Success Story : Abdallah BAHIZI, le barista devenu patron d’un coffee shop

Success Story : Abdallah BAHIZI, le barista devenu patron d’un coffee shop

Prenez une bonne dose de passion, du travail et un zeste de détermination et vous obtenez Bahizi café/restaurant. Cet établissement qui a récemment ouvert ses portes à Bujumbura est l’accomplissement du rêve d’Abdallah BAHIZI. Un barista pour qui faire du café va bien au-delà du simple métier. C’est sa science, son art ! Cet homme a réussi à sublimer son métier en le faisant passer de l’étape de boisson à celui d’objet de plaisir. La preuve que lorsque l’on veut, on peut vraiment faire de belles choses !

 

Barista par passion

Né il y a 35 années à Nyakabiga (Bujumbura), Abdallah BAHIZI que beaucoup surnomment « Pitchou » est à l’image de nombreux jeunes burundais. Ceux-là qui ont compris que réussir passe par le travail. Avant de faire son entrée dans le métier de barista, Abdallah est serveur dans des bars. Un métier qu’il commence assez jeune. Il faut bien gagner sa croute dira-t-on. C’est en 2013, que le jeune serveur qu’il est à l’époque, a ses premiers contacts avec l’univers des baristas. « A l’époque je n’étais qu’un simple serveur à Silhouette. Il y avait un barista ougandais que j’aimais observer. Il faisait bien son travail et je me suis aussitôt dit que c’était le bon métier. En plus c’est un métier international », raconte Abdallah qui a appris ce métier en observant, dans un premier temps. Et même si le barista qu’Abdallah observait à l’époque n’était pas très enclin à vouloir lui apprendre le métier, sa détermination à devenir barista va faire à ce qu’il soit pris comme apprenti.

Les certifications reçu pas Abdallah BAHIZI @Akeza.net

Cependant, devenir simple barista n’était pas suffisant pour Abdallah. Le jeune veut vulgariser ce métier et le rendre honorable, puisqu’il y avait peu de baristas burundais dans les cafés burundais. C’est de là que lui vient l’idée d’une compétition de barista en 2014. La toute première du Burundi. « En observant, je me rendais compte que la majorité des cafés avaient des baristas étrangers alors que nous avions une association de baristas burundais. Je me suis alors dit qu’une compétition de baristas serait une bonne chose. Ce qui a été fait en décembre 2014 », raconte Abdallah.

Lors de cette 1ère compétition, Abdallah remporte le premier prix en présentant le meilleur capuccino et le meilleur expresso. L’année suivante, il finira encore vainqueur de la compétition des baritas. La passion pour le café et le métier de barista s’installe alors pour Abdallah.

 

Oman et apprentissage

Lorsque Abdallah envisageait le métier de barista comme un métier international, il n’avait pas tort. En fin d’année 2015, le jeune barista va se retrouve à Mascate (Oman) pour y travailler entant que barista. Cette expérience à l’étranger va définitivement changer la perception de son métier. « Arrivé à Oman, tout était nouveau pour moi. La façon avec laquelle le café était fait là-bas était très différente de celle que je connaissais. J’ai rencontré des baristas qui venaient d’Indonésie, des Philippines et de nombreux autres pays. C’était un véritable apprentissage pour moi. J’y ai beaucoup appris », confie-t-il.

 

Abdallah BAHIZI @Akeza.net

Avec le même esprit compétiteur et déterminé qui le caractérise, Abdallah va participer à une compétition de barista à Oman. Une compétition à laquelle il va finir 2ème. Tout un symbole pour un burundais au milieu de tous ces baristas expérimentés qu’il côtoyait.

L’expérience omanaise d’Abdallah va lui donner envie d’ouvrir un café chez lui au Burundi. Il a à cœur d’apporter du neuf et de partager son expérience. « Lorsque j’étais à Oman, je suis venu 2 fois en vacances et je me suis rendu compte que rien n’avait changé. La manière de faire le café est restée la même. Pourtant il y a plusieurs manières de faire du café. Il y a de nombreuse spécialités dans le café et c’est ce que je suis revenu faire », explique le barista.

Aidé par son frère, Abdallah va travailler au lancement de Bahizi Café & Restaurant. Un endroit où l’on consomme un café de qualité, fait par des personnes qui comprennent et maitrisent l’art de faire du café.

 

Plus qu’une simple boisson, un objet de plaisir

Si Abdallah a décidé d’ouvrir un coffee shop à Bujumbura, c’est parce que, pour lui, le café est plus qu’une simple boisson. Alors que nous avons pris l’habitude de le consommer comme on consommerait de l’eau, Abdallah considère que le café est un produit qui mériterait d’être consommé comme un produit exceptionnel. Un produit qui raconte une histoire. L’histoire de ceux qui l’ont planté, l’histoire de ceux qui l’ont torréfié et même l’histoire du barista qui le prépare et le sert. Une chaine de valeur que l’on devrait ressentir dans chaque goutte de cette boisson. Cela passe par la découverte de différents types de boissons à base de café et des différentes variétés de café.

©Akeza.net

Abdallah met un point d’honneur à servir un café de qualité, et le fait d’être lui-même barista donne un sens particulier à la vision de son coffee shop. « Le plus important pour moi, ce n’est pas seulement de gagner de l’argent en vendant du café mais c’est d’offrir un café d’une qualité unique. Et pour moi c’est un honneur de savoir que je suis capable de faire un café qui ne sera pas seulement bu mais qui sera savouré pour sa qualité ». Et d’ajouter : « Pour avoir du café, il y a une longue chaine de personne qui travaillent. Ma mission est de rendre honneur à ces personnes en préparant un café de qualité. Faire un mauvais café ne leur rend pas justice, et encore moins à mon métier de barista ».

 

Mais au-delà de la qualité, Abdallah veut offrir une expérience unique pour le consommateur de café. « Je ne veux pas que les gens consomment juste du café, je veux qu’ils prennent plaisir à boire du café. Que boire du café soit un réel moment de plaisir pour eux », confie-t-il avec l’espoir de transmettre sa passion pour le café à d’autres baristas et particulièrement aux plus jeunes.

 

Moïse MAZYAMBO

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