Steven Sogo parle de sa carrière et de musique burundaise

La grandeur de la musique d’une nation vient de la grandeur de ses artistes. Des hommes et des femmes travailleurs, doués, forts, sages, ouvert sur le monde et résolument  tournés vers l’avenir.

Steven Sogo (www.akeza.net)

Steven Sogo (www.akeza.net)

Bien qu’encore jeune, Steven Sogo donne tous les signes d’un homme qui a compris le chemin à fréquenter et se conduit comme tel. Au cours de cette interview qu’il nous a accordé, vous découvrirez encore une fois l’homme, ses pensées, sa vision du monde artistique et  ses projets d’avenir.

 Landry M.: Bonjour Steven Sogo

Steven Sogo: Bonjour

Landry M. : Vous avez à votre actif un bon nombre d’activités depuis votre retour d’Angleterre, comment ça se passe avec  votre carrière ?

S. Sogo : En général, ça se passe bien. Je suis comme en vacance, mais je sors petit à petit de ma période de vacance. Je pense à mon calendrier de 2012. Bientôt, l’année touche à sa fin, je vais dévoiler mes plans de carrière pour l’année 2012.

Steven Sogo (www.akeza.net)

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Landry M. : Il est clair que tu n’as pas pris assez de temps pour t’occuper de la promotion de ton second album tradi-moderne ‘’NDAJE’’. Le fait est tout de même que l’album est assez connu. Comment l’expliques-tu ?

S. Sogo : Cela fait seulement trois ou quatre mois que j’ai sorti le nouvel album. Je n’ai donc pas encore eu assez de temps pour faire la promotion de l’album. J’ai quand même eu de la chance parce que j’ai pu faire une longue tournée promotionnelle de l’album en Angleterre, juste un mois après sa sortie. C’est une grande chance de pouvoir faire la promo de son album et de vendre ses CD dans un pays comme l’Angleterre. Maintenant que je suis de retour au pays je vais entamer un projet de cinq vidéoclips qui sortiront au début de l’année prochaine. C’est avec leur sortie que l’album connaitra une réelle reconnaissance. Personnellement, je pense qu’il faut au moins deux ans pour permettre à un album de se faire la part belle.

Steven Sogo (www.akeza.net)

Steven Sogo (www.akeza.net)

Landry M. : Est-ce que tu n’as pas peur de ne pouvoir atteindre  avec les clips de cet album  la qualité et l’innovation que tu avais avec ceux du  1er album Il est beau mon pays ?

S. Sogo : Plus on évolue, plus on se rend compte de ses erreurs du passé et on s’améliore. Je pense que mes prochains clips seront de loin meilleurs que les premiers. Je fais mes recherches. Le Burundi est un pays riche de beautés naturelles  sur presque tout le territoire. Ceux que j’ai montrés dans mes premiers clips n’en sont qu’une partie et que je vais pouvoir en montrer une autre avec mes nouveaux clip vidéos.

Landry M : Depuis un certain temps, tu vas te produire de temps en temps en Europe. Est-ce que cela signifie que la musique burundaise est entrain de trouver une issue de sortie ?

S. Sogo : Je pense que la musique burundaise est entrain de se frayer un chemin comme toutes les musiques africaines .Je croise beaucoup de chanteurs africains dans les festivals en Europe .Donc, c’est vrai que la musique burundaise avance. Toutefois je suis encore le seul à sortir du pays pour tourner à gauche à droite. Pour que la musique burundaise ait une réelle reconnaissance, elle a besoin de plus d’un chanteur. Si nous étions comme quatre ou cinq groupes, ce serait mieux. 

Au milieu, Steven sogo (www.akeza.net)

Au milieu, Steven sogo (www.akeza.net)

Landry M. : Qu’est ce qui empêche à la musique burundaise d’avoir quatre, cinq, huit ou dix chanteurs constamment en tournée à travers le monde ?

S. Sogo : En fait, on a besoin de managers. Pour commencer, il faut (que nos chanteurs aient de bonnes chansons pour les attirer. J’ai du respect pour toutes les musiques, mais je respecte encore plus celles qui s’exportent, des musiques nanti d’originalité, de nouveauté. Dans les festivals, ils ne recherchent pas ce qu’ils n’ont pas. Donc si ta musique a quelque chose que la leur n’a pas, ils ne peuvent que faire appel à toi. Voilà pourquoi c’est toujours bien d’avoir une identité culturelle dans sa musique.

Steven Sogo sur scène (www.akeza.net)

Steven Sogo sur scène (www.akeza.net)

Landry M : Il ne reste que leur nom d’un bon nombre  des chanteurs de la première génération. On ne saurait retrouver un quelconque héritage venant d’eux. Que prévois-tu pour éviter qu’il n’en soit de même pour toi ?

S. sogo : C’est une très bonne question. Heureusement pour moi que je suis encore en vie. Je suis encore jeune, j’ai encore beaucoup d’énergie, alors je travaille beaucoup. Mon objectif est de faire connaitre mon nom partout au monde. Mon second objectif et de venir en aide à d’autre chanteurs, leur apporter mon soutien. Je ne pense que la meilleure façon de pérenniser son nom et de laisser quelque chose qui te survivra. J’aimerais ouvrir les portes de la scène internationale à d’autres chanteurs burundais.

Landry M : Dans d’autres pays, la notoriété se traduit par une fortune répartis en propriétés, bâtiments, véhicules, comptes en banques, etc.  A quand cela au Burundi ?

Steven Sogo avec le trophée de la SICA 2009 (www.akeza.net)

Steven Sogo avec le trophée de la SICA 2009 (www.akeza.net)

S. Sogo : C’est une étape difficile à atteindre. Nous avons tout de même besoin de travailler énormément. En général, pour qu’un artiste gagne assez d’argent, il faut qu’il arrive à séduire une grande société. S’il arrive à endosser leur marque durant une année ou plus, là il peut vraiment gagner beaucoup d’argent. L’autre possibilité est de se trouver un grand label, quelque chose comme SONY qui peut faire de toi un géant. Ce sont des maisons qui ont un marché énorme. C’est vrai qu’aujourd’hui eux aussi sont très touchés par le piratage surtout via internet, mais ils peuvent encore faire beaucoup pour un chanteur. Si par exemple ils vendent deux millions de copie d’un album et qu’ils reversent ne fut ce qu’un dollar par cd vendu, ca fait deux millions de dollars dans ton compte, c’est beaucoup d’argent. Ce sont les deux possibilités majeures. Enfin tout grand artiste fait des tournées, des festivals, mais pour ce cas, l’artiste dépense beaucoup, donc même s’il gagne, ce n’est pas comme pour les deux premières options.

Landry M : la majorité de nos chanteurs capables de faire du live gagnent essentiellement à travers les karaokés.  Toi qui a voyagé, est-ce le cas ailleurs ? Est-ce une bonne chose ?

S. Sogo : Pour un chanteur très célèbre, faire trop de karaokés, ce n’est pas bien. Mais un chanteur, c’est comme un pasteur. Les musiques se consomment constamment. Les idées que véhiculent nos chansons aident beaucoup de gens. En plus, les musiciens doivent rester en activité, pour ne pas perdre leur doigté, leur créativité. Peu importe combien d’argent il a, un artiste a besoin de jouer au moins une fois la semaine. Par exemple Youssou N’dour est un grand artiste, un multimillionnaire, l’un des plus grands patrons du Sénégal, mais c’est quelqu’un qui n’arrête pas, il joue en karaoké chaque semaine. bien sur il s’autoproduit et se produit dans sa propre boite. Ce qui compte le plus, c’est d’avoir un rendez-vous hebdomadaire avec son public.

Celle-ci n’est que la première partie de notre interview avec Steven Sogo . Nous publirons la  2è partie.

Propos recueillis par Landry MUGISHA

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3 thoughts on “Steven Sogo parle de sa carrière et de musique burundaise

  1. rodrigue-boinic

    Slt slt pourquois vous ne change pas ou ajouter les music sur le site?

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