Vénérand KABURA : 42 ans dedans et l’art de cuisiner le fascine toujours !

Vénérand KABURA : 42 ans dedans et l’art de cuisiner le fascine toujours !

Vénérand KABURA : cuisinier depuis 42 ans ©Akeza.net

 Le train-train quotidien est ennuyant pour certains. Pour Vénérand Kabura, c’est le meilleur moyen de devenir l’élite. A un certain moment de sa vie, il a dû interrompre ses études primaires pour s’introduire dans un nouveau domaine ; la cuisine. Lors de son petit saut à Bujumbura, il a eu la bienveillance de nous accorder une interview.

 

Akeza.net : Comment êtes-vous  passé d’écolier à cuisinier ?

 

Vénérand : En 1973, j’étais en 6ème  année primaire mais à cause de la crise, je n’ai pas pu continuer l’école. Je n’avais pas beaucoup de choix. Alors je me suis tourné vers les prêtres qui venaient d’arriver à Mutumba, où je vivais et vis toujours.Ils venaient de Gikungu. Lorsqu’ils sont venus j’étais parmi les 10 personnes qui les ont accueillis. Jusqu’à maintenant, je suis leur cuisinier. C’est le métier qui m’aide à subvenir à mes besoins et qui fait vivre ma famille depuis ce temps jusqu’à maintenant.

 

Akeza.net : Etait-ce rentable à cette époque quitte à rester dans le domaine ?

 

Vénérand : Bon,  j’avais en tête que je devais continuer mes études et à cette époque la meilleure voie de retourner à l’école était par les prêtres. J’ai fait un stage, j’ai étudié la langue française, les mathématiques et autres.Il y avait un examen qui donnait admission à l’école secondaire, je l’ai fait mais je n’ai malheureusement pas réussi. C’est à ce moment que je me suis plus approché des prêtres. Je voulais alors qu’ils m’apprennent l’art de cuisiner.

 

 

Akeza.net : Ne vous est-il jamais arrivé d’être tenté par un autre métier  pendant ces 42 ans de service?

 

Vénérand : Bon. A un moment, le nombre de cuisiniers devait être réduit. Alors je me suis tourné vers la pêche. J’ai passé 8 ans à pêcher dans le lac Tanganyika. Mais à la fin, le présidium s’est concerté et m’a encore embauché. Depuis ce temps-là je travaille avec eux et on m’a même chargé la direction du centre d’alliance là-bas à Mutumba. Mais ça ne m’empêche pas de répondre présent quand il y a une personne veut que je l’aide à bien accueillir ses invités.

 

 Akeza.net : Donc vous restez dans le circuit…

 

Vénérand : Bien sûr. J’ai d’ailleurs créé  en 2012, une petite association de cuisiniers ; « Tubakirane akamwemwe », où femmes et hommes peuvent apprendre à cuisiner différentes sortes de plats.

 

Akeza.net : Qu’est-ce qui vous as le plus marqué pendant cette longue période ?

 

Vénérand : Beaucoup de choses…(Rires) 42 ans c’est beaucoup…mais je pourrais entre autre dire par exemple que chez les prêtres je suis assuré et ma famille aussi. Des fois, ils scolarisent vos enfants, ou bien vous donnent du matériel scolaire. Ils nous donnent des crédits qui nous aident à construire une maison et bien d’autres opportunités. Je ne me vois pas en train de quitter le domaine encore moins le centre dans lequel je travaille.

 

Akeza.net : Avez-vous déjà observé des fruits de votre association ?

 

Vénérand : Oh que oui. Parmi les gens que je forme, il y en a qui vont travailler pour des personnes notables ; il y en a un qui est déjà parti avec un ambassadeur burundais en Russie, un autre est allé travailler pour le gouverneur de la BRB, un autre pour le directeur de l’OBR. Je suis satisfait de mes associés mais je dois dire que j’aimerais travailler beaucoup. Il y en a un autre même qui est allé poursuivre ses études de cuisinier en France  et j’en suis très fier.

 

Akeza.net : Un dernier mot ?

 

Vénérand : Oui, oui. J’ai toujours voulu dire aux gens qui travaillent dans le même domaine que moi, quand il est temps de travailler, travaillez !  Il faut d’abord aimer ce que tu fais puis travailler sans relâche pour s’améliorer. Les téléphones et visiteurs, tu mets à part quand tu es au travail. 42 ans dans le domaine et l’art de cuisiner me fascine toujours. J’ai toujours des choses à apprendre, des plats à perfectionner.

 

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

 

 

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