Développement : Le projet AMAHORO II clôture ses activités après 33 mois de mise en œuvre au Burundi

Développement : Le projet AMAHORO II clôture ses activités après 33 mois de mise en œuvre au Burundi

Du 6 au 7 décembre 2023, la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) au Burundi a animé un atelier de clôture du projet AMAHORO II au chef-lieu des provinces de Cankuzo et Ruyigi. Ce projet avait été lancé en avril 2021.  Centré particulièrement sur le volet d’urgence humanitaire via une assistance alimentaire d’urgence et celui de développement et relèvement précoce des communautés, les bénéficiaires de ce projet s’élèvent à près de 7.000 personnes issues de 1.200 ménages.

 

Les points à l’ordre du jour des ateliers

En date du 6 au 7 décembre 2023, la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) au Burundi a organisé deux ateliers consécutifs à l’est du Burundi. Le premier s’est tenu dans la salle de réunion de KABEZA Motel à Cankuzo et le second à Ruyigi dans la salle de l’Hôtel Lebanone II.

« L’objectif de l’atelier d’aujourd’hui est de nous montrer les résultats du projet AMAHORO II par rapport à ses réalisations. Étant donné que le projet va clôturer ses activités ce 31 décembre 2023, il y a sûrement eu des défis, des avancées et des bonnes pratiques qu’on va découvrir à travers des présentations « , a déclaré, Emérencienne TABU, Gouverneur de la province Ruyigi.

Emérencienne TABU, Gouverneur de la province Ruyigi ©Akeza.net

Au programme des deux ateliers, les participants composés entre autres des autorités provinciales et communales, des représentants du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, ceux des ONGs partenaires, des services techniques provinciaux et communaux ont suivi des présentations portant sur l’historique de la FLM, ses interventions en cours et le projet AMAHORO II.

Ils ont en outre participé aux sessions d’échanges et activités de groupes pour identifier et commenter ensemble les résultats du projet, mettre en lumière les défis rencontrés et les bonnes pratiques à reproduire dans les projets ultérieurs de la FLM Burundi. Cet atelier a aussi été l’occasion pour définir les rôles dans le processus de pérennisation des activités dudit projet entre les parties prenantes.

 

L’impact du projet

Lancé au mois d’avril 2021, le projet AMAHORO II avait pour objectif principal de réduire la faim, améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire pour des personnes touchées par la COVID-19 et d’autres chocs.

Le projet a appuyé des ménages dirigés par des femmes (60 %) et des hommes (40 %) des catégories de déplacés internes, des rapatriés et des membres de la communauté d’accueil. Le projet s’est focalisé sur des personnes marginalisées dans 10 collines des communes Gisuru et Kinyinya en province de Ruyigi et Gisagara, Mishiha et Cankuzo en province de Cankuzo.

Au niveau du volet d’urgence, près de 6.000 personnes vulnérables issues de 1.150 ménages ont bénéficié d’assistance alimentaire.

1.200 ménages vulnérables, y compris ceux qui ont bénéficié de l’assistance alimentaire, ont participé à des activités de développement et le relèvement précoce des communautés. Ce dernier axe a contribué au renforcement des moyens de subsistance des populations vulnérables à travers des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), au développement de l’agriculture et à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBGs).

Photo d’activités de groupe prise à Kabeza Motel (Cankuzo) le 6décembre 2023 ©Akeza.net

Le projet AMAHORO II a également contribué à  » la réhabilitation des infrastructures publiques, l’aménagement de Champs Ecoles Producteurs et l’apprentissage des techniques agricoles, la conscientisation sur l’égalité de genre et des droits des enfants, la création des coopératives et leur bonne gestion, à la création des groupements d’épargne et de crédit et à la protection de l’environnement « , ajoute Emmanuel NDAMUROKORE, Responsable du projet AMAHORO II à Ruyigi et Cankuzo.

Au niveau des 10 collines d’intervention du projet AMAHORO II, 10 coopératives ont été créées et enregistrées à l’ANACOOP (Agence Nationale de Promotion et de Régulation des Sociétés Coopératives au Burundi).

40 Champs Ecoles Producteurs (4 par collines) ont été mis en place et 40 animateurs communautaires et 1’200 personnes ont été formés sur les approches de développement des Champs Ecoles Producteurs et d’autres techniques agricoles indispensables.

Le secteur des infrastructures publiques, l’enfance et l’environnement n’ont pas été oubliés. Plusieurs actions ont été menées notamment des séances de sensibilisation sur les droits des enfants, le traçage des courbes de niveau pour faire face à l’érosion du sol et la réhabilitation des locaux des marchés, des ponceaux, des sources d’eau et des pistes rurales.

 

Les traces indélébiles de ses interventions

Dans ses zones d’intervention, le projet AMAHORO II a inclus dans ses programme 60% de femmes et 40% d’homme. Parmi eux, 60% sont des rapatriés, 30% des déplacés et 10% de membres de la communauté d’accueil.

Leur situation de vie précaire avant l’intervention du projet compliquait leur quotidien et étouffait le moindre espoir d’un lendemain meilleur. Euphigénie NTEZIMANA, une des rapatriés en Commune Gisuru témoigne :

 » On vivait dans une pauvreté sans nom à notre retour au pays. Avoir à manger était difficile et deux de mes enfants ont dû abandonner l’école. Grace à ce projet, on a été formés et sensibilisés pour sortir de la précarité. Nous avons appris des techniques agricoles et reçu des intrants et des outils agricoles. Nous avons suffisamment été accompagnés pour arriver où nous en sommes aujourd’hui. Mes deux enfants sont retournés à l’école, les garçons et les filles sont traités sur un pied d’égalité. Notre récolte a aussi augmenté « , indique-t-elle.

Euphigénie NTEZIMANA, une des rapatriés en Commune Gisuru ©Akeza.net

Elle a également fait savoir que l’adhésion aux VSLAs leur a permis d’accéder à des capitaux pour développer des activités génératrices des revenus et se réjouit de leur intégration dans des coopératives, ce qui, selon elle, va leur permettre de développer des activités commerciales collectives.

Les intervenants sont revenus sur l’impact notoire enregistré dans la communauté sur passage du projet AMAHORO II. Concernant la durée de mise en œuvre beaucoup ont exprimé le souhait de voir prolongé le projet jusqu’à sa 3ème phase pour poursuivre ses activités dans la communauté et étendre si possible sa zone d’intervention.

 

Africa BINTUNUMUKAMA