Une mère vendeuse de mandarines prête à tout pour ses enfants

 

Une maman citadine, vendeuse de mandarines sur les trottoirs du centre-ville de Bujumbura est prête à tout pour avoir un seul plat par jour pour les siens.

 

En pagne bleu couvrant la partie inférieure, assise sur le trottoir, panier de mandarines entre ses jambes, à un mètre des eaux usées dégageant un cocktail d’odeurs nauséabondes, elle avise : « Je ne  dirai pas mon nom pour ma sécurité ». Dans cet article, On lui attribue le pseudo Chantal NSABIMANA.

 

 

panier

 

 

A 29 ans, Chantal NSABIMANA lutte pour la vie de ses trois petits trésors : Orly (12 ans, 6ème année primaire), Sentiment (un garçon de 8ans, 2ère année) et Samuella (la cadette). A ses trois enfants s’ajoute sa sœur qui vient de terminer les humanités générales, et tous comptent sur le panier de mandarines de Mme Chantal.

 

 

Depuis le 27 janvier 2013, tout a changé pour Maman Orly. Elle-même le reconnait : « Je pourrais même voler une marmite d’un cuisinier distrait pour nourrir mes enfants ». Très soucieuses de ses enfants, avec un cœur sensible aux pleurs de ces derniers, cette vendeuse indique : « Je suis prête à tout pour que mes enfants dorment en ayant mis quelque chose  sous la dent».  Chantal est victime de plus de dix rafles policières, synonyme de dix paniers de mandarines perdu alors que pris à crédit. Au jeu du chat et de la souris, elle a déjà séjourné à la prison de la BSR deux semaines. « Ma sœur a contracté des dettes pour faire vivre mes enfants », déclare Maman Orly.

 

 

D’un regard perdu, les larmes oscillants dans ses yeux noirs, Maman Orly  se souvient des derniers mots de son mari : « Je ne veux pas voir mes enfants mourir de faim sous mes yeux. Je pars !». Chantal NSABIMANA est une  native de la commune urbaine de Musaga, tout comme son mari, ancien commerçant au marché central de Bujumbura. Ce papa n’a enregistré que des échecs successifs dans ses tentatives de relancer son commerce. Insupportable pour le père, il lâche son foyer. D’une voix decrescendo, les yeux tournés vers le sol, la main droite palpant une mandarine dans son panier aux pieds des passants, dans les bruits des moteurs du centre-ville Bujumbura, Chantal murmure : « Il y a une année qu’il nous a laissé tomber et je n’ai plus eu de ses nouvelles».

 

 

Maman Orly n’a pas dépassé la septième année d’études. Elle  habite  dans un bidonville quelque part  à Kanyosha.   Attendant des clients de mandarines, sept jours sur sept, de 7h du matin à 22h. « Avant je travaillais à l’intérieur du marché et j’avais un capital de 500 000 à 800 000 fbu. Maintenant je vends pour les autres pour toucher 2000 frbu de commission  provenant du surplus sur le gain des grossistes »,.Dans un soupir , elle avoue :  « …lâcher ce petit commerce, c’est lâché mes enfants et je ne peux pas ».

 

 

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