VIVRE SA PASSION : Ange Noelle M. raconte son histoire avec Kaza’oz’ah Art

VIVRE SA PASSION : Ange Noelle M. raconte son histoire avec Kaza’oz’ah Art

 

Suite de notre série d’articles, VIVRE SA PASSION avec Ange Noelle Muco Muyubira fondatrice et Directrice Executive de l’entreprise sociale Kaz’O’zah Art.

 

Ange raconte…

Lorsque j’ai créé ma première entreprise, Burundi Tours & Event Planning, je voyageais à travers le pays et je rencontrais dans chaque région des artisans devoués, produisant des articles fait à la main, à base de matière première locale. Malheureusement, je constatais amèrement qu’en dépit de leur savoir-faire et leurs efforts, leurs revenus étaient tellement maigres qu’ils ne parvenaient pas à vivre de leur métier. L’une des causes majeures était qu’ils faisaient des produits archaïques répondant aux besoins d’ un marché local (villages) avec un pouvoir d’achat faible/bas.
Mon objectif, que ce soit dans le tourisme ou l’artisanat, était toujours de faire la promotion de la beauté du Burundi et des burundais plus particulièrement leur art et leur savoir faire. J’avais une forte préocupation de voir les artisants burundais (plus nécessiteux que les hoteliers ou propriétaires de restaurants) faire parti de la chaine de valeur jouissant des retombées du tourisme.

Ange Muyubira en plein travail avec un artisan ©DR

Ange Muyubira en plein travail avec un artisan ©DR

Constatant d’une part, la presence de matière premiere locale abondante et d’une main d’oeuvre locale talentueuse et d’ autre part une clientèle expat ou locale urbaine avec non seulement un grand pouvoir d’achat mais aussi désirant des produits locaux et modernes, j’ai vu que ma passion en art et mode ainsi que mes connections dans ces deux mondes (artisans et clients ) seraient un trait d’union efficace qui contribuerait à la satisfaction des deux.

Timidement, J’ai commencé à donner aux artisans des modèles modernes et contemporains répondant au goût des clients visés.

Les ventes étaient si satisfaisantes que les artisans revenaient pour demander plus de commandes. Notez qu’ils ne revenaient pas seuls mais avec leurs amis artisans en quête de business.

Le potentiel était si evident que j’ai privilegié l’Artisanat au lieu du tourisme. C’est ainsi que fin 2012, j’ ai enregistré Kaz’O’zah Art à l’API, mon investissement n’etait que le Capital Humain.

 

J’aime souvent encourager d’autres jeunes qui voudraient entreprendre mais qui se freinent parce qu’ils n’ont pas de capital. Je leur confie que Kaz’O’zah Art n’a pas decollé grâce aux moyens financiers mais par une passion, un labeur constant et une communication constante de la vision avec toute l’equippe afin que nous soyons sur la même page.

Trois ans plus tard, c’est une fierté de voir nos artisans de plus en plus stables: le niveau de vie de leurs familles a fortement augmenté et leurs enfants sont scolarisés et en bonne santé. C’est leur savoir artisanal, jadis sous-estimé, qui a été leur outil de sortie de la pauvreté.

 

Mon désir le plus profond est de voir Kaz’O’zah Art être un catalyseur pour le bon avenir des artisans burundais.

 

Mon rêve pour l’artisanat burundais est :

  1. Qu’il devienne une industrie créant beaucoup d’emplois et à tous niveaux (chaine de valeur) a travers l’entrepreneuriat.
  2. Qu’ il rejoigne les produits classiques d’exportation comme le thé & le café et rapporte des devises au pays
  3. Qu’Il soit un outil de promotion du Burundi dans le monde comme étant un pays dynamique et riche en culture

 

Nous sommes passé de 4 artisans en 2012 à 135 en 2015 (30 artisans rémunérés à temps plein et 105 à temps partiel, sous-traitants ressortissant de 4 provinces)
Notre travail est coordonné par une équipe de 7 personnes (Administration & Equipe de Gestion)

 

Propos recueillis par Landry MUGISHA

 

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