Transport au Burundi : 100 à 200 mille personnes prendraient un «taxi vélo» par jour

Transport au Burundi : 100 à 200 mille personnes prendraient un «taxi vélo» par jour

Un passager sur un «taxi vélo» à Bujumbura.©Akeza.net

DOSSIER : Le transport est un secteur vital dans le développement du pays. Akeza.net revient sur les détails, les défis, mais aussi les pas  franchis dans ce domaine clé dans l’économie du pays. Du transport en bus au transport maritime en passant par  le transport sur les deux roues,  on en parle. Retrouvez notre dossier.

Parmi les moyens de transport utilisés au Burundi, figure le  transport rémunérant par vélo dit «taxi-vélo».  Cette catégorie de transport  est  beaucoup appréciée  pour son faible coût et son option «tout-terrain». L’association des  conducteurs de «taxis-vélos» estime qu’il y a 23.000 vélos assurant le transport rémunéré dont une forte concentration à Bujumbura.

Très tôt dans la matinée, des bruits  de moteurs viennent rompre le silence et le chant d’oiseau qui règnent sur Bujumbura. Au-delà de ces cylindres qui se grincent, s’entre-cognent,   on retrouve les bicyclettes qui ne bougent que par l’effort humain assurant  le transport rémunéré appelés communément «taxis-vélos».

Dans l’optique de les rendre facilement  identifiables, désormais les conducteurs de «taxis vélos» portent des gilets sur lesquels les numéros d’identification sont imprimés. Selon  Emmanuel Nimbona , Président de l’association des conducteurs de «taxi vélos», ils dénombrent 23.000 vélos assurant le transport rémunéré à travers tout le Burundi.

Conduire un «taxi vélo», un gagne-pain comme tant d’autres

Ils se regroupent souvent  à côté d’une route sous un  soleil de plomb dans l’attente d’un probable client, discutant de tout et de rien.  Chaque conducteur de «taxi vélo» a son parking qu’ils appellent dans leur jargon –iligala- bien qu’ils soient libres de circulation partout excepté au centre-ville de Bujumbura. En général il n’y a pas de frais connu pour le transport par vélo, tout se passe entre le passager et le conducteur dudit vélo qui fixe le prix en tenant compte de la distance à parcourir.

La plupart de ceux qui exercent ce métier viennent des provinces de l’intérieur du pays. C’est le cas de Bernard N. natif de Karusi qu’on a rencontré au quartier asiatique de Bujumbura.«Je suis de la commune Gitaramuka, et cela va faire 5 ans que j’exerce ce métier. Au départ  je n’avais pas mon propre vélo, je  changeais de vélo à longueur de journée en prenant la relève quand un de mes camarades voulait se reposer. Maintenant j’ai acheté mon propre vélo que je conduis moi-même. Je gagne mon pain quotidien en assurant le transport des personnes», nous dit-il tout en restant alerte histoire de ne pas rater un client.

Quant à Joseph H. trouvé sur le même point d’arrêt,il assure ce transport provisoirement.« Ce transport rémunéré m’aide à  gagner de l’argent afin de nourrir ma famille vivant à Gitega, mais aussi pour avoir de quoi entretenir mes champs», témoigne-t-il.

Le «taxi vélo», un moyen de transport populaire

Les «taxi-vélos» sont réputés pour leur efficacité dans le transport des marchandises, comme nous le dit cette maman  vendeuse de tomates. «L’avantage de ces vélos, c’est qu’ils peuvent transporter même 200 kilos, ce que ne font pas ces motos» précisent-t-elle tout en emballant ces paniers avant l’embarquement au marché Chez Siyoni.

Un autre atout de «ces taxis-vélos», c’est qu’ils ne connaissent pas le problème d’embouteillages. Tandis que les voitures sont bloquées, les vélos se faufilent facilement  permettant ainsi au passager de gagner du temps.

Selon les chiffres fournis par Emmanuel Nimbona, au moins 100 à 200.000 personnes se déplacent par «taxi-vélo» à Bujumbura.

Armand NISABWE

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