Un programme qui milite contre l’alcoolisme des jeunes a déjà impacté 30 000 personnes

Un programme qui milite contre l’alcoolisme des jeunes a déjà impacté 30 000 personnes

Mme Ida Claire MUHOZA ©Akeza.net

Lancé en 2009 par l’Association des Guides du Burundi (AGB) et l’Association des Scouts du Burundi (ASB) en partenariat avec IOGT-NTO MOVEMENT International Institute, le programme « Prévention des méfaits liés à la consommation d’alcool chez les jeunes » est un programme éducatif qui se donne comme mission la lutte  contre l’alcoolisme des jeunes. Depuis 7 ans, le programme milite auprès des communautés et des autorités pour une prise de conscience des méfaits liés à la consommation de l’alcool chez les jeunes.

 

L’initiation de ce programme est le résultat d’un constat plutôt triste. En effet selon une enquête mené par Mr Noe NDUWABIKE pour le compte du programme en 2009 dans les provinces de Bujumbura Mairie, Makamba, Ruyigi, Ngozi et Gitega, 58,5% de jeunes entre 7 et 20 ans consommaient de l’alcool. Face à un tel constat, l’heure était à l’action.

 

L’AGB et L’ASB étant toutes 2 des associations éducatives, le programme a commencé au sein de ces associations. Mme Ida Claire MUHOZA, Coordinatrice du programme nous en parle : « nos associations aident les jeunes à développer leur potentiel, mais on s’est rendu compte qu’on ne peut aider à développer tout son potentiel en oubliant ce facteur, qui constitue un obstacle pour la jeunesse. Surtout en ce moment où les boissons alcoolisées sont de plus en plus accessible aux jeunes.  Nous avons également remarqué que même s’il y a des jeunes qui arrivent à développer leur potentiel dans de nombreux domaines avec le scoutisme et le guidisme, beaucoup rencontrent des problème qui sont des conséquences liées à la consommation de l’alcool et cela les freine. Alors nous avons commencés à sensibiliser les jeunes scouts et guides sur ce sujet». Après avoir mesuré l’impact positif du programme sur les jeunes scouts et guides, le programme s’est ouvert aux communautés à partir de 2013.

 

Présent dans 5 provinces à ses débuts, le programme est aujourd’hui présent dans toutes les provinces. Faute de moyen suffisant il ne couvre que 3 communes par province et 2 écoles dans chaque commune. Avec ses nombreux volontaires, le programme sensibilise la population sur les méfaits liés à la consommation de l’alcool. Des méfaits qui ont un impact sur la scolarité, la famille, sur les finances et donc le reste de la communauté. Cette sensibilisation va au-delà des jeunes et s’étend aux parents, car la cellule familiale est pour la plupart le point de départ de la consommation. Madame Ida C. MUHOZA explique : « Avec les jeunes scolarisés, nous faisons de la sensibilisation dans les écoles. Nous allons également auprès des jeunes non scolarisé, ceux qui font une activité génératrice de revenus, ceux qui vivent dans la rue, ceux qui ont été victimes de violences et qui se retrouvent dans les centres qui s’occupent d’eux. On  essaye de toucher toutes les catégories de jeunes. Parallèlement, nous allons auprès des parents. Nous les sensibilisons sur les méfaits de l’alcool au niveau familial. »

 

Le programme travaille étroitement aussi avec les autorités locales, les administrateurs communaux, les responsables de la santé dans les provinces. Des ateliers sont animés pour sensibiliser les autorités sur l’importance du programme dans leurs provinces. En marge de cela ils essayent de mobiliser les décideurs politiques pour plus d’actions dans le domaine de la prévention contre l’alcoolisme. Avec son réseau BAPA (Burundian Alcohol Policy Alliance) un plaidoyer est en cours pour l’élaboration d’une loi. Mme MUHOZA nous en dit plus : « nous visons également les décideurs politiques au niveau national. Depuis 2011, nous essayons de leur faire comprendre la nécessité d’élaborer une loi sur la production et la consommation d’alcool. Cette loi n’existe pas encore au Burundi et peut-être qu’elle pourrait contribuer à notre action. Nous sommes dans la communauté, nous essayons de donner des conseils sur le fait que bien que l’alcool soit légal et un élément de socialisation, il a une façade dangereuse. Si on arrive à avoir cette loi, les jeunes de moins de 16 par exemple ne boiront pas d’alcool. Cela pourrait permettre une protection de façon globale des plus jeunes, des enfants.»

 

Depuis son lancement, le programme a réussi à changer les mentalités des personnes atteintes par ce programme. Jean-Gervais HAKIZIMANA, un des volontaires du programmes nous confie : « Je crois que le programme a un impact positif sur les populations que nous rencontrons. Nous recevons régulièrement des messages des gens qui témoignent que depuis qu’ils sont au courant des méfaits liés à la consommation d’alcool, ils consomment moins d’alcool et certains ont même carrément arrêtés.»

 

Pour Mme Ida C. MUHOZA , cet impact va même au-delà des populations : «depuis 2014 nous parvenons à toucher au moins 10.000 personnes chaque année. Nous sommes fiers de voir que plus de 30.000 personnes sont informées sur les méfaits de l’alcool Grâce à notre action. Au-delà de cela, les parties prenantes dans le domaine des boissons alcoolisées ont compris la nécessité d’agir dans leur secteur pour aider les jeunes.»

 

Espérant disposer un jour d’une loi qui régulera la production et la consommation d’alcool, le programme continue à sillonner le pays en sensibilisant la population sur les méfaits dû l’alcool, surtout chez les jeunes. Le but visé est un changement de mentalité de la population face à cela et ainsi avoir des citoyens responsables et actifs dans le développement de la communauté.

 

Moïse MAZYAMBO

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