Santé : Non ! L’infertilité n’est pas un problème féminin

Santé : Non ! L’infertilité n’est pas un problème féminin

Madame Denise Nkurunziza, Première Dame de la République du Burundi et Présidente de la Fondation Buntu ©Akeza.net

Idée reçue ou simple conception culturelle, l’infertilité dans un couple a presque toujours été imputée à la femme. De nombreuses cultures considérant la femme qui ne conçoit pas comme seule responsable de cette situation. Pour mettre fin à cette idée reçue qui donne lieu très souvent à une stigmatisation systématique des femmes, la Fondation Buntu en partenariat avec la Fondation Merck ont tenu un atelier de formation à l’intention des professionnels des médias ce mercredi 20 mars à l’hôtel Royal Palace; en vue d’initier les journalistes et autres professionnels du secteur à la sensibilisation sur l’infertilité.

 

L’infertilité n’est pas une affaire féminine

Ouverte par Madame Denise Nkurunziza, Première Dame de la République du Burundi et Présidente de la Fondation Buntu, cet atelier de formation avait pour premier objectif de fournir les informations de base sur l’infertilité.

Au cours de son exposé, le docteur Sylvestre Bazikamwe, gynécologue obstétricien, a dressé un tableau assez complet de l’infertilité, ses causes et sa prévention. La première information que l’on pourra retenir de son intervention est que, contrairement aux idées reçues, l’infertilité n’est pas une exclusivité féminine. En effet, la gente masculine peut également souffrir d’infertilité. Une infertilité qui comme pour les femmes peut être causée par de nombreux facteurs. Des facteurs qui le plus souvent font partie de notre quotidien et dont nous semblons ignorer l’impact.

Docteur Sylvestre Bazikamwe ©Akeza.net

Parmi ceux-ci nous citerons la malnutrition ou les déséquilibres alimentaires, la consommation d’alcool, de tabac et de drogues, l’exercice physique intense, les IST (Infection Sexuellement Transmissible) et le VIH. Des dangers auxquels hommes et femmes sont exposés et qui peuvent être prévenus, pour autant que les populations soient informées sur le sujet. Une responsabilité partagée qui requiert la participation de tout le monde. « Les femmes ne devraient en aucun cas être stigmatisées en cas d’infertilité d’un couple car il se pourrait qu’elles n’en soient pas la cause », a mentionné le Docteur Bazikamwe.

L’un des moyens de lutter contre cette stigmatisation est de sensibiliser les hommes et les femmes au dépistage. Celui-ci permettra de desceller les problèmes et de trouver les solutions vu que beaucoup de cas d’infertilité peuvent être soignés.

 

Les médias en acteurs de choix dans la sensibilisation

Pour permettre aux populations de disposer d’informations adéquates sur l’infertilité, ses causes, sa prévention et même son traitement, les professionnels de la santé et autres organisations œuvrant dans ce domaine ont besoin des médias.

Les médias devraient mettre plus d’effort dans la diffusion d’informations sur le sujet. C’est ce que préconise Mme Pascaline Biduda, Rédactrice en chef du journal « Le Renouveau », dont l’exposé portait sur l’état des lieux de la sensibilisation sur les questions liées à l’infertilité. En effet, la majorité des médias burundais occulte la question dans leurs émissions et articles sur la santé.

Mme Pascaline Biduda, Rédactrice en chef du journal Le Renouveau ©Akeza.net

En acteur d’influence de la population, les médias ont un rôle de choix dans la sensibilisation. En fournissant à la population des informations suffisantes sur l’infertilité ils permettraient de lutter efficacement contre la stigmatisation des femmes et des couples infertiles.

« Nous avons besoin de vous pour faire parvenir l’information au plus grand nombre. Votre contribution est importante dans la lutte contre la stigmatisation de femmes pour ce qui est de l’infertilité », a ainsi martelée la Première Dame de la République dans son discours de clôture.

Il est important de signaler que cet atelier de formation entre dans le cadre de la campagne « Merck, plus qu’une mère » initié par la Fondation Merck et dont la Fondation Buntu est l’exécutant au Burundi

 

Moïse MAZYAMBO

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