Chancelle BAMUHAYE,  plus qu’une mère pour plus de 200 enfants démunis

Chancelle BAMUHAYE,  plus qu’une mère pour plus de 200 enfants démunis

Chancelle BAMUHAYE n’a que 24 ans.  Lauréate de l’Université Lumière de Bujumbura dans la Faculté de Communication pour le Développement,  Chancelle fut enfant journaliste de  2012 à 2016. En 2019, le Programme des Nations Unies pour le Développement a décerné à cette native de Kayanza le prix de la meilleure volontaire de l’année lors de la célébration de la journée internationale du volontariat. Cette année, avec son projet DUSANGIRE, Chancelle vient de remporter la 3ème place lors d’un concours organisé par le Ministère de la Communication, des Technologies de l’Information et des Medias à l’endroit des jeunes filles et femmes les plus innovantes utilisant les outils TIC à fort impact social. Découverte.

 

Un enfant orphelin adopté dans une famille à Bujumbura grâce à Chancelle Bamuhaye. ©DR

 

Ayant fait une formation en 2015 sur l’usage  des réseaux sociaux pour le changement social (« Social Media for Social Change »), Chancelle BAMUHAYE décide de créer des comptes sur différentes plateformes afin de plaider pour les enfants indigents. Elle commence à repérer des enfants souffrant de maladies graves. « Je prenais la photo et je la publiais sur les réseaux sociaux avec un texte appelant au secours. J’ai commencé par un enfant de Ngozi qui avait une tumeur dans l’œil. Dans moins de 4 jours j’avais déjà eu la somme nécessaire (700 dollars) et l’enfant  a été soigné au Rwanda. Maintenant cet enfant est guéri », nous raconte-t-elle en toute fierté.

 

Les réseaux sociaux, canal de plaidoirie

 

Utilisant des réseaux sociaux pour plaider en faveur des  enfants démunis et porter loin leur voix,  Chancelle BAMUHAYE a jusqu’alors plus de 200 enfants dont la scolarité est à sa charge. « J’ai pris ces quelques enfants parce que ça cadre avec les moyens dont je dispose actuellement. Je ne veux pas donner deux cahiers et un stylo à un enfant au début de l’année scolaire et puis revenir l’année suivante sans savoir si les deux cahiers et un stylo ont pu couvrir toute l’année scolaire. Tous ces enfants, je les suis de près et je dois savoir que tel enfant a besoin de ceci ou de cela tout au long de l’année scolaire»,  nous confie-t-elle.

Partage de repas de Noël avec les enfants du site Busekera©.DR

 

Janvier 2021, Chancelle crée le  projet DUSANGIRE qui vise à créer  une  cantine scolaire au site des Batwa de Busekera, en commune Bukeye, province Muramvya. «Je suis arrivée au site de Busekera en 2017. J’ai été touchée d’apprendre que, dans ce site, aucun enfant n’avait terminé les études. Même ceux qui sont aujourd’hui à l’école, ils n’ont jamais vu un enseignant, ingénieur, médecin, … originaire de ce site pouvant leur servir de référence afin de lui emboîter le pas. Je me suis dit que je dois faire quelque chose pour accorder la chance aux enfants de ce site de faire les études et voir leurs conditions de vie changer un jour».

 

Ce même projet, ajoute Chancelle, est centré sur l’octroi du matériel scolaire aux enfants de la communauté Batwa, des enfants issus des familles pauvres ainsi que des enfants qui ont été dans la rue qui ont été réintégrés dans leurs familles.

Récolte de pommes de terre au site de Busekera pour faire un stock  de la cantine scolaire. ©DR

 

«De par le projet DUSANGIRE, je me charge de louer des terres cultivables et d’acheter des semences  tandis que les parents de ces enfants s’occupent des champs jusqu’à la récolte. Bientôt nous allons récolter pour la deuxième saison culturale», nous informe-t-elle.

 

Chancelle est persuadée que  l’éducation est la clé de développement d’un pays. La volontaire  se dit fière du pas déjà franchi même s’il y a encore un long chemin à parcourir. «Je n’ai pas encore d’enfant. Mais voir qu’il y a un enfant qui peut compter sur moi, voir qu’il y a 200 enfants qui, quand ils ont besoin de stylo, cahier, uniforme … s’adressent à moi, je me sens fière. Ça me ranime, me réconforte et me fortifie quand je me rends compte que je suis entrain de contribuer au développement de ma communauté», s’enthousiasme-t-elle.

 

Melchisédeck BOSHIRWA