Environs 80 personnes retraités ont bénéficié gratuitement, d’une prise de paramètres pour des maladies cardio-vasculaires dans le but d’examiner le bilan de leur santé. Organisée par le « Centre du Cœur Polyclinique » à Bujumbura, cette mobilisation a été suivie par une séance de sensibilisation pour adopter une alimentation saine. Selon la nutritionniste Engleberthe NYARUSHATSI qui exerce actuellement en Belgique, confondre manger cher et manger bien, est une erreur fatale.
Mieux vaut prévenir que guérir
Des membres de l’Association des Retraités du Burundi (ARB) ont été accueilli ce 22 novembre au Centre du Cœur Polyclinique de Bujumbura pour bénéficier gratuitement des examens de maladies cardio-vasculaires suivis d’une séance de sensibilisation sur la nutrition.
‘’C’est dans un contexte de prévention primaire qu’on a organisé ce dépistage volontaire. Cette fois, on a sélectionné un groupe de gens assez âgés, les retraités, parce qu’ils constituent une catégorie de la population la plus vulnérable par rapport à l’âge’’, indique Dr Constantin NYAMUZANGURA, Dr Cardiologue, Directeur du Centre du Cœur Polyclinique de Bujumbura.

Dr Constantin NYAMUZANGURA, Dr Cardiologue, Directeur du Centre du Cœur Polyclinique de Bujumbura ©Akeza.net
A ce niveau d’âge, la chance de développer des maladies cardio-vasculaires et d’autres facteurs de risque (des maladies l’hypertension, l’AVC, le diabète, l’insuffisance cardiaque) est plus élevée affirme ce cardiologue.
A l’échelle continentale, ces maladies représentent une source principale de décès. En 2022, d’après l’OMS, des estimations montrent que 19,8 millions de personnes sont mortes de MCV, soit 32% du total de décès dans le monde à cette période.
Une assiette cardio-vasculaire et sa magie
‘’Le meilleur médicament, c’est le repas’’, assure Dr Constantin NYAMUZANGURA. Ce remède qui entre en jeu dans la prise en charge, occupe également une place primordiale dans la prévention primaire. La Conseillère en nutrition, Engleberthe NYARUSHATSI recommande une assiette cardio-vasculaire et la décrit.
‘’On devrait tous manger comme des diabétiques, car il faut rester en bonne santé. En fait, le message est que la santé cardio-vasculaire commence par l’assiette. Une assiette cardio-vasculaire protège le cœur. Elle permet de stabiliser la tension, contrôler le sucre et le cholestérol dans le sang, protéger les altères, éviter le surpoids et les inflammations’’, explique-t-elle.
Cette assiette n’est pas synonyme de repas cher. Elle incarne notamment des éléments localement accessibles pour un repas notamment un 1/2 de légumes, un ¼ de féculents et un ¼ de protéines, ce qui facilite la tâche aux gens qui souhaitent l’adopter dans leur quotidien alimentaire indique Engleberthe NYARUSHATSI.
Lors de cette séance de sensibilisation, Engleberthe en a profité pour révéler certaines aliments et huiles à limiter ou à éviter dans la mesure du possible mais aussi, celles qu’il faut aimer consommer.

Engleberthe NYARUSHATSI, Conseillère en nutrition ©Akeza.net
Pour préserver la bonne santé du cœur, cette nutritiothérapeute conseille de privilégier en petite quantité l’huile d’avocat, d’olive, du tournesol (cuisson douce) et d’arachide(modérément) et recommande un bon sommeil, de l’eau et du sport.
Quant aux choses à limiter ou à éviter, cette conseillère en nutrition évoque les fritures et les fromages salés, les sodas et les jus industriels, des biscuits sucrés, des grillades noircies au charbon, des viandes grasses, l’huile de palme et de coco, mais aussi l’huile trop chauffée ou réutilisée.
Un cœur en bonne santé : Une priorité
Le Centre du Cœur Polyclinique de Bujumbura est une institution médicale privée réputée pour ses interventions curatives et préventives contre des maladies cardio-vasculaires et autres pathologies. En matières des actions préventives, cette institution de soins basée au Quartier Kabondo de Bujumbura, associe des campagnes de dépistages aux sensibilisations de la population.
‘’On organise régulièrement des séances de dépistage pour le grand public. Cette fois, on a sélectionné les retraités, mais précédemment on avait organisé une séance pareille de sensibilisation grand-public sur des Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC). On a aussi travaillé sur cette thématique avec des patients déjà atteints’’, raconte Dr Constantin NYAMUZANGURA.
Dans cette logique de prévention, cette structure de soins entend aussi lancer des initiatives de sensibilisation à l’égard des jeunes pour leur apprendre à se prévenir contre les MCV par l’alimentation, le bon sommeil et les activités physiques.
Dans ses projections, le centre ambitionne également de commencer la prise en charge holistique des patients déjà affectés par les MCV invalidantes sous son volet de réhabilitation cardiaque. Cette prise en charge comprendra une assistance psychosociale et nutritionnelle ainsi que la rééducation physique.
Africa BINTUNUMUKAMA
