Le Burundi a accueilli, ce 27 novembre 2025 au Donatus Conference Center, la 4ème édition du « Burundi Renewable Energy Access Day (BREAD) », un événement devenu essentiel pour les acteurs du secteur énergétique et pour l’accès à l’énergie au Burundi. Organisée par le MRMEIT en partenariat avec la Banque Mondiale et l’Alliance pour l’Électrification Rurale, le Burundi renforce sa transition énergétique avec le COMPACT Énergie : nouveaux projets, partenariats et objectifs ambitieux pour l’accès à l’électricité d’ici 2030.

Cette journée a réuni les institutions publiques, le secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers autour d’un objectif commun : définir une feuille de route claire, partager les priorités nationales et renforcer la collaboration afin d’accélérer l’accès à l’électricité au Burundi. Le pays s’inscrit désormais pleinement dans la dynamique de la « Mission 300 », initiative visant à donner accès à l’énergie à 300 millions de personnes en Afrique Subsaharienne d’ici à 2030. Dans le cadre du COMPACT Énergie, le Gouvernement du Burundi s’engage, d’ici à 2030, à fournir une électricité fiable, abordable et durable à 70 % de la population et à garantir l’accès à des solutions de cuisson propres pour au moins 40 % des Burundais.

Une vision énergétique axée sur l’action

Ouvrant les travaux, le Premier Ministre Nestor NTAHONTUYE a rappelé le rôle stratégique du BREAD. « Le BREAD est la première plateforme nationale dédiée au dialogue pour la mise en œuvre concrète du COMPACT. Nous sommes réunis pour un objectif commun d’électrifier le Burundi et garantir une énergie moderne, propre et résiliente pour chaque foyer. »

Nestor NTAHONTUYE, Premier Ministre ©Akeza.net

Le Ministre ayant l’énergie dans ses attributions, Dr. Hassan KIBEYA, a insisté sur la nécessité de passer de la planification à la mise en œuvre réelle. « Nous ne voulons pas produire des mégawatts de discours, mais des mégawatts de puissance. Le BREAD doit être un lieu d’action où les engagements deviennent des résultats. »

Dr. Hassan KIBEYA, Ministre ayant l’énergie dans ses attributions ©Akeza.net

Une transformation énergétique déjà visible

Dans son intervention, Babacar Sedikh Faye, Représentant résident de la Banque Mondiale, a salué les avancées majeures réalisées depuis la précédente édition. Il a notamment souligné l’adoption du COMPACT Énergie par le Conseil des ministres, la mise en service des centrales hydroélectriques de Jiji et Mulembwe opérées par la REGIDESO, le lancement du projet ASCENT visant à renforcer les infrastructures et sécuriser la distribution de l’électricité, ainsi que le démarrage du projet pilote WEZA POWER, destiné à tester un modèle innovant d’accélération des connexions en zones rurales.

« Ces réalisations sont des preuves concrètes que l’action collective peut produire des résultats durables », a affirmé M. Faye.

Babacar Sedikh Faye, Représentant résident de la Banque Mondiale au Burundi ©Akeza.com

De son côté, David MAJAMBERE, Spécialiste Énergie à la Banque Mondiale, a présenté des chiffres clés sur l’évolution du secteur. « L’accès à l’électricité est passé de 12 % en 2020 à 26 % en 2025, tandis que la capacité installée est passée de 84 MW à 204 MW. Le réseau de transport électrique a plus que doublé, de 280 km à 630 km, et atteindra 1 300 km dans cinq ans. Le COMPACT Énergie fixe un objectif de 400 MW et 1 500 km de lignes d’ici 2030. »

David MAJAMBERE, Spécialiste Énergie à la Banque Mondiale ©Akeza.net

Des partenariats stratégiques pour renforcer les compétences nationales

Au cours de cette édition, cinq nouveaux accords ont été signés dans l’objectif de renforcer les capacités nationales dans le domaine des énergies renouvelables. Ces partenariats couvrent la formation d’ingénieurs spécialisés, la création d’un master en énergies renouvelables, l’encadrement de stages au sein des projets de plusieurs acteurs et investisseurs, ainsi que la mise en place de formations professionnelles certifiantes.

Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique régionale visant à élargir l’accès à l’énergie propre, tout en favorisant le développement local. Les partenaires ont rappelé que les solutions solaires et hybrides peuvent répondre efficacement aux besoins énergétiques des pays en développement, tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles. Cette stratégie va au-delà de l’éclairage : elle favorise la création de valeur locale, le développement des compétences techniques et l’introduction progressive de nouvelles technologies dans le secteur énergétique.

Une dynamique collective clairement orientée vers 2030

Au terme de la journée, un consensus fort s’est dégagé : le COMPACT Énergie devient désormais la boussole nationale, clarifiant les responsabilités, les priorités ainsi que les mécanismes de suivi. Le Burundi s’engage ainsi dans une transition énergétique structurée, soutenue par l’État, les partenaires internationaux et le secteur privé.

L’édition 2025 du BREAD confirme que la transformation énergétique du Burundi est bel et bien engagée, portée par une gouvernance renforcée, des investissements croissants et un engagement collectif visant un avenir électrifié, propre et durable.

Lorry Cybelle GAPFASONI