Tourisme sous régional : Selon l’EATP, Il reste encore beaucoup de travail à faire

Tourisme sous régional : Selon l’EATP, Il reste encore beaucoup de travail à faire

Des animaux dans un parc au Kenya ©DR

Véritable outil de développement, le tourisme prend peu à peu de l’importance auprès des acteurs économiques mais aussi des gouvernements dans la communauté est-africaine (EAC). L’East Africa Tourisme Plateform a récemment publié un document intitulé « TAKING STOCK OF TOURISM ADVOCACY ACHIEVEMENTS IN THE EAC » dans lequel il fait un état de lieu des avancées significatives dans le domaine du tourisme dans les pays de la sous-région. Un bilan plutôt positif pour certains et un peu moins pour d’autres. Toujours est-il que la route est longue pour parvenir à un tourisme fort.

 

Un secteur au fort potentiel économique

Le secteur du tourisme représente un atout majeur pour l’économie de la communauté est-africaine. En effet il est une importante source de revenu de change, de création d’emploi et de diversité d’activités ; ce qui fait de lui un facteur important de croissance économique. Développer le tourisme dans la sous-région offrirait aux pays plusieurs débouchés économiques et contribuerait de manière non négligeable au développement économique de la sous-région.

Cependant le développement de ce secteur fait face à plusieurs défis qui ralentissent une évolution constante de la filière. Des défis tels que les politiques fiscales, la régulation du marché ou encore les infrastructures.

Disposer de politiques adéquates en termes de fiscalité, de réglementation de la filière et d’infrastructures répondant aux normes internationales permettrait aux pays de la sous-région de se positionner en acteur important dans le tourisme continental et international. Pour ce faire une coopération étroite entre les pays de l’EAC est importante pour développer ce secteur.

Des efforts consentis

Quoique le chemin reste long à parcourir jusqu’à un tourisme fort dans la sous-région, des efforts sont consentis par les acteurs du tourisme des différents pays et les gouvernements pour faire du tourisme une véritable force économique dans l’EAC. Dans des pays comme le Rwanda, l’Ouganda ou encore la Tanzanie, les gouvernements et les acteurs du secteur privé travaillent étroitement pour créer un environnement économique propice au développement du secteur.

Dans le cas de l’Ouganda par exemple l’Uganda Tourism Association, une plate-forme réunissant les acteurs – en majorité du secteur privé – du tourisme en Ouganda, a réussi à coup de fort lobbying à obtenir de bons résultats notamment la réduction du visa touriste qui est passé de 100USD à 50USD, réduction des taxes sur les services hôteliers de l’exercice à venir ou encore les travaux d’amélioration des routes touristiques. Des avancées qui permettent aux tours opérateur ougandais d’être compétitifs sur le marché.

Si les Ougandais arrivent à avoir des résultats avec application immédiate, certains pays continuent de travailler avec leurs gouvernements sur la législation et la réglementation, ce qui est le cas pour le Rwanda, la Tanzanie et le Kenya. Des vastes opérations de lobbying menées par les associations de tourisme de ces pays pour inciter les gouvernements à initier des reformes pour améliorer la compétitivité (Rwanda), en proposant au gouvernement un régime alternatif de licence pour les entreprises touristiques (Tanzanie) ou encore en obtenant un accord sur TVA sur les véhicules de tourisme au cours de l’exercice financier 2017/2018 (Kenya) pour ne citer que cela. Par ailleurs, des pays tels que le Burundi et le Soudan du sud devraient fournir des efforts considérables pour s’aligner au même titre que leurs voisins de l’EAC.

 

Un long chemin à parcourir

Bien encadré, le tourisme pourrait devenir le fer de lance de l’EAC avec ses nombreuses possibilités que ce secteur peut offrir et le vivier en termes d’emploi et de croissance. Les pays de l’EAC, soutenu par l’EATP, travaillent d’arrache-pied pour installer un climat économique propice au développement du tourisme. Mais le chemin à parcourir reste encore long. Une collaboration étroite entre toutes les parties prenantes du secteur du tourisme est nécessaire pour rendre ce secteur compétitif aussi bien au niveau local qu’au niveau régional. Réguler les marchés, adopter une bonne législation fiscale et développer des infrastructures à la hauteur des ambitions affichées par les différents pays permettra de à ces derniers de se hisser haut sur le marché du tourisme mondial.

L’EATP exhorte donc les gouvernements à prendre une part effective dans le développement de cette filière.

 

 

Moïse MAZYAMBO

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