[Talents Emergents]: Gynette KAMWEMWE ou l’histoire d’une jeune qui marie le Foot et le Volley

[Talents Emergents]: Gynette KAMWEMWE ou l’histoire d’une jeune qui marie le Foot et le Volley

La série « Talents Emergents » vient mettre en exergue le parcours des jeunes talents burundais au niveau local dans différentes disciplines sportives. Peu médiatisés, ils se retrouvent à la croisée des chemins au sein d’un environnement qui ne leur permet pas d’exploiter ou encore de jouir pleinement de leur talent.

 

Dans notre deuxième entrevue, nous rencontrons Gynette KAMWEMWE surnommée « Ngorore ». Une jeune athlète de 20 ans au parcours atypique qui a su se démarquer dans plus d’un sport. Excellente au football (défenseuse centrale des Intamba Dames) comme au volleyball (attaquante du club Muzinga ), Gynette est un atout clé du sport féminin au Burundi. Qui est-elle ? Quel est son parcours ? Comment manie-t-elle ses 2 passions ? Quelles sont ses ambitions ? Le point avec cette native de Ngagara…

 

Des débuts difficiles jonchés de stéréotypes

Ses débuts

Pour la plupart des gens , évoluer dans deux sports différents est tout simplement impossible. Pourtant, il existe des athlètes à travers le monde qui ont réussi à atteindre, dans deux disciplines différentes, des niveaux qui font rêver un bon nombre de sportifs. Gynette KAMWEMWE est l’un de ceux-là.

Née le 31 décembre 2000 au quartier Ngagara, Gynette s’adonne aux activités sportives dès le bas âge, à 6 ans, dit-elle. Même si elle marie deux sports aujourd’hui, c’est le foot qui va dominer en premier son imaginaire sportif. Puisqu’elle habitait tout près d’un terrain de foot à Ngagara. Cette proximité avec l’aire du jeu va guider ses premiers pas au ballon rond.

Des débuts difficiles jonchés de stéréotypes. “Dans mon entourage, on me disait que j’allais être comme un homme si je jouais au foot. De plus, mes parents ne me facilitaient pas au début. Ils ont eu du mal à me comprendre. Mais, je ne me suis jamais lassée. J’ai continué à foncer pour ma passion au sport. Par après, compte tenu de mon évolution, mes parents se sont ressaisis “, se souvient-elle.

Arrivée en seconde au lycée, elle effectue sa première expérience en club. Elle intègre la deuxième division de Nyakabiga FC. Elle y jouera une saison seulement avant de taper dans l’œil du club de Ngozi Fofila-PF, championne du foot féminin. Cette formation l’accueille en 2014. Jusqu’à présent , elle en fait partie en tant que capitaine.

 

 

En 2013, elle est championne nationale au Beach volley

Quid de l’aventure avec le volley ?

Alors qu’elle est habituée au ballon rond, Gynette va s’essayer à un autre jeu. Le volleyball. « En fait, j’étais impressionnée par des mamans qui jouaient à ce jeu. Je les regardais souvent et je me suis sentie attirer par l’idée d’apprendre ce jeu. C’est en 2013, que j’ai fait mes débuts au volleyball au sein du club des militaires, Muzinga VC ( un club féminin très coriace) », raconte-t-elle.

Son évolution dans ce nouveau jeu était si rapide à tel enseigne qu’en 2013, elle est championne nationale au Beach volley et s’offre l’opportunité de représenter le Burundi dans la compétition de la Zone V de Beach Volley en Tanzanie où elle finit à la 2ème place.

 

Jouer à 2 jeux n’est pas facile

La défense et l’attaque

Au foot, Gynette assure la défense centrale. Avec sa rigueur défensive, Gynette est convoquée pour sa première fois chez les Intamba Dames en 2016. Vice-capitaine, elle participe au CECAFA en Tanzanie en 2016 ainsi que lors des éliminatoires de la Coupe du monde des U20 en Ethiopie. Actuellement, elle compte 4 titres du championnat national avec son club Fofila-PF.

Au volley, c’est un poste d’attaque qu’elle occupe. « J’ai un point fort au niveau de la détente. Je suis capable de bien m’élever dans les airs », dit-elle, d’un air souriant. Son palmarès au volley est parlant. Elle a déjà été élue 8 fois MVP du championnat de Volleyball du Burundi, participé au All African’s Game de Volleyball au Madagascar en 2013, participé aux Eliminatoires des Jeux Olympiques de 2016 au Mozambique et en Egypte. Plus récemment, elle a reçu le prix de distinction au poste de service du championnat de l’AVAB saison 2019-2020.

Quand on lui demande ce que ça fait d’évoluer dans deux sports différents, voici ce qu’elle répond: « Jouer à 2 jeux n’est pas facile. Mais j’essaie de faire de mon mieux. Le matin, je vais à l’école et je m’entraine le soir. Il arrive que les 2 sports se chevauchent, des fois, c’est un vrai dilemne pour moi. J’ai tout de même l’avantage que les entraînements ne se font pas aux mêmes créneaux pendant la semaine ».

J’aimerais vraiment faire carrière dans le foot

Le foot ou le volley ?

Sur cette question Gynette n’y pas va par quatre chemins. Son choix est clair: « J’aime beaucoup plus le foot parce que c’est le sport qui m’a bercé depuis mon enfance. En plus, j’aimerais vraiment faire carrière dans le foot », nous confie-t-elle.

Toutefois, cette athlète bi-disciplinaire déplore la déconsidération du sport féminin au Burundi. « Les gens ne nous font pas confiance. Ils se disent que nous ne sommes pas capables. Cela nous décourage. C’est pourquoi, il y a celles qui se lassent et décident d’abandonner », s’indigne-t-elle.

Interrogée sur son avenir immédiat, cette étudiante en finance et comptabilité ambitionne d’arriver loin dans le sport afin de brandir les couleurs du drapeau national à l’international.

 

Fleurette HABONIMANA 

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