Success Story : KEZAMIA, là où parents et enfants peuvent profiter en même temps

Success Story :  KEZAMIA, là où parents et enfants peuvent profiter en même temps

Âgée de 32 ans, mariée et mère de deux filles (Chloé KEZA et Mia INEZA), Negritha GAHIMBARE MASSOC (du nom de son mari) est née à Mukike, exactement à Muyuyu. Elle a fondé et gère le restaurant KEZAMIA. KEZAMIA qui a élu domicile à Rohero, en plein coeur de Bujumbura, est une adresse prisée qui englobe à la fois la restauration, la pâtisserie, l’épicerie et une boutique.

Entre son Burundi natal et la France d’où vient son mari, Negritha GAHIMBARE a vécu en Côte d’Ivoire. Là-bas, elle a non seulement donné naissance à sa première fille, mais aussi à l’idée porteuse de KEZAMIA. J’ai vu comment les mamans avaient du mal avec les enfants quand elles sortaient en famille. C’est compliqué de profiter du moment parce qu’elles doivent s’occuper des enfants quand ces derniers veulent faire autre chose. Alors, je me suis dit, pourquoi pas ne pas créer un endroit où les parents et les enfants peuvent profiter en même temps. ”

Un projet venait de naître. Quelques années passeront avant qu’il ne voit effectivement le jour, mais les germes étaient là.

Au commencement…

Dans l’entre-temps, Mme GAHIMBARE quitte la Côte d’Ivoire pour la France. Elle vient d’avoir sa deuxième fille, donc les responsabilités augmentent. Mais, dans un coin de sa tête, l’idée reste vivante.

Faut-il mentionner que Negritha avait quitté le Burundi sans savoir cuisiner? En effet, c’est vraiment en Côte d’Ivoire qu’elle a décidé de s’y mettre. “ Je me suis découverte une passion: la cuisine. Quand je suis partie, je ne savais pas trop cuisiner, à part la base (Riz, Haricots, etc). La Côte d’Ivoire, c’est quand même le pays où j’ai découvert la diversité culinaire. Ils ont beaucoup de choix en termes de cuisine. ”

Negritha apprend à cuisiner grâce à la fille qui cuisinait pour sa famille en Côte d’Ivoire. En France, elle n’a pas de travail, elle est femme au foyer. Alors, elle se met sérieusement à cuisiner. Sa famille apprécie la nourriture et l’encourage à continuer. Plus elle cuisine, plus son projet prend forme dans sa tête. C’est alors qu’elle décide d’en discuter avec son mari. “ Nous nous demandions dans quel pays nous pourrions mettre sur pied ce projet, puis nous nous sommes dit pourquoi pas au Burundi ? Moi, j’ai mes racines là-bas puis, lui, il aime bien l’Afrique. Nous avons décidé de le faire au Burundi.”

Début d’une aventure …

Juillet 2019, la famille MASSOC débarque au Burundi avec le projet de créer un espace dédié aux parents et aux enfants. Mais Negritha vient de passer six ans sans revenir au pays. Les débuts sont difficiles pour le couple. Première difficulté : Trouver un lieu adéquat. Une fois réglé, deuxième difficulté: les travaux pour aménager le restaurant, notamment peindre la maison, décorer, planter les arbres, installer des jeux pour enfants…puis troisième difficulté: trouver le nom du restaurant. Là, Negritha trouvera l’idée salvatrice : combiner le nom de sa première fille (KEZA, nom Burundais) et le prénom de sa deuxième fille (Mia, prénom français), ce qui a donné “KEZAMIA”.

Enfin , il fallait trouver des cuisiniers “ Quand je suis arrivée ici avec le projet, il me fallait trouver quelqu’un pour la cuisine. Je suis partie à la campagne et j’ai rencontré quelques personnes que j’ai formées moi-même par la suite. Aujourd’hui, elles savent faire des merveilles et je suis satisfaite. ” raconte Mme GAHIMBARE.

Qu’offre KEZAMIA à sa clientèle?

Aujourd’hui, le menu du restaurant KEZAMIA est bien garni. Il offre une cuisine variée avec des plats burundais, ivoiriens, marocains etc. Le restaurant est aussi dans la pâtisserie. On retrouve des biscuits au chocolat (cookies), des galettes, etc. Se trouve également dans ses enceintes une petite épicerie où KEZAMIA vend ses propres produits dont de la confiture fait maison, des champignons, du bissap, etc.

En outre, KEZAMIA abrite une boutique juste à l’entrée. Cette boutique est souvent considérée comme une galerie d’art. La vannerie, la poterie, des sacs fabriqués à base de sisal y sont vendus.

Ces œuvres d’art appartiennent à quelques artistes de la communauté Batwa que Mme GAHIMBARE a rencontrés lors d’un voyage à l’intérieur du pays. “ J’ai rencontré un artiste de la communauté Batwa. Il m’a fait découvrir sa communauté. J’essaie de les soutenir en vendant leurs produits parce que ce n’est pas évident qu’ils écoulent leur stock”.

À KEZAMIA, on y fait aussi du sport, entre autres, le Yoga. “ On a un petit côté bien-être où les gens viennent faire du Yoga. Il y a un coach qui vient trois fois par semaine. L’idée est partie d’une de nos clientes qui faisait du sport. Quand la Covid-19 est apparue, elle avait du mal à trouver un endroit pour faire du sport. Elle est venue me dire, pourquoi pas ne pas le faire chez vous et c’est parti comme ça. ” souligne Mme GAHIMBARE. En plus du sport, KEZAMIA offre également un espace de travail avec accès au WiFi et organise des fêtes d’anniversaires et autres fêtes ou rencontres. 

Des perspectives d’avenir ?

Avec près de deux ans de service, le restaurant KEZAMIA s’en sort assez bien grâce à ses différents services. L’ambition des propriétaires est bien sûr d’étendre leur business, de faire plus. ” Nous comptons ouvrir un autre restaurant, mais il ne s’appellera pas KEZAMIA. Il aura un autre nom. D’ailleurs, nous avons déjà signé le contrat et nous espérons que ce projet est pour bientôt ” lance Mme GAHIMBARE, fondatrice et gérante de KEZAMIA.

On apprend aussi qu’elle et son mari aimeraient bien se tourner vers l’élevage pour pouvoir offrir des produits faits maison, car ils se sont rendus compte que le prix d’un poulet ou d’un canard reste élevé à Bujumbura.

Lynne-Clérina KANYENYERI

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