Vainqueur de la Primus Ligue 2018, Jean-Jacques EYDELIE revient sur son parcours avec Le Messager Ngozi

Vainqueur de la Primus Ligue 2018, Jean-Jacques EYDELIE revient sur son parcours avec Le Messager Ngozi

L’aventure burundaise commence bien pour Jean-Jacques EYDELIE, entraineur du club Le Messager Ngozi. Ce français de 52 ans, qui a pris les rênes du club en 2017, voit le fruit de son travail récompensé puisqu’il a remporté le championnat national dès sa première année. Une belle histoire vient surement de commencer entre le club et le technicien. Mais au-delà de la belle histoire, qui est Jean-Jacques EYDELIE, le sorcier blanc qui place Le Messager Ngozi au sommet du football burundais ?

A 52 ans, Jean-Jacques EYDELIE a un parcourt footballistique honorable. Après plusieurs années passées en sein du Fc Nantes (club qu’il a intégré en 1984 à 14 ans), il rejoint l’Olympique de Marseille en 1992 et remporte avec ce club la Ligue des Champions en 1993 (l’unique titre d’une équipe française dans cette compétition). Le technicien passera ensuite par plusieurs clubs dont le Benfica Lisbone (Portugal), le Fc Bastia (France) ou encore le Fc Sion (Suisse). Il met fin à sa carrière professionnelle en 2000 mais continue à jouer en amateur jusqu’en 2003. A partir de 2006, il entraine de nombreux clubs. Limoge Fc (2006-2008), Angoulême Fc (2009-2010), JS Bonifacio (2012-2014), Africa Sport d’Abidjan (2014-2016).

Il atterrit au Burundi en 2017 pour entrainer le club Le Messager Ngozi, sur la recommandation d’un de ses amis, il remporte le championnat local, la Primus Ligue, dès sa première année. Une année de grâce pour Jean-Jacques EYDELIE mais également pour le club, puisque c’est également le tout premier titre en première division.

Selon le technicien français, pour remporter ce championnat, l’équipe a su compter sur certaines forces telles que l’unité de son collectif. Il a pu avoir à sa disposition des joueurs évoluant ensemble depuis plus d’une dizaine d’année et qui se connaissent comme des frères, dit-il. « C’était vraiment la première force du groupe. Ils se connaissent très bien, ils vivent ensemble comme des frères. Il y a beaucoup de solidarité ». Une solidarité qui semble avoir beaucoup marqué l’entraineur. « Je peux vous le dire, entre les clubs où j’ai joué et ceux que j’ai entrainé, je n’avais jamais vu ça, une telle solidarité, une telle générosité », s’exclame-t-il.

Mais au-delà de la solidarité et de l’unité qui a caractérisé ses joueurs cette année, il a fallu apporter à ces jeunes joueurs un niveau physique et mental au top. Pour Jean-Jacques EYDELIE, une victoire au football se joue sur plus de 50% de force mentale. « Si vous n’avez pas cette force mentale, si vous n’avez pas votre groupe physiquement très prêt alors vous avez du mal à exprimer tout l’aspect technique », dit-il. Un travail que l’entraineur a effectué dès ses premiers mois au club et qui a permis à son équipe de tenir face à des ténors du championnat et d’enchainer les victoires.

Jean-Jacques a notamment pu compter sur les qualités techniques de certains joueurs qui sans forcément prendre l’ascendant sur les autres, ont su être présents lors des moments les plus décisifs. « Je pense à Idi qui a fait des miracles cette année. Je voudrai le rendre hommage parce qu’il a changé plusieurs fois de position et il est toujours intervenu au moment où il fallait que les choses se passent. Et j’ai également un capitaine exceptionnel, Cédric KAGABO. Je suis fier et heureux d’être avec eux ».

On aurait tendance à croire qu’entrainer une équipe africaine présente des différences considérables en termes de jeu, mais pour Jean-Jacques EYDELIE, il n’y a aucune différence. « Le football est le même partout, le jeu est le même partout. Le niveau est différent mais le Burundi a un championnat avec une qualité remarquable. J’ai vu vraiment de très belles choses toute l’année. J’ai vu des coachs qui maitrisaient parfaitement leur sujet, j’ai vu des joueurs qui étaient capable de cohérence dans le jeu sur le terrain. Donc ce n’est pas parce que je suis au Burundi que je vais changer mes façons de penser le football mais au contraire je me nourris de ce que je connais maintenant au Burundi pour accentuer ma compétence et amener un peu plus de grain à moudre dans mon moulin », explique-t-il.

Même si les débuts ont été un peu difficiles, le technicien a réussi à trouver la bonne formule pour aider ses joueurs à développer leur potentiel et à donner le meilleur.

Adepte du football à la barcelonaise, le coach EYDELIE aime gagner avec la manière, même si au final c’est le résultat qui compte, reconnait-il. Et lorsqu’on lui pose la question sur le type d’entraineur qu’il est au quotidien, la réponse est on ne peut plus clair : « Le ballon est partout ». En effet pour le coach EYDELIE, il est impossible d’avoir du football sans ballon. « J’instruis le jeu dans le jeu. Je ne conçois pas des séances d’entrainement ou même des exercices sans ballon ».

Sa philosophie de jeu se résume dans la simplicité qui fait appel à la responsabilité et à la participation de chaque joueur sur le terrain. Il essaye de communiquer des notions telles que le partage du jeu, l’effort, qui selon lui est la clé du progrès, mais bien évidement une joie de vivre et de jouer.

Parlant de la prochaine campagne africaine du club Le Messager Ngozi, Jean-Jacques EYDELIE préfère rester humble et garder les pieds sur terre. « C’est la première fois que cela arrive pour Le Messager, donc on n’a aucune expérience à ce niveau-là. Bien sûr que c’est quelque chose qui va nous faire comprendre que nous devons augmenter notre niveau sur le terrain. Nous allons nous en servir pour progresser mais sans forcément avoir des volontés affirmées de vouloir tout gagner. Et si on avait la chance de passer ne serait-ce qu’un seul tour, ce serait déjà un bonheur pour le club », nous explique le coach.

Jean-Jacques aura vécu une très belle saison avec Le Messager Ngozi et pense avoir encore de belle année avec ce club. « J’espère continuer au Burundi, servir le football burundais le plus longtemps possible », a-t-il dit.

 

Moïse MAZYAMBO

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