Sport : Les femmes burundaises décident d’élever le débat

Sport : Les femmes burundaises décident d’élever le débat

Le Comité National Olympique(CNO) a organisé jeudi 3 octobre 2019 un forum national des femmes dans le sport. Il s’agit d’un cadre d’échanges qui a réuni une cinquantaine de femmes issues des différentes fédérations et associations sportives à travers le pays. Des cérémonies qui ont vu la présence de la Première Dame de la République du Burundi Denise Nkurunziza.

Au Burundi, la participation des femmes dans les instances sportives de prise de décision est seulement de 30%, dit Lydia Nsekera, la présidente du Comité National Olympique, qui était l’une des panelistes de cette riche activité. Pour dire que la gent féminine est très minoritaire dans le monde sportif. Ce qui par conséquent entrave le développement du sport féminin au Burundi par manque de représentation.

C’est pour cette raison que la commission Femme et sport du CNO a organisé ce rassemblement pour discuter sur l’état du sport féminin au Burundi. De là, cette commission en a profité pour présenter à l’audience (à grande majorité féminine) son plan stratégique biennal (2019-2021), garantissant l’équité à tous les niveaux du sport au Burundi. Ceci dit, en mettant l’accent sur les actions à mener afin d’augmenter le nombre de femmes qui pratiquent le sport ainsi que la production des officiels techniques, administratifs et dirigeants féminins dans le sport.

Ce plan qui se veut innovant s’articule autour de 4 axes. Lesquels ont convergé toutes les discussions et présentations de la journée. Entre autres : la promotion de l’éducation pour contribuer à modifier l’image et le rôle de la femme et ainsi réduire les stéréotypes de genre à travers le sport au Burundi ; la lutte contre les violences liées au genre dans le mouvement sportif burundais ; l’augmentation du nombre de femmes en tant qu’entraîneurs/arbitres/coach, administratives et dirigeantes sportives au Burundi et l’implication des médias dans la promotion du sport féminin au Burundi.

« Vers une participation à 50%…»

Lydia Nsekera indique que ce plan comporte 2 volets. « D’une part, sensibiliser les femmes et filles à pratiquer le sport pour celles qui le peuvent et d’autre part, les encourager à se faire élire dans les organes de prise de décision du sport pour influencer. Nous voulons que d’ici 2021, on puisse atteindre 50%. Il faudrait qu’elles aient confiance en elles et qu’elles aient la détermination et le courage parce que cela demande des efforts ». Des propos qui s’inspirent de l’Agenda Olympique 2020 mis sur pied par le Comité International Olympique (CIO). Lequel se lance le challenge d’atteindre la participation de 50% des femmes dans les Jeux Olympiques.

Avant d’élucider sa pensée sur le sport, la Première Dame Denise a pris soin de raconter son amour pour le volleyball, son ancien sport du lycée. Puis, elle a salué le niveau du sport féminin au Burundi, qui, selon elle, est en train de progresser petit à petit. Toutefois, elle appelle les filles et femmes à surmonter la peur et le complexe parce que cela détruit. Par ricochet, ne permet pas d’exhiber son talent. « Les parents devraient encourager leurs enfants à pratiquer le sport. Celui-ci peut te développer et te placer à un autre niveau, relevant le cas de l’athlète internationale Francine Niyonsaba ».

A côté de la question du genre, le sport des personnes à handicap(Handisport) a aussi fait débat. Chantal Ndayongeje, secrétaire générale du Comité Paralympique a fait part des conditions déplorables des personnes à handicap en soulevant la sous-estimation et le manque d’infrastructures appropriées.
Ce fut un moment de riches témoignages poignants sur les conditions de la femme dans le sport. Du handisport à la séropositivité, les femmes sportives se sont exprimées et ont partagé leurs expériences en montrant à quel point le sport leur a aidé à sortir de leur zone de confort, à combattre certains stéréotypes, compte tenu de leur physiologie.

 

Fleurette HABONIMANA

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