Santé : Café de presse sur les méfaits des drogues et autres stupéfiants

Santé : Café de presse sur les méfaits des drogues et autres stupéfiants

Après un atelier de sensibilisation sur les méfaits des drogues en juillet dernier, la Fédération Nationale des Acteurs non Etatiques intervenant dans le domaine de la Santé (FENAS) a organisé un café de presse sur le même thème le vendredi 25 octobre 2019. Benjamin Nicayenzi, vice-président de FENAS a commencé son discours aux journalistes présents avec ces mots : « Nous avons essayé d’inviter autant de médias œuvrant au Burundi parce que ces derniers ont une voix qui va plus loin. Nous voulons que vous, les journalistes, soyez des porte-flambeaux afin que la question de drogues au Burundi soit une préoccupation de tout le monde ».

Exposant sur le thème « Les effets de la consommation des drogues sur la santé», Docteur Rosette Hatungimana a énuméré les différents facteurs de risques liées à la consommation de drogues à savoir le manque d’encadrement et de supervision, une faible communication dans la famille, l’absence des marques d’affection, la pauvreté relationnelle, les conduites indésirables, les mauvaises habitudes, une mauvaise intégration (dans les écoles à régime d’internat), la présence des expériences négatives, la perception négative des jeunes à l’égard de leur milieu et bien d’autres.

Elle a longtemps exposé sur les conséquences de la consommation de drogues notamment la dépendance, les hallucinations, la dépression, la perturbation de la grossesse (avortement) pour les femmes enceintes ou la mise au monde d’un enfant débile ou encore ayant des malformations, les suicides, les viols, …
Entre autres manifestions des symptômes d’une personne accro aux stupéfiants, un drogué peut avoir des vertiges et nausées, des paniques, de l’infécondité, de la déshydratation, …

Pour sa thèse doctorale en médecine, elle a fait une étude sur 264 jeunes du quartier II de la zone Ngagara. Ces jeunes ont énuméré différentes raisons qui les poussent à prendre de la drogue notamment l’influence des autres, le manque de suivi parental, la mort d’un proche, les déceptions, le chômage, les disputes familiales, les incarcérations…

La consommation de drogue cause par conséquent des oublis, la folie, les hallucinations, l’agressivité, la délinquance, la déviance sociale (abandons scolaires) …
Docteur Rosette Hatungimana indique qu’il y a différentes méthodes pour guérir un drogué : la thérapie psychologique, la désintoxication par des médicaments (la Méthadone, qui est un médicament de substitution aux autres drogues causant la dépendance), suivre le traitement avec l’objectif de ne pas prendre des drogues, éviter les situations à risques (les boîtes de nuit), etc.

« Il y a ceux qui pensent qu’un drogué n’est pas un malade alors que la consommation des stupéfiants est une maladie essentiellement sociale », déplore-t-elle à la fin de son exposé.
Sur une question par rapport à la relation entre la « drogue » et « l’alcool », elle explique : « L’alcool est une drogue licite. D’où il est conseillé d’en consommer avec modération. Si on abuse, les répercussions sont presque les mêmes que pour les stupéfiants ».

« Pourquoi alors les effets de la consommation de drogues touchent plus les jeunes que les adultes » ? lui demandait-on. « Un adulte est conscient car son cerveau est mature. Ses organes aussi ne sont pas touchés facilement pas les toxines. Mais pour les jeunes, ce n’est pas le même cas. Certains sont leurrés par la curiosité (guhonja, kwumviriza) et ne parviennent plus à arrêter».

Petit clin d’œil aux mamans : « Les mamans qui boivent quand elles sont enceintes s’exposent à mettre au monde des enfants incapables d’apprendre. Les bébés peuvent naître aussi avec une addiction à l’alcool. Donc, il est strictement déconseillé de prendre de l’alcool aux femmes enceintes ».

La FENAS se dit fière d’avoir réussi à faire accepter le plaidoyer en rapport avec la Méthadone. « Nous avons plaidé auprès de l’OMS pour que la méthadone soit parmi les médicaments essentiels et nous avons eu gain de cause. L’étape suivante est de l’introduire au Burundi », nous dit le vice-président de la FENAS.

La FENAS regroupe différentes associations sur la santé comme A.LU.MA, FVS AMADE BURUNDI, ANSS, RPB+, Service Yezu Mwiza, APRODEM, ICW, et d’autres. Elles sont au nombre de seize.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

 

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