TIC au Burundi : Quelques chiffres clés du marché de l’internet

TIC au Burundi : Quelques chiffres clés du marché de l’internet

Image d’illustration ©DR

Selon l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications, au cours du dernier trimestre de 2017, le nombre d’abonnés à l’internet s’est établi à près de 800 000. Estimé à 0,21% en 2007, le taux de pénétration de l’internet est passé, en 2017, à 7%. Ce parc d’abonnés internet est essentiellement constitué d’abonnés à l’internet mobile avec un taux de plus 99% du total d’abonnés internet. La moyenne trimestrielle des capacités internet achetées à l’étranger, en 2017, a été de 4341 Mbps, tandis que la demande locale s’est limitée à 1583 Mbps, soit 36% de la capacité achetée.

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L’internet introduit au Burundi en 1996 par la société Cbinet – un groupe d’opérateurs privés – est aujourd’hui exploité par neuf fournisseurs d’accès internet dont quatre sont des opérateurs mobiles – Onatel, Econet-Leo, Lacell et Viettel – et les autres (cinq) étant des fournisseurs exclusifs des services internet – Cbinet, Spidernet, Usan, Lamiwireless et NT Global. Le taux de pénétration de l’internet estimé, à 0,21% en 2007, a sensiblement haussé, pour passer, en 2017, à 7%.

Evolution du nombre d’abonnés internet au quatrième trimestre de 2017

Source : Observatoire du marché des services internet, ARCT 2017.

De ce graphique, on peut observer que tout au long du quatrième trimestre de 2017, le total d’abonnements à l’internet n’a cessé de croître, jusqu’à atteindre 787 277 abonnés contre 697 188 pour le trimestre précédent, soit une augmentation de 13%.

Parmi ces abonnements, plus de 99% représentent le nombre d’abonnements à l’internet mobile. En effet, au Burundi, à l’instar d’autres pays du monde, l’accès à l’Internet se fait de deux façons : soit par le fixe (Data Fixe), soit par le mobile (Data Mobile). De plus et, à la fin de ce quatrième trimestre, en moyenne, 13 sur 100 abonnés à la téléphonie mobile possédaient des téléphones ayant accès et connectés au service internet.

L’évolution significative de l’accès à l’internet remarquée ces dernières années dans le pays est essentiellement attribuable à un fort taux de pénétration de la téléphonie mobile – estimé à 1,6% en 2005, les statistiques de l’ARCT l’ont revu à plus de 50% en 2017 – mais aussi à l’installation du réseau de fibre optique disposant d’une des plus fortes densités d’Afrique – avec environ 6000 km sur une superficie de 27 834 km2.

Mais, malgré un taux de pénétration de l’internet en hausse progressive, le Burundi reste dans ce secteur, très en arrière par rapport aux autres pays de l’EAC avec des taux de pénétration de l’internet, estimés, en moyenne, à 30%.

Marché burundais de l’internet…

Depuis l’avènement de la fibre optique, l’essentiel des capacités internet est fourni via cette voie. Deux opérateurs disposant des infrastructures nationales, VIETTEL Burundi et BackBone System (BBS), transportent à partir de la frontière, les capacités internet achetées de l’étranger.

Et comme susmentionné, le marché de l’internet au Burundi est exploité par neuf fournisseurs d’accès internet qui proposent aux clients plusieurs offres de services internet via différentes technologies : VSAT, FO, WIMAX, ADSL, MPLS, etc.

Par ailleurs, il se trouve que ces fournisseurs d’accès internet peinent à vendre localement les capacités internet achetées à l’étranger.

Evolution des capacités internet achetées et vendues sur les quatre trimestres de 2017

Source : Observatoire du marché des services internet, ARCT 2017.

Il ressort, de ce graphique, qu’en 2017, la moyenne trimestrielle des capacités internet achetées à l’étranger est de 4341 Mbps, tandis que la demande locale ne se limite qu’à 1583 Mbps, soit 36% de la capacité achetée.

L’observation intéressante relevée sur ce marché est l’écart significatif se trouvant entre le prix d’achat d’un mégabit par seconde et son prix de vente. Au quatrième trimestre de 2017, à 116 $, le prix d’achat moyen d’un mégabit par seconde, son prix de vente moyen s’est fixé à 314$, entraînant une marge moyenne de 198$.

La raison principale avancée par les fournisseurs d’accès internet pour expliquer cet écart, malgré l’installation de la fibre optique, étant la cherté de la transmission des données.

Revenus générés par les services internet…

A ce niveau, il y’a lieu de distinguer les revenus tirés du service d’internet mobile et du service d’internet fixe. Le graphique suivant marque l’évolution de ces grandeurs au cours du quatrième trimestre de 2017 :

Evolution des revenus générés par les services d’internet mobile et fixe, en millions de Fbu au quatrième trimestre de 2017

Source : Observatoire du marché des services internet, ARCT 2017.

Les revenus des fournisseurs d’accès internet ont chuté au mois de novembre 2017 pour reprendre de l’allure au mois de décembre, et en moyenne, ils se sont fixés mensuellement à 2536 millions de Fbu, avec en moyenne, 61% des revenus provenant des services internet mobile. Cependant, au 31 décembre 2017, le revenu moyen mensuel par abonné à l’internet mobile était de 1915 Fbu tandis que pour l’internet fixe, il était de 234 696 Fbu.

Ainsi, pour permettre au plus grand nombre de citoyens d’accéder à l’internet, il est important pour le gouvernement de continuer à impulser des mesures qui assureraient un juste équilibre entre un accès facile et à moindre coût des services d’internet et la rentabilité des activités des fournisseurs d’accès internet pour qu’ils continuent à investir dans ce secteur si stratégique pour un développement durable et inclusif.

Blaise NKURIYINGOMA

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