Coronavirus: Que deviennent les maisons de paris sportifs au Burundi ?

Coronavirus: Que deviennent les maisons de paris sportifs au Burundi ?

En cette période de pandémie du Coronavirus où les différents championnats de football à travers le monde sont à l’arrêt, les joueurs ne sont pas les seuls à être affectés. Il existe un autre secteur connexe qui en subit les conséquences : les maisons de paris sportifs qui généraient du chiffre grâce aux jeux de pari. Partant de là, notre rédaction a visité 3 maisons de paris sportifs, de Bujumbura à l’intérieur du pays. Comment vivent-elles cette situation ? Quel est son impact sur leur travail quotidien ? Que disent les parieurs ?

De Bujumbura à l’intérieur du pays, nous avons rencontré quelques gestionnaires de maisons de pari. Pour eux, c’est la désolation. « Cette situation est vraiment déplorable. Nous perdons beaucoup. Il n’y a plus de clients qui viennent parier sur des matches puisque les championnats de plusieurs pays se sont arrêtés à cause de cette pandémie. Nous traversons une période difficile dans notre travail d’offre de jeux de pari. De temps en temps, nous tentons aussi d’attirer les parieurs en leur proposant quelques matches du championnat local (Primus League) et il y a ceux qui viennent parier mais vraiment très peu », s’indigne une gestionnaire d’une maison de pari sportif à Kamenge.

Pour la deuxième maison de pari visitée qui se situe en ville, la situation est presque la même. Là, on a rencontré 7 personnes assises, les yeux braqués sur les 4 écrans au mur. La particularité avec cette agence est qu’elle s’est trouvé un moyen de continuer à fonctionner malgré tout. La chargée du marketing et vente nous a expliqué : « En absence de matches pour le pari, nous avons fait recours aux de jeux virtuels sur des matches simulés de foot à partir des données réelles des matches passés des grands championnats européens. C’est vrai que les gens viennent parier pour ces jeux mais l’engouement n’est pas le même que lorsqu’il y avait de vrais matches. C’est dur mais on essaie de tenir tout en respectant les mesures d’hygiène ».

C’est le même son de cloche pour la maison de pari sise à Ngozi que nous avons contacté. « Avant, lorsqu’il y avait les matches des championnats européens, on accueillait beaucoup de monde. On faisait du chiffre. Il nous arrivait même de faire un revenu de 500 000F par jour. Mais depuis le début de cette crise, c’est difficile d’atteindre 50 000F.Les matches nous aidaient beaucoup parce qu’il y a des parieurs qui pouvaient faire un pari avec une somme consistante, parfois avoisinant 200 000FBu et plus. Au cas où la situation ne s’améliorerait pas, on est menacé de fermeture parce que nous travaillons à perte », confie *Jacques, le gestionnaire d’une maison de pari à Ngozi.

Que disent les parieurs?

C’est le désenchantement total pour les accros du pari. Certains manquaient même les mots lors de notre entretien. Richard, un jeune parieur rencontré sur place à Kamenge nous signifie son mécontentement : « C’est comme s’il me manque quelque chose. Je vivais du pari sportif. L’argent que je gagnais, je l’utilisais pour subvenir à quelques besoins primaires (manger, se vêtir, etc…). Par jour, je pouvais gagner 6000FBu en utilisant mes tickets de 1000F ».
Paul, un autre amoureux du pari rencontré, indique que les jeux de pari l’aidaient. « Je me sens mal. J’ai du travail et quand j’étais rémunéré, je prenais une partie de mon salaire et je venais à chaque fois parier. L’argent gagné grâce au pari, je l’investissais. Mais aujourd’hui, tout a changé. Nous prions Dieu pour que la situation change ».

La crise sanitaire du coronavirus continue d’affecter beaucoup de secteurs. Vous noterez qu’il y a même des maisons de paris sportifs qui ont été contraintes de fermer depuis le début de la crise car comme l’ont indiqué les responsables, ils travaillent à perte.

*Nom d’emprunt pour le respect de l’anonymat

Fleurette HABONIMANA