UCBUM, créé par Cynthia Manirambona, se veut être un refuge des enfants et mères vulnérables

UCBUM, créé par Cynthia Manirambona, se veut être un refuge des enfants et mères vulnérables

Très choquée de voir certains enfants de Buterere (un bidonville de Bujumbura) et leurs mamans vivre au dépens des bribes d’aliments qu’ils trouvent au dépotoir de Buterere,  Cynthia Manirambona a pensé à la création d’un refuge pour ces derniers.

«Après le décès de mon père, ma mère s’est sacrifiée pour nous. J’ai compris qu’élever un enfant, dans des conditions difficiles, est un lourd fardeau. De ce fait, j’ai grandi avec l’idée de venir en aide aux mamans vulnérables. En 2013, ayant su ce qui se passait au dépotoir de Buterere, moi et cinq autres jeunes filles avons jugé bon de créer United for Children Burundi bw’Uno Musi (UCBUM)», raconte-t-elle.

 

La compassion née d’une vie très dure!

D’après Cynthia Manirambona, la création de « United for Children Burundi bw’Uno Musi (UCBUM)» émane du fait qu’elle a grandi orpheline. « J’ai dû grandir dans des conditions difficiles. Mon père est décédé en 1993 et ma mère en 2007. Après l’école, j’allais travailler à l’entente sportive et les weekends, je faisais le commerce ambulant des pagnes que j’achetais en République Démocratique du Congo (RDC). Bien-entendu, c’est moi qui devais m’occuper de notre famille vu que ma grande-sœur étudiait à l’intérieur du pays », précise-t-elle.

Madame Cynthia renchérit: « A la fin de mes études universitaires, j’avais déjà constitué un capital. Je pouvais foncer droit dans le business. Mais ensuite je suis tombé sur un bout de papier que j’avais conservé scrupuleusement dans le porte-monnaie de mon regretté papa. J’avais écrit  dessus : « Dieu, aide-moi à aider les enfants orphelins ». En lisant ce bout de papier, j’ai dû changer mes plans et me suis investi à l’aide aux enfants et femmes vulnérables avec le peu que j’avais».  Tout au début de ce projet d’aide aux enfants, elle trouve un travail auprès de VIC (Volontariato Internazionale sta selezionando). En dépit d’un bon salaire, elle sera obligée de démissionner pour continuer ce qu’elle avait déjà commencé.

 

La rue ne peut pas élever les enfants! 

« A l’opposé d’une mère qui s’occupe de l’éducation de sa progéniture, la rue endurcit les cœurs des enfants au lieu de les apaiser », s’exclame  Cynthia Manirambona.  Ajoutant : « J’ai été très ébahie par l’attitude des enfants de la rue dont la mère était décédée. Au lieu d’être ahuris par le décès de leur maman, ils ne réclamaient que la nourriture parce que la faim les rongeait. Cela m’a beaucoup touchée et j’ai constaté que la rue n’est pas un milieu propice pour les enfants»

Selon Madame Manirambona, UCBUM a été créé pour être un lieu favorisant les conditions de vie des enfants et leurs mamans aux moyens précaires. « UCBUM a comme mission de faciliter le retour à une vie de famille normale, promouvoir une éducation de qualité, la réintégration et le suivi socio-éducatif des enfants vulnérables et faciliter l’accès aux soins de santé pour les enfants et les familles vulnérables. UCBUM aide aussi les mamans des familles misérables avec la création des Activités Génératrices de Revenues (AGR) notamment la culture du riz, la culture des légumes, le business et la couture. Elles sont aussi regroupées dans des coopératives et des groupements de solidarité », confie-t-elle.

Notons que «UCBUM »  aide actuellement plus de 1000 familles et qu’il donne le déjeuner à 200 enfants et élèves de lundi à vendredi alors que 50 autres enfants mal-nourris reçoivent de la bouillie.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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