Une étude plaide pour plus de soutien économique aux femmes chefs de ménages

Une étude plaide pour plus de soutien économique aux femmes chefs de ménages

En 2020, le Burundi compte 29%  de ménages dont le chef est une femme contre 26% en 2010. En plus de renseigner sur les inégalités de genre, ces chiffres renseignent les décideurs sur une dynamique de la pauvreté potentiellement négative. En effet, les ménages dirigés par des femmes sont souvent classés parmi les plus pauvres car elles sont seules à diriger un ménage en plus de subir une sorte de discrimination liée au genre. C’est ce que nous disent les résultats de recherches du Centre Universitaire de Recherche pour le Développement Economique et Social ‘’CURDES’’. Une étude menée par les chercheurs Michel Armel NDAYIKEZA  et Prudence DUNIA.  

 

Contexte de la femme dans le foyer au Burundi

Le recensement général de la population et de l’habitat du Burundi de 2008 montre que la population burundaise est constituée de 50,8 % de personnes de sexe féminin et 49,2 % de sexe masculin. Cette constatation qui peut paraitre évidente est néanmoins importante car, pour garantir le succès du programme de développement, il faut que les avantages du développement atteignent aussi bien les femmes que les hommes, les filles que les garçons.

La mesure dans laquelle les avantages du développement atteindront les individus des deux sexes, c’est-à-dire les deux moitiés de la population dépendra en grande partie de la place des genres et des relations entre genres dans la société. La notion de genre ne fait pas seulement référence au sexe de l’individu d’un point de vue biologique mais aussi aux différents rôles, droits et obligations attribuées par la société aux caractéristiques des individus de sexe masculin ou féminin.

 

Plusieurs études et rapports ont montré qu’en Afrique, les rôles définis pour les femmes sont subordonnés à ceux définis pour les hommes (PNUD, 2016). Les femmes ont des droits moindres ou des droits moins émancipateurs que ceux des hommes et leurs obligations sont plus restrictives que celles des hommes. Les conclusions du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans son rapport de 2016 sur le développement humain en Afrique évaluent les effets économiques de ces disparités hommes-femmes à 95 milliards de dollars par an en moyenne en Afrique subsaharienne. Pour l’instance onusienne, combler les écarts entre hommes et femmes sur le marché du travail, dans l’éducation et dans la santé est un impératif pour le développement de la sous-région.

Analyse descriptive

Quelle est la géographie des ménages dirigés par les femmes ?

Ce type de ménage se retrouve surtout au centre du pays, en particulier dans les provinces de Mwaro et de Bururi ou la part des ménages dirigés par des femmes se situent entre 35% et 45%. En ce qui concerne le statut matrimonial, il en ressort que ceux qui ne se sont jamais mariés sont les plus représentés dans la catégorie des plus riches. Mais cette catégorie ne représente que 4% de la population burundaise. La grande majorité des chefs de ménages sont mariés (74%) et les veufs et les divorcés représentent respectivement  16% et 5% de la  population burundaise.

 

Recommandation

Cette étude menée par le Centre CURDES a analysé les liens entre les sexes du chef de ménage et la richesse de celui-ci. Il a été constaté que les ménages dont le chef est une femme sont en moyenne plus pauvres par rapport aux ménages dont le chef est un homme et que cet écart n’est pas expliqué par le niveau d’instruction. Il a été aussi constaté que les ménages dirigés par une femme mariée sont environ deux fois plus riches, en termes de biens possédés par le ménage, que les ménages dirigés par un homme marié.

Les résultats soutiennent un ciblage particulier des ménages dirigés par les femmes pour réduire la pauvreté. Ce ciblage devrait se focaliser sur les femmes veuves, divorcées ou qui ne se sont jamais mariées plutôt que celles qui sont mariées.

Olivier BIZIMANA  

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