Environnement : Le rôle des bouteilles à usage unique dans la fruiticulture à Mukike

Environnement : Le rôle des bouteilles à usage unique dans la fruiticulture à Mukike

Après avoir remarqué l’absence d’intérêt pour la fruiticulture dans les parages de sa localité à Mukike, Félix NIZIGIYIMANA s’est depuis peu lancer dans la culture des Maracujas et des Prunes de Japon. A travers son premier champs d’essai sur sa colline natale Mutobo qu’il doit garder humide tout au long de l’été, Félix fait recours à un arrosage goutte à goutte, à l’aide des bouteilles plastiques suspendues. Dans sa vision, il aspire à développer la même initiative sur des vastes terrains pour produire plus et contribuer à juguler la prolifération plastique.

 

Une filière agricole négligée

Réputée pour son sol favorable à la culture des pommes de terre, du blé, du maïs et d’autres plantes, la rareté des plantes fruitières dans les parages de sa colline natale Mutobo de la commune Mukike de Bujumbura a intrigué depuis tant d’année Félix NIZIGIYIMANA.

 « La culture des arbres fruitiers dans cette localité et ses environs n’est pas pratiquée. Je pense que la population ne croit pas qu’ils peuvent se développer sur cette terre » s’indigne-t-il.

En parallèle avec sa profession de multiplicateur des semences des pommes de terre en particulier, Félix entreprend depuis quelques mois la culture des Maracujas et des Prunes de Japon. Son projet en cours, s’effectue au cours d’une troisième saison agricole presque inexploitée dans les champs perchés sur les collines à cause des difficultés d’accès à l’eau pour l’irrigation.

 « Nous travaillons sur un jardin en essai pour voir si cette saison sèche peut être propice à la production des fruits. L’initiative peut servir de modèle à la population de cette localité et aider dans l’équilibrage de l’alimentation des familles. Nous sommes en début d’été et il me faut de l’eau. Cette année, J’ai tout anticipé pour faire face au grand soleil et ses conséquences sur la vie des plantes » rassure Félix NIZIGIYIMANA.

Dans son champ d’essai d’environ 40 m sur 50 m, des bouteilles à usage unique remplies d’eau et suspendues en hauteur, laissent tomber des gouttelettes au pieds des plantes fruitières couvertes de pailles sèches. Le rythme de croissance de sa première génération des plantes fruitières laisse espérer. Quoiqu’il rêve d’une bonne saison pour son jardin fruitier, Félix demeure conscient du travail qui l’attend. Il sait qu’il doit ménager aucun effort pour l’arrosage et le suivi pour avoir un bon rendement.

 

Le cadet des soucis

A propos du marché d’écoulement et l’apport de revenus aux producteurs, Félix voit tout en rose. Il évoque notamment la demande de la ville de Bujumbura qui ne cesse pas d’augmenter et l’atout des marchés étrangers.

 « Cultiver des fruits peut rapporter beaucoup aux producteurs et leurs ménages. La ville de Bujumbura est par exemple à une heure de route en voiture. Son marché présente une demande croissante tout comme celle des industries de transformation. En cas de grande production, on peut aussi vendre à l’étranger et gagner des devises » explique-t-il.

Selon Félix, l’arboriculture fruitière pour les ménages devrait d’abord être une priorité pour la consommation grâce à leur qualité nutritionnelle.

« Certaines personnes s’en battent les reins de l’apport nutritionnel des fruits. Il y’en a aussi d’autres qui croient que leur consommation est bonne uniquement aux enfants et aux malades, ce qui n’est pas du tout le cas ».

 

L’ambition de Félix

Son nouveau système d’arrosage goutte à goutte non automatique, lui rassure et permet d’imbiber d’eau les pieds des fruits durant de longues heures sans s’arrêter. Depuis le lancement des activités dans son premier champs d’essai, Félix NIZIGIYIMANA a la tête pleine d’ambitions. Il souhaite mettre la main à la pâte dans la récupérations plastiques d’envergure plus tard, quand il aura déjà des vastes plantations à arroser pendant l’été.

« Cette technique d’arrosage à l’aide des bouteilles plastiques, se montre plus écologique et indispensable. J’ai la certitude que lorsque j’aurais déjà entrepris la réalisation de tels projets sur des grandes surfaces, j’utiliserai beaucoup de bouteilles plastiques en conséquence. Cela contribuera à la réduction des ordures plastiques et la protection de l’environnement ».

 

Africa BINTUNUMUKAMA