Santé : «Gutwaririza», qu’en disent les médecins ?

Santé : «Gutwaririza», qu’en disent les médecins ?

Santé : «Gutwaririza», qu’en disent les médecins ? ©DR

«Gutwaririza» est l’un des symptômes d’une femme enceinte. Parmi les premiers signes de la grossesse, on citera l’absence d’un ou plusieurs cycles de menstruations, des nausées ou des vomissements. A part un excès de salive («irekwe») et une aversion de certains aliments (« guhura indya ») plus fréquents chez la femme enceinte, «gutwaririza » est, le plus souvent, une envie pour certains aliments ou certaines choses.

 

Tandis que la grossesse évolue, on voit l’apparition des signes  internes, externes et psychiques comme des maux de tête, un excès de salive, des brûlures d’estomac, une poussée d’acné,  la fatigue, une perte d’appétit ou un appétit difficile à contrôler, une sensibilité à certaines odeurs, de l’irritabilité, des problèmes de sommeil, un stress occasionné par la venue du futur bébé, etc.

Dr Ladislas Ntahontuye indique  que, scientifiquement, en médecine, on n’étudie pas la situation d’« ugutwaririza » sauf une maladie qu’on appelle «vomissement gravidique» qui pousse les femmes enceintes à consommer seulement ce qui est apetissant pour elles. Il ajoute: « Gutwaririza arrive souvent aux femmes enceintes. Il y a celles qui ont même une envie de choses inconsommables comme le charbon (amakara), les habits, leurs maris, etc.»

 

Que disent les gynécologues-obstétriciens à propos d’« ugutwaririza » ?

D’après le gynécologue-obstétricien Dr Déo Ntukamazina, « gutwaririza » est d’ordre physiologique. Il est dû aux hormones de la grossesse qui se propagent et changent tout dans l’organisme. Du point de vue psychologique, il dit que « gutwaririza » est dû à des craintes de risques, un désir exagéré de la grossesse,…

Le gynécologue-obstétricien Dr Dieudonné Niyongabo affirme aussi que « gutwaririza » est d’ordre physiologique et explique: « Une femme enceinte peut vouloir consommer, de façon exagérée, amakara (le charbon) ” ou ivu (la poussière).  Selon certains scientifiques ces derniers seraient riches en sels minéraux dont l’organisme aurait besoin suite à la grossesse, laquelle augmente les besoins de l’organisme de la femme».

Il renchérit : « Pour l’aversion des aliments (cas des légumes par exemple), les scientifiques ont trouvé que ces aliments auraient des substances qui pourraient attaquer l’embryon. Dans les légumes, il y a des substances chimiques qui tuent les insectes ou les refoulent pour protéger les plantes. Et quand la grossesse est trop jeune le poids de l’embryon est comparable à celui d’un insecte. D’où ces substances chimiques pouvant faire mal aux insectes pourraient aussi faire mal à l’embryon. C’est pourquoi la femme enceinte a tendance à éviter les légumes sans savoir pourquoi ». Il signale que tout cela est induit par les hormones de la grossesse.

Pour le côté psychologique, Dr Dieudonné Niyongabo confie que «gutwaririza» est plus visible chez les femmes citadines ayant une vie plus ou moins aisée que chez les femmes paysannes aux moyens précaires. « C’est aussi plus visible chez les femmes à tendance hypochondriaque qui ont l’habitude de se sentir malades souvent sans qu’elles soient vraiment malades. C’est le même cas pour les femmes qui étaient anorexiques, qui avaient des caprices pour s’alimenter », a-t-il ajouté. Il a précisé que les autres le font sans le savoir pour réclamer l’affection des maris, des familles qui les entourent parce qu’elles en ont besoin.

Selon toujours Dr Dieudonné Niyongabo,  son propos découle d’observations et d’hypothèses basées sur des arguments scientifiques. Il mentionne que « gutwaririza» est l’un des  symptômes qui sont propres uniquement à l’espèce humaine et qui est parmi les signes apparaissant au premier trimestre de la grossesse.

Pour lire plus de symptômes d’une femme enceinte:

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=symptomes_grossesse_pm )

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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