de plan clair pour la suite. Je suis encore fatiguée mais, peut-être que j’en aurais un, quand j’aurais bien récupéré mes forces.

 

Akeza.net : Y’aurait-il une personne qui vous soutenu durant ce voyage ?

Florence IRAKOZE : Il y’a une personne que je remercie beaucoup. Elle s’appelle Brunella Samantha DUSHIME. Elle m’a soutenu de loin en diffusant sans relâche l’évolution de mon voyage sur les réseaux sociaux. A chaque étape de ce parcours, elle n’a pas cessé de demander comment je me sens. Elle savait que j’avais mal à la jambe gauche.

 

Propos recueilli par Africa BINTUNUMUKAMA