Yves Alex RUBOTI, le jeune entrepreneur qui investit dans la lutte contre les bestioles de ménage

Yves Alex RUBOTI, le jeune entrepreneur qui investit dans la lutte contre les bestioles de ménage

Certains jeunes burundais passent leur temps à se plaindre qu’il y a un manque criant d’emplois tandis que d’autres font des recherches pour ne pas croupir dans la misère. Yves Alex RUBOTI est un exemple concret de ces jeunes qui ont compris qu’il faut apporter des solutions aux problèmes qui hantent la communauté. C’est ainsi que, grâce à des recherches faites sur internet, il est parvenu à créer l’entreprise SELUBEM (Service pour la Lutte contre les Bestioles de Ménage) qui offre un service spécialisé pour lutter et se protéger contre tout insecte nuisible notamment les punaises, les puces, les rats… ainsi que les microbes et virus.

 

« A quelque chose, malheur est bon », dira-t-on. L’idée de création de l’entreprise SELUBEM dérive du fait qu’Yves Alex RUBOTI quittait son lieu de travail très extenué et qu’à la maison il passait la nuit blanche à cause des punaises. « Je n’en pouvais plus. J’avais essayé pas mal de produits au Burundi pouvant anéantir les punaises sans succès. J’ai alors fait des recherches sur internet sur les produits capables d’exterminer les punaises. J’ai appliqué cela à la maison et j’ai trouvé que c’est efficace », confie-t-il

 

Du problème à l’entreprise

 

Après six mois sans aucune punaise dans sa maison, Yves Alex a voulu fructifier ses recherches à propos de la pulvérisation des punaises et d’autres bestioles ménagères. « J’ai commencé à pulvériser les punaises dans les maisons de voisins et d’amis. Après, ils venaient me dire que ce que j’avais fait était efficace. J’ai alors pensé à faire ça comme un business. C’est ainsi que j’ai créé l’entreprise SELUBEM », se rappelle-t-il.

 

Yves Alex a alors la chance d’avoir des parents et des amis qui le soutiennent. Son projet était apprécié par ses parents et tous ceux à qui il en parlait. «C’est grâce à mes parents et mes amis que j’ai pu me procurer certains équipements pour le démarrage. Je me suis progressivement acheté d’autres équipements grâce aux marchés que j’obtenais auprès de mes amis et voisins qui étaient déjà au courant de l’efficacité de mes services », confie-t-il.

 

Aujourd’hui SELUBEM opère dans des entreprises, hôpitaux, internats, banques, bureaux, prisons, lieux publics, transport en commun, jardins, …. Bref, tout endroit ayant besoin de désinfection, dératisation, désinsectisation. « Pour la désinsectisation, nous détruisons systématiquement des insectes nuisibles comme des punaises de lit, cafards, moustiques, mouches, cochenilles qui attaquent les jardins, vrillettes qui trouent les bois, puces, tiques, poux, mites alimentaires, abeilles, guêpes… Nous nous servons aussi de méthodes spécifiques de dératisation pour chasser les rongeurs comme les rats, les chauves-souris… dans tous les endroits de stock ou de conservation qui sont souvent attaqués afin d’éviter toute sorte de dégâts causés. Quant à la désinfection, nous utilisons des appareils modernisés et professionnels en pulvérisant des produits chimiques pour détruire les microbes restants sur une surface après le nettoyage afin de réduire davantage le risque de propagation des infections par des virus ou autre », nous instruit Yves Alex.

 

Malgré tout, une fierté

Aujourd’hui, notre entrepreneur se réjouit du pas déjà franchi bien qu’il y ait encore un long chemin à parcourir.  « Tout d’abord, je n’ai plus besoin de demander de l’emploi. Je travaille avec 6 jeunes et j’espère que dans l’avenir je pourrais donner de l’emploi à beaucoup de jeunes… C’est pourquoi j’ai même commencé à donner des formations à d’autres jeunes qui me donnent un coup de main lorsque j’ai beaucoup de marchés », dit-il.

 

Néanmoins, Yves Alex regrette que tout au début de son entreprise, certaines personnes se moquaient de lui. Ils disaient qu’il perdait son temps. « Je me souviens de ceux qui venaient même me dire que vu ma famille, je devais faire mieux que pulvériser des punaises. C’est vrai, je ne manquais de rien. Cependant, je ne devrais pas m’asseoir à la maison et manger sans produire. Surtout, ils ne comprenaient pas mon projet et ma vision », raconte-t-il.

Le jeune entrepreneur Yves Alex RUBOTI fait un clin d’œil aux autres jeunes burundais et surtout ceux de la mairie de Bujumbura auxquels il conseille de ne pas avoir des complexes. « La plupart des jeunes burundais veulent commencer par de grandes choses notamment la vente de véhicules (qui ne sont pas les leurs) et de maisons (qu’ils n’ont pas construites) juste pour toucher un million ou deux de commission. Il serait mieux de travailler assidûment pour avoir quelque chose qui provient de leur intelligence et de leurs propres efforts afin de créer des emplois, non pas seulement pour eux mais aussi pour les autres et ainsi contribuer au développement durable de notre chère partie», conclut-il.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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