Développement : Appuyer et dynamiser les efforts communautaires pour vaincre la pauvreté

Développement : Appuyer et dynamiser les efforts communautaires pour vaincre la pauvreté

Depuis 2007, la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) au Burundi intervient en province de Cankuzo et Ruyigi avec plusieurs projets orientés notamment vers le secteur de la sécurité alimentaire, l’agriculture, le genre, les moyens de subsistances, la santé et la jeunesse. Ses interventions ciblent en particulier les rapatriés, les déplacés internes, les jeunes et d’autres couches vulnérables de la population.

 

Zone d’action

La FLM Burundi intervient en province Cankuzo dans les Collines Kavumu et Gahoko de la commune Cankuzo, les collines Misugi, Kiruhura, Nyagisovu de la commune Cendajuru, les collines Bumba et Bunyerere de la commune Gisagara, les collines Mishiha, Kibimba et Rutsindu de la commune Mishiha et Rujungu, Mashiga et Saswe de la commune Kigamba.

Elle déploie également ses interventions en province Ruyigi dans les collines de Munyinya, Gahinga, Iyogero, Nkurubuye et Kabuyenge de la commune Gisuru, les collines Buyongwe et Kibari de la commune Kinyinya ainsi que la colline Bwagiriza de la commune Butezi. Emelyne NDAKIRIYE, Cheffe de Bureau de la FLM à Cankuzo explique le choix d’intervenir dans cette zone-Est du Burundi.

« Les provinces de Cankuzo et Ruyigi sont particulièrement vulnérables et s’ajoutent des facteurs liés à l’accueil d’un grand nombre de rapatriés, de déplacés internes et des réfugiés congolais. C’est la zone de la dépression Mosso qui est exposée à une grande variabilité climatique, ce qui affecte négativement la production agricole qui baisse au fur des années, entrainant une insuffisance alimentaire et une pauvreté progressive. La population de la zone se heurte au manque d’intrants et diversification des sources de revenus. C’est une zone frontalière à la Tanzanie ou les mouvements transfrontaliers sont couramment observés à la recherche des moyens de subsistance et entravent une certaine stabilité des populations ainsi que l’engagement au développement durable », affirme-t-elle.

                                                          

Gros plan sur les projets mis en œuvre

À côté du projet Amahoro lancé en 2020 et Amahoro II mise en œuvre depuis 2021 jusqu’au 31 décembre 2023 pour contribuer à la réduction de la faim, l’amélioration de la nutrition et la sécurité alimentaire des personnes touchées par la covid-19 et d’autres chocs naturels, d’autres projets sont en cours. Ces projets sont notamment :

Le projet Youth Rights and Resilience Promotion Project (YRRPP) a été lancé en 2011 et il est à sa quatrième phase pour la période allant de 2022 -2024. Ce projet fait essentiellement focus sur l’appui aux jeunes pour accroitre l’accès à une production agricole variée, équilibrée et suffisante. Il permet de bénéficier des intrants agricoles, des unités de transformation agro-alimentaires, d’un repeuplement du petit élevage, de la construction des hangars de stockage et facilite aussi l’accès à l’emploi des jeunes par l’appui aux AGRs (Activités Génératrices de Revenus) et VSLAs (Village Savings and Loans Associations) tout en renforçant la protection et la cohésion sociale. Ses bénéficiaires s’élèvent au nombre de 1000 jeunes à Cankuzo et Ruyigi.

Pour la période 2022 à 2024, la FLM Burundi met en œuvre également le projet Women’s Rights and Economic Empowerment In Burundi dans ces 2 provinces de l’Est du Burundi. Ce projet contribue au renforcement du leadership des femmes dans les zones rurales, à appuyer la diversification des moyens d’existence des femmes affectées par les conflits ou survivantes de violations des droits de l’homme, à accompagner les activités génératrices de revenus (AGR) et les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), à contribuer à la réduction des VBGs et soutient la participation de la société civile au processus de l’EPU. Au total, 1.000 femmes bénéficient d’un accompagnement ciblé dans le cadre de ce projet.

Et en dernier lieu, la FLM Burundi intervient aussi dans la communauté à travers le projet Community Intergrated Development Project (CIDP). Incluant au total 2.751 ménages bénéficiaires, ce projet a été lancé en 2009 et se trouve actuellement à sa cinquième phase qui s’étend de 2022 jusqu’en 2025.

Son but est d’augmenter la production alimentaire via l’appui en intrants  aux multiplicateurs des semences, distribution des unités de transformation, construction des hangars de stockage, le repeuplement du petit élevage, la protection de l’environnement, l’accès à d’autres activités génératrices de revenus, l’amélioration ,la protection et la sécurité des enfants et des femmes à risque, renforcement des Structures Locales  pour la cohésion sociale ainsi que le renforcement des capacités locales à répondre aux catastrophes naturelles.

 

Les cibles des interventions

A travers ses actions, la FLM Burundi mobilise ses ressources pour apporter un impact positif sur plusieurs volets où la nécessité d’agir pèse. Son appui aux efforts de la communauté est particulièrement centré sur une approche participative.

Sur le volet de l’agriculture, ses interventions visent à mettre en place les groupements et les coopératives des jeunes, dispenser des formations sur l’amélioration des techniques agricoles et appuyer les coopératives en matière d’intrants et outils agricoles. En outre, les coopératives reçoivent en soutien, du petit bétail, des machines de transformation et un appui pour la construction des infrastructures publiques et bien d’autres.

Sur l’aspect social, du genre et des droits humains, les actions de la FLM Burundi visent à renforcer le leadership des femmes en milieu rural, diffuser les recommandations du Conseil des droits de l’homme et faire le plaidoyer, sensibiliser la communauté sur la protection de l’enfance et la prévention des violences sexuelles et celles fondées sur le genre.

Léonard BIGIRIMANA de la commune Mishiha nous parle de l’impact déjà tiré des interventions de la FLM Burundi : ‘’Nous avons déjà participé aux activités de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et les avantages d’une cohabitation parfaite. Avant, il y’avait assez de cas d’hommes qui ne laissaient pas la moindre place à leurs épouses dans la prise de décisions en famille. Leurs récoltes étaient acheminées au marché à l’insu de leurs femmes. De telles situations ne manquent pas d’attirer les violences domestiques qui affectaient aussi les enfants et le voisinage. Aujourd’hui, le changement en cours est prometteur. Les hommes commencent à voir claire l’importance d’impliquer leurs femmes dans la prise de décisions familiales’’, dit-il, ajoutant aussi que les travaux champêtres ne sont plus sous la charge des femmes uniquement, ce qui n’était pas le cas avant les sensibilisations.

Ses interventions donnent occasion également à la formation des animateurs locaux sur les notions d’autonomisation communautaire, à la sensibilisation de la communauté sur l’inclusion des femmes et des personnes handicapées dans les initiatives locales de développement.

Quant à l’aspect d’autonomisation des jeunes, la FLM Burundi renforce les capacités des membres des coopératives des jeunes sur les AVEC et leur offre des fonds de roulement. Elle les accompagne aussi dans la mise en place d’AGR et leur fournit des kits de démarrage.

 

Le changement visé

L’accompagnement et les activités de conscientisation pour les populations sur la protection et le respect des droits humains, la lutte contre les VBGs et bien d’autres thématiques importants, permettront de rétablir la reconnaissance de la dignité des personnes vulnérables dans la communauté. La Cheffe du Bureau de la FLM Burundi à Cankuzo, Emelyne NDAKIRIYE en apporte plus de précisions.

’’Les vulnérables appuyés par ces différents projets vont gagner la confiance et le respect dans leurs communautés après avoir accédés aux services minimum de base pouvant contribuer à satisfaire les besoins élémentaires tels que l’accès à la nourriture, aux soins de santé, à la scolarisation de leurs enfants, à l’habillement et bien d’autres. Ils vont aussi avoir de nouvelles opportunités économiques (AGRs, métiers) grâce aux formations professionnelles et entrepreneuriales qu’ils ont eues’’.

Toujours selon cette responsable, ‘’Les femmes vont accéder aux différentes positions de leadership suite aux activités de renforcement de capacités bénéficiées à travers ces différents projets’’ conclue-t-elle.

Dans toutes ses actions, la FLM Burundi bénéficie de financements de la part de ses multiples bailleurs. Ces derniers sont notamment l’Evangelical Lutheran Church of America et Geman National Comittee, l’Australian Lutheran World Service, le Canadian Foodgrains Bank, Canadian Lutheran World Relief et le Canada Aid.

 

Africa BINTUNUMUKAMA