Le Burundi s’apprête à adopter les normes internationales IEC pour garantir la qualité des produits solaires hors réseau. Un tournant majeur vers l’électrification durable des zones rurales. Le projet Soleil Nyakiriza, financé par la Banque mondiale, marque une nouvelle étape dans cette transition énergétique au Burundi. L’adoption prochaine des normes internationales IEC 62257-9-5 et IEC 62257-9-8 visera à garantir la qualité et la durabilité des produits solaires hors réseau, essentiels pour électrifier les zones rurales où seuls 4 % des habitants ont accès à l’énergie.

 

Pourquoi adopter des normes internationales ?

Réunis le 27 octobre 2025 à  Kiriri Garden, Bujumbura, les acteurs publics et privés du secteur de l’énergie ont échangé sur la mise en place d’un cadre d’assurance qualité pour les solutions solaires hors réseau.

Sur l’agenda de cette rencontre, l’adoption des normes internationales IEC 62257-9-5 et IEC 62257-9-8 pour encadrer les performances et les méthodes d’essai des systèmes des énergies renouvelables.

« Nous sommes ici pour aborder un projet ambitieux et porteur d’espoir », a déclaré Samuel Macumi, coordonnateur du projet Soleil Nyakiriza. « La mise en place de normes claires permettra d’évaluer la performance et la fiabilité des produits solaires allant jusqu’à 350 watts-crêtes. »

Samuel Macumi, coordonnateur du projet Soleil Nyakiriza ©Akeza.net

 

L’objectif : protéger les consommateurs contre les produits de mauvaise qualité et renforcer la confiance dans le marché local.

 

Des normes pour garantir la qualité et la durabilité des kits solaires

Malgré un taux d’électrification de 70 % à Bujumbura, seulement 4 % des zones rurales disposent encore d’électricité. Depuis 2020, la Banque Mondiale et le Gouvernement du Burundi soutiennent donc le projet Soleil Nyakiriza, qui vise à élargir l’accès à l’énergie pour 65 000 ménages, 400 écoles et 400 centres de santé.

« Ces normes vont nous aider à certifier les produits et à éviter la déception des consommateurs. Une fois adoptées, les normes IEC 62257-9-5 et IEC 62257-9-8 offriront un cadre technique reconnu mondialement pour mesurer la performance des produits photovoltaïques et garantir leur durabilité », explique David Majambere, chargé du projet au sein de la Banque mondiale.

David Majambere, chargé du projet au sein de la Banque mondiale ©Akeza.net

 

Durant la mise en œuvre de Soleil Nyakiriza, les acteurs ont constaté des défis persistants, nécessitant une mise en place des ces normes régulateurs des produits solaires. Une fois ces deux normes adoptées, le secteur des énergies renouvelables au Burundi bénéficierait donc d’un moyen sûr pour rassurer les consommateurs finaux de la qualité et la durabilité des produits photovoltaïques importés et protégera l’image positive du marché local des kits solaires hors-réseau.

 

Des résultats concrets déjà visibles

A son lancement en 2020, le projet Soleil Nyakiriza soutenu par la Banque mondiale à hauteur de plus de 63 millions USD, avait pour mission principale d’élargir l’accès à l’électricité jusqu’à 65000 ménages, 400 écoles à cantines scolaires, 400 centres de santé. Il visait en outre de toucher en matière d’accès à des solutions de cuisson propres à 400 écoles et 300 000 ménages ruraux.

Cinq ans après son lancement, le projet affiche des résultats tangibles :

  • 241 formations sanitaires électrifiées
  • 78 445 produits solaires certifiés distribués
  • 266 écoles équipées de foyers de cuisson propres
  • 2 écoles électrifiées, avec 400 autres prévues

Ces avancées témoignent du partenariat solide entre le public et le privé, moteur de la transition énergétique du Burundi.

 

Une vision pour un Burundi émergent

Pour Jean Martin Ndayizeye, Secrétaire permanent au ministère chargé de l’Énergie, le projet s’inscrit pleinement dans la Vision 2040-2060 d’un Burundi émergent et durable. « L’énergie propre et de qualité est un pilier essentiel pour atteindre une croissance inclusive et résiliente », souligne-t-il.

Jean Martin Ndayizeye, Secrétaire permanent au ministère chargé de l’Énergie ©Akeza.net

 

Avec l’adoption des normes internationales, le pays s’oriente vers un marché solaire plus transparent, plus compétitif et plus fiable, un signal fort pour les investisseurs et une lueur d’espoir pour les communautés rurales encore dans l’obscurité. En résumé, c’est :

  • Adoption en vue des normes IEC 62257-9-5 et 62257-9-8
  • Objectif : renforcer la qualité des produits solaires hors réseau
  • Financement : plus de 60 millions USD
  • Impact : +78 000 produits solaires certifiés, 241 formations sanitaires électrifiées
  • Vision : un Burundi électrifié à l’horizon 2040

Comme le souligne encore Jean Martin Ndayizeye, Secrétaire Permanent au Ministère chargé de l’Énergie, ce projet s’inscrit dans la vision du Burundi émergent en 2040 et développé en 2060. Il s’aligne parfait avec l’objectif stratégique du Gouvernement burundais d’assurer une croissance durable et inclusive pour la résilience économique et le développement durable de la population, traduit dans le plan national de développement 2018-2027, révisé.

 

Africa BINTUNUMUKAMA