Vivre de son métier : Blandine BUKEYENEZA, la capillicultrice aux grands rêves !

Vivre de son métier : Blandine BUKEYENEZA, la capillicultrice aux grands rêves !

Alors qu’à Bujumbura la plupart des gens qui tressent les cheveux sont d’origine congolaise, Blandine BUKEYENEZA est  une de ces rares burundaises qui ont appris le métier et qui font florès dedans. Cette dame aux doigts de fée compte parmi ses clientes pas mal de personnes de marque. «C’est moi qui tresse les cheveux de l’ancienne ambassadrice du Burundi en France, Christine Nina Niyonsavye. Beaucoup de personnes qui viennent de l’étranger me disent que d’autres leur ont donné mon contact. Je ne saurai faire le compte de tous mes clients, je ne leur demande pas ce qu’ils font dans la vie, mais beaucoup de personne importantes viennent ici », nous raconte-t-elle tout sourires.

 

La capillicultrice Blandine BUKEYENEZA.©Akeza.net

 

Originaire de la province Kayanza, Blandine BUKEYENEZA a été obligé d’arrêter ses études  en10ème année suite à des conditions de vie difficiles. Une amie, Evelyne NDABANEZA, l’amènera à Bujumbura puis à Kigali où elle se formera à l’art de tresser les cheveux. De retour au Burundi en 2011, elle parfait sa formation  chez une dame originaire de la RDC du nom d’Amida.  Aujourd’hui, ce métier lui permet de subvenir aux besoins de sa famille et de s’épanouir financièrement et socialement.

 

Dalilla Nimpagaritse est une cliente heureuse. Elle nous explique pourquoi elle a choisi  Blandine : «J’ai connu Blandine grâce à une amie qui avait de très belles mèches. Je lui ai demandé qui avait fait ses cheveux et elle m’a donné l’adresse de Blandine. J’y suis allé et elle a fait mes cheveux. Les gens n’arrêtaient pas de me demander qui a fait mes cheveux. A mon tour, je leur donnai l’adresse de Blandine»

 

La capillicultrice Blandine BUKEYENEZA, entrain de tresser son aimble cliente Dalilla Nimparitse.©Akeza.net

 

Et d’ajouter : « Ce que j’aime le plus chez elle et qui la rend spéciale, c’est qu’elle coiffe professionnellement, très bien et à temps. Elle a des femmes congolaises qui l’aident mais elle s’assure et écoute bien ce que ses clients veulent et elle le fait exactement. Elle vous conseille également,  sur quelle coiffure convient à votre visage. De plus, elle est flexible de trouver son client à la maison quand ce dernier accepte de payer les frais de déplacement».

 

Si apprendre son métier ne s’est pas fait en un seul jour, la capillicultrice a de grands rêves. Elle rêve  d’avoir un matériel adéquat mais aussi un espace de travail plus spacieux. «Je tresse mais aussi je défrise et fais d’autres soins pour  cheveux. Malheureusement, je travaille encore dans un endroit très étroit. De surcroit, je manque de matériels de salon appropriés comme les casques, les vaporisateurs et bien d’autres car ils sont plus chers. Avec un matériel adéquat, je pourrais travailler confortablement et gagner plus d’argent », dit-elle.

 

Blandine Bukeyeneza est surtout fier de voir qu’elle peut porter sa famille à bout de bras. « Je me souviens que mon mari a passé près de 6 mois sans emploi. Je payais le loyer, je nourrissais nos enfants. Tout ce dont on avait besoin dans la famille, je m’en chargeais. Ma famille n’a manqué de rien» s’enthousiasme-t-elle.

La capillicultrice Blandine BUKEYENEZA.©Akeza.net

 

En dépit des limitations actuelles, Blandine vise loin. Elle rêve bien sûr d’ouvrir un grand salon mais bien plus elle caresse le rêve d’apprendre à d’autres femmes aux moyens précaires comment tresser les cheveux. « Si je parviens à avoir un grand espace et du matériels approprié, j’irai chercher ces femmes qui restent à la maison et attendent que leurs maris apportent quelque chose le soir. Je veux qu’elles soient vraiment appelées « abafasha » (celles qui contribuent) et non « abafashwa » (celles qui reçoivent de l’aide) dans leurs familles», conclut-elle.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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