Tables rondes sur la liberté économique : Le Burundi ne devrait-il pas améliorer sa réglementation sur le crédit, le travail et les affaires ?

Tables rondes sur la liberté économique : Le Burundi ne devrait-il pas améliorer sa réglementation sur le crédit, le travail et les affaires ?

Dans le cadre de la campagne MFASHAKUMENYA, le Centre pour le Développement des Entreprises dans la région des Grands Lacs (CDE Greatlakes) en partenariat avec l’API a organisé ce 21 Juillet 2020, une autre table ronde autour du thème « Règlementation du crédit, du travail et des affaires ». Différentes personnalités avaient représenté les institutions publiques et privées (Banque de la République du Burundi (BRB), le Ministère du travail, le Ministère de la Justice, API, etc…) afin de réfléchir et proposer des voies et moyens d’améliorer cette thématique au Burundi.

 

Martin BANYIYEZAKO, socio-économiste et expert a tenu à préciser le contenu des réflexions de la table ronde : ‘’ Ce travail se focalisera sur la réglementation du marché du crédit (Propriété des banques, Crédit au secteur privé et Contrôle des taux d’intérêt) ; la Réglementation du marché du travail (réglèment d’embauche et salaire minimum, règlements d’embauche et de licenciement, négociation collective centralisée, règlement sur les heures de travail, coût obligatoire du licenciement ainsi que la conscription) et la Règlementation des affaires (exigences administratives, frais de bureaucratie, démarrage d’une entreprise, paiements supplémentaires/pots-de-vin, restrictions de licence ainsi que le coût de la conformité fiscale)’’.

 

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Qu’en est-il de la réglementation du crédit au Burundi ?

 

Parcourant son contenu, M. Martin BANYIYEZAKO a clarifié les critères de l’octroi des crédits dans le système financier burundais. ‘’Au Burundi, les critères d’octroi de crédit varient d’une banque à l’autre du fait de la libéralisation du secteur bancaire. Toutefois, il y a des critères communs dans l’octroi de crédits. C’est notamment l’identification du client ; la capacité et la garantie de remboursement du client, ainsi que la viabilité du projet à financer’’. Il renchérit : ‘’ En cas de demande de crédit, les clients sont invités à justifier leurs capacités de remboursement, de fournir des informations sur leur fortune, leurs activités, les mouvements de leurs comptes, les états financiers pour les entreprises, et les accréditifs pour les salariés’’.

©M.Martin BANYIYEZAKO lors de son exposé

 

Bien que l’accès au crédit soit essentiel pour bâtir une économie prospère, Martin BANYIYEZAKO souligne également les défis qui persistent pour les fournisseurs de crédit. Il explique : ‘’ Dans l’octroi de crédits, les fournisseurs font face à différents défis. Les prêteurs ne disposent pas d’informations suffisantes et fiables sur les emprunteurs potentiels pour pouvoir déterminer avec précision le niveau de risque. Sans accès à ces informations, la seule alternative pour les prêteurs est de se protéger au moyen de garanties et de taux d’intérêts plus élevés. Cette exigence exclut un grand nombre de personnes qui, pourtant, pourraient être de bons clients et polarise le crédit vers les plus riches”.

 

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Qu’en-est-il de la réglementation du travail ?

 

‘’L’élément clé de la règlementation du marché du travail est le contrat de travail. Le contrat de travail est conclu par écrit sauf pour les contrats des travailleurs journaliers. Ce document est réglementé par la loi n ° 1/037 1993 du 07/07/1993 portant Code du travail. Cette loi traite plusieurs aspects clés du marché du travail comme le contrat de travail, le salaire, les conditions générales du travail, la sécurité du travail, la formation professionnelle, l’administration du travail et de l’emploi, les relations professionnelles et la résolution des différends du travail. Le contrat de travail peut être à durée déterminée ou indéterminée’’, précise M. Martin BANYIYEZAKO.

 

M. BANYIYEZAKO souligne les défis du marché de travail au Burundi. ‘’ L’insuffisance des emplois par rapport à la demande qui s’y exprime ; l’inadéquation formation-emploi au travail et au système de protection sociale qui est faible, la faillite des entreprises consécutivement aux crises socio-politiques, économiques et financières, constituent les défis du marché de travail au Burundi’’.

 

Et la règlementation des affaires ?

 

Martin BANYIYEZAKO explique que le climat des affaires reste miné de nombreuses contraintes. ‘’Plus d’un observateur estimait, jusque récemment, que le Burundi avait l’un des climats des affaires les plus défavorables au monde (Classement Doing Business). Les contraintes structurelles de la réglementation des affaires au Burundi incluent l’enclavement du pays, le mauvais état des infrastructures (routes, énergie). Les autres contraintes sont liées à l’offre. C’est notamment l’accès limité au crédit et son coût élevé, la disponibilité limitée d’une main-d’œuvre qualifiée et la faible productivité de cette dernière’’.

 

Signalons qu’en vue de proposer des solutions aux défis sur la règlementation du crédit, du travail et des affaires, cette table ronde a fait objet de travaux en groupes. Un document compilant les solutions sera élaboré pour être proposé aux décideurs.

 

Janvier CISHAHAYO

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