Université du Burundi: baptème de nouveaux étudiants

Université du Burundi: baptème de nouveaux étudiants
Faculté des lettres à l'université du Burundi

Faculté des lettres à l'université du Burundi

Un rituel, des lieux sacrés et interdits, une identité, un hymne, des têtes rasées, un respect total envers les poillissimes, porte document en plastique. Voilà ce à quoi s’attend tout étudiant désirant commencer son cursus à l’université du Burundi.

Un puant est un étudiant nouvellement inscrit dans une des facultés de l’université du Burundi. Il doit respect total et sans défaillance à tout poillissime. Suivre les instructions du poil et être sous son encadrement afin de quitter le monde des néants. Un puant n’est pas à l’université mais à la «  novrosité » il le sera une fois qu’il aura le statut d’un poil.

Il y a longtemps il existait des pratiques beaucoup plus violentes lors des premiers mois de l’entrée à l’université du Burundi. Mais ces pratiques sont  aujourd’hui interdites (la douche universitaire, la simulation des funérailles…) parce qu’elles ont été assimilé à la torture morale. Le « baptême » également  avait pris une autre dimension à caractère ethno-régional.’’ Un poil d’une ethnie différente de celle d’un puant pouvait amener ce dernier à une violence extrême’’, apprend-on de la bouche d’un ancien poil aujourd’hui fonctionnaire.  Actuellement on parle plutôt « d’intégration » au lieu de « baptême ».

Un hymne, des lieux interdits d’accès dits «  lieux sacrés » (la salle polyvalente ou le restaurant universitaire par exemple). Des pratiques et objets interdits tels les quatre B défendu : baiser, babouche, bière, boucle d’oreille. Un cours de « civilisation » dispensé par les très honorables poillissimes pendant une certaine période généralement de trois mois qui sera à la fin sanctionné par une attestation délivrée aux désormais poils. Ceci est l’intégration à l’université du Burundi.

Pavlov, un étudiant à la faculté de droit pense que cette pratique est importante parce qu’une fois passée cette période de « civilisation » vous nouez une relation amicale avec les nouveaux : « il n’y a rien de violent en cela. Vous laissez de coté les idées reçus dans la famille, chez des amis, dans vos quartiers ou collines.  Ils apprennent beaucoup de choses  tels la tenu vestimentaire, le respect mutuel, avoir la confiance en soi. ». « Tout refus d’obtempéré aux ordres d’un poil  sera un cas intéressant est soumis à l’appréciation du comité des sages»

« A la fin de la période d’intégration, une attestation est délivrée aux nouveaux étudiants suivi d’une fête organisée par le comité des sages, et les voilà aussi poils ! Bienvenu dans le monde des hommes !» lance Eddy-Modèle en ajoutant ‘’il n y a rien de si méchant !’’

Pour des raisons de respect de la coutume universitaire on ne peut pas encore approcher un puant et lui adresser la parole. On devra attendre quand il deviendra poil. Attendons donc, petit poison deviendra grand, pourvu qu’on lui prête vie.

Alain HORUTANGA

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