X-Fecta : L’aventurier de Harare qui fait des hits à Buja !

X-Fecta : L’aventurier de Harare qui fait des hits à Buja !

X-Fecta : L’aventurier de Harare qui fait des hits à Buja ! ©DR

« You », « Twimare », « Sugua », ces trois hits de l’année 2019 ont une seule chose en commun. La musique a été faite par la même personne. Le même producteur qu,i depuis un an, signe certain des morceaux les plus en vue. Son nom :  X-Fecta. Un peu sorti de nulle part, il a réussi à s’imposer dans le « Buja Fleva », devenant l’un des producteurs à succès de l’industrie. Mais qui est-il ? Et surtout qu’est ce qui le rend si différent ? Zoom sur ce remarquable personnage.

 

« Donner vie à ce que je voudrai entendre »

Vusumuzi Masala Garvin (c’est ainsi que ses parents l’on appelé à la naissance), est un jeune producteur de 28 ans. Ayant grandi à Harare (Zimbabwe), il commence dans le rap. Mais très vite, il va avoir envie de se lancer dans la production musicale et faire lui-même sa musique. Son souci de la qualité étant la raison principale.

« J’ai débuté ma carrière en tant que rappeur.  En tant que rappeur, je voulais avoir des sons de bonne qualité comme aux USA. Peu importe le studio où j’allais enregistrer, je ne pouvais pas avoir le son que je voulais. Alors, j’ai commencé à me demander pourquoi je ne pourrais pas produire moi-même et créer les sons que je voulais. Cela a commencé par une envie de faire de la musique pour moi-même, puis ça s’est terminé par des productions pour d’autres personnes. C’est de cette manière que ma carrière a débuté », raconte-t-il.

X-Fecta s’inspire de tout ce qui l’entoure pour réussir à produire des morceaux qui touchent. Une musique vivante. « Ma grande inspiration est ma volonté écouter la bonne musique. Écouter du bon son est toujours bien et satisfaisant. Je pense que ma plus grande inspiration est de donner vie à ce que je voudrai entendre. Par exemple, dans l‘industrie de la musique, s’il y a un son qui n’est pas produit, cela m’inspire à en créer un. Je sais que d’autres gens ont besoin de l’entendre parce qu’ils ne peuvent pas l’avoir », dit-il.

S’il commence à produire des sons à partir de 2007, ce n’est qu’en 2014 qu’il va faire de cette passion un métier. Il quitte son pays natal pour Capetown (Afrique du Sud) où il va rester jusqu’en 2019. Après 5 ans, il décide de poser ses valises à Bujumbura en avril 2019. Alors inconnu au bataillon, il va pourtant devenir l’un des producteurs les plus en vue en seulement une année.

 

Le goût de l’aventure

On se demandera sûrement pourquoi un producteur quitterai l’une des industries musicales les plus côtés du continent pour se poser au Burundi. Surtout lorsque l’on sait qu’il arrive dans un pays dont il ignore la culture, et même la langue.

« Lorsque j’étais à Capetown, je rencontrai des gens venus de partout avec qui je faisais de la musique. Quand je parlais avec les burundais, je leur demandais toujours comment était l’industrie de la musique ici. J’ai toujours voulu connaitre les cultures d’autres pays. Et lorsque je parlais au gens et que j’écoutais la musique, celle-ci me plaisait et je sentais que je pouvais apporter ma contribution à cette musique que j’écoutais. Et comme je n’avais jamais été en Afrique de l’est, c’était une opportunité pour moi de venir, de connaitre la culture et d’apporter ma contribution à cette industrie. C’est toujours bon de découvrir. En même temps, j’avais des personnes qui pouvaient me renseigner sur la situation. Cela m’a incité à venir et tenter ma chance », nous explique le producteur.

Comme pour tout le monde, les débuts ne sont pas faciles. Il lui a fallu trouver les bonnes connexions, rencontrer les bonnes personnes pour prétendre avoir une place dans cette industrie. Chose qui s’est faites assez vite pour X-Fecta. « A mon arrivée, j’ai essayé de connaitre le maximum de personnes. Grâce mes partenaires burundais, j’ai pu être connecté avec des personnes mais cela a pris un peu de temps parce que l’on venait tous de Capetown. En plus les burundais sont très accueillant et ce n’est pas très difficile de rencontrer des gens de l’industrie comme c’est le cas en Afrique du Sud », dit-il.

La chance va lui sourire, puisque pour son premier morceau, X-Fecta va produire « You » de Big Fizzo. Un morceau qui va connaitre un succès considérable. « J’ai eu la chance de travailler avec avec Big Fizzo, qui est un artiste très suivi au Burundi, sur mon premier morceau. C’était un avantage pour moi parce que cela m’a permis d’être très vite validé en tant que producteur au Burundi. C’était vraiment une bonne chose d’être introduit par l’un des plus grands artistes burundaiss sur une belle chanson. Elle a été l’une des chansons au top de l’année dernière. Cela m’a permis d’être vite intégré dans la famille des producteurs au Burundi », dit-il.

Son premier succès va en appeler bien d’autres et, au fur et à mesure, l’installer dans le décorum du Buja Fleva. Un nouveau producteur était dans la place et il fallait compter avec lui.

Notons, par ailleurs, que X-Fecta a dépuis lors travaillé avec DJ Philbyte, Bantu Bwoy, Lynah Blanche, Tetero, Magic Soldier Kingorongoro, Chany Queen, pour ne citer que ceux-là.

 

Que pense-t-il de la musique burundaise ?

En une année d’activité dans le Buja Fleva, X-Fecta a eu le temps d’étudier la musique burundaise et de se faire une petite idée de cette industrie. D’emblée, il porte un regard appréciateur sur la musique burundaise. « Ce dont je pense de la musique burundaise, c’est qu’elle est vraiment bonne. Elle est très diversifiée en terme d’artistes, de sons créés. Je pense que les artistes produisent aujourd’hui de la musique de qualité, qui inspire beaucoup de gens », dit-il.

Cependant, le producteur pense qu’il est possible de faire mieux et de rendre l’industrie plus productive et plus attractive. Certaines choses devraient être mise en avant et améliorées pour permettre aux artistes de véritablement vivre de leur art.

« Il y a encore du travail à faire pour que la musique burundaise excelle en tant qu’art. Par exemple, il devrait y avoir plus d’investissements dans la musique, de promotions dans les shows, etc. Les artistes ont besoin de performer au moins chaque week-end quelque part. Ainsi, cela amènera les artistes à savoir qu’ils sont forcés de créer un grand catalogue de chansons sachant qu’ils performent chaque vendredi. La multiplication de de chansons stimule les artistes à produire plus de musique et à savoir quel type de musique produire. Ils testent la musique chaque weekend et découvrent ce que les gens aiment. Cela permettra aux artistes de s’améliorer, mais aussi d’améliorer la qualité de la musique à partager aux gens. En allant souvent au studio, les artistes vont s’améliorer, le producteur demeure occupé et gagne plus d’argent. Ainsi, l’industrie continuera de grandir », explique X-Fecta.

 

La formule X-Fecta

Lorsqu’on jette un œil sur le parcours de X-Fecta, l’on se rend bien compte qu’il ne lui a pas fallu longtemps pour poser son empreinte. C’est à se demander s’il existe une formule X-Fecta !

« Il est évident que j’ai ma touche spéciale, comme aurait Kolly, Endo Mike ou Trick. Mais je ne pourrai pas dire que j’ai une formule spéciale. Seulement lorsque je suis en studio avec un artiste, je m’assure que celui-ci soit bon, que le son soit bon et que les idées soient bonnes, je me donne à 100%. Donc la formule secrète est d’aimer son travail. L’amour que tu mets dans ton travail sera ressenti par les autres et tu feras des hits. Je pense que c’est la seule chose à faire », dit le producteur.

X-Fecta qui n’est qu’à ses débuts dans le Buja Fleva rêve bien grand. C’est avec un esprit conquérant qu’il voit son avenir. Une conquêtes tous azimut, qui va bien au-delà des frontières du Burundi. « Dans le futur, je voudrai contribuer comme je peux dans l’industrie de la musique non seulement au Burundi, mais aussi en Afrique de l’Est. À la fin de la journée, mon rêve est de conquérir le monde dans la musique. J’ai des projets au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie, en Afrique du Sud. Ce sont mes perspectives en tant que producteur, artiste et personne », dit-il, l’air assez confiant.

Atteindra-t-il son objectif ? L’avenir nous le dira.

 

Moïse MAZYAMBO

Comments

comments