Wu-Shu : Après 2 semaines de formation, Yves NTIRENGANYA et ses compagnons racontent leur quotidien.

Wu-Shu : Après 2 semaines de formation, Yves NTIRENGANYA et ses compagnons racontent leur quotidien.

Le 8 juin 2018, Yves Ntirenganya, Issa Ntamagendero et Issa Havyarimana quittaient le Burundi pour la Chine. Ces 3 passionnés de Wu-shu (Kung-fu) s’en allaient suivre une formation dans le plus ancien et le plus prestigieux temple shaolin du monde, « Le Monastère Shaolin de Henan ». 2 semaines après leur arrivée en Chine, les 3 compagnons nous racontent leur quotidien au sein du temple et livrent leur ressenti par rapport à cette expérience.

Ils devaient bien s’en douter. Apprendre ce noble art qu’est le Wu-shu, qui plus est, dans le plus prestigieux temple shaolin du monde ne s’avère pas être une tâche facile au quotidien. En effet, la formation met les athlètes à rude épreuve.

Pour ces 3 athlètes, la chose la plus difficile a été l’adaptation au rythme de vie et des entrainements du temple. « La chose la plus importante était de réussir à s’adapter à la vie au temple. La manière de vivre des moines est vraiment différente. Et cela n’a pas été facile au début », nous explique Yves Ntirenganya, président de la fédération de Wu-shu du Burundi. Selon Yves, la formation auprès des moines est assez rude vu que celle-ci fait appel le plus souvent à la compétence physique. « Nous nous entrainons énormément. Nous pouvons faire jusqu’à 15h d’entrainement par jour et cela est très épuisant. Mais nous essayons de tenir et c’est moins difficile qu’au début », ajoute-il.

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La vie au temple est donc ponctuée de séances d’entrainement qui commencent dès les premières lueurs du jour pour prendre fin tard dans la soirée comme nous l’explique Yves Ntirenganya : « Nous nous levons à 6h du matin pour des exercices physique et de relaxation en vue de préparer la journée. Après le petit déjeuner que l’on prend vers 7h30, nous commençons avec les premières séances d’entrainement qui comportent de nombreux exercices et des séances de courses sur des distances allant jusqu’à 6 Km. Nous faisons aussi beaucoup d’exercices en montagne dont un parcours en escaliers de près de 2 Km. A 14h nous retournons au temple pour le cours de chinois qui est suivi d’une séance d’entrainement entre 15h30 et 18h. Après le diner, dans la soirée, nous reprenons les entrainements jusqu’à 21h. Comme vous le voyez, c’est vraiment un programme chargé qui demande beaucoup d’endurance. »

Malgré le caractère rude de cette expérience, les 3 athlètes affirment bien se porter et savourent chaque instant de cette formation qui semble leur faire énormément de bien.

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Issa Havyarimana, président du club de Wu-shu « Cœur du lion », semble fasciné par les capacités sportives des moines du temple de Henan. « Les gens sont très sportifs. C’est étonnant ! Vous pouvez voir de très jeunes enfants, certains âgés d’à peine 2 ans, se lever très tôt et suivre le même rythme d’entrainement que nous. C’est fascinant. »

Pour Issa, cette formation sera des plus bénéfiques, non seulement pour eux, qui y prennent part, mais aussi pour le Wu-shu burundais dans la globalité. « Je pense que durant les 3 mois que nous passerons ici, nous allons apprendre de nombreuses choses. Nous n’apprenons pas seulement le Kung-fu mais également le chinois, la calligraphie. Nous avons des cours de médecine traditionnelle chinois et nous pouvons déjà ressentir un changement, une évolution ».

Un avis que partage également Issa Ntamagendero qui au-delà d’espérer le gain pour la fédération de Wu-shu, pense encore plus loin notamment que les connaissances apprises sauront être utiles à tous les burundais et surtout aux forces de l’ordre. « Nous sommes très heureux d’être venu étudier en Chine. Je pense que ce que l’on apprend ici pourra être utile au burundais, à la police et l’armée burundaise. »

Des souhaits que l’on espère pouvoir se réaliser pour les adeptes du Wu-shu au Burundi. Les 3 athlètes, qui sont aujourd’hui des pionniers dans cet art au Burundi, finiront leur formation dans 6 semaines et sauront ramener au burundais le fruit de leur 3 mois de formation.

 

Moïse MAZYAMBO

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