Respect pour les morts : Une superstition, des regrets ou juste une obligation sociale ?

Respect pour les morts : Une superstition, des regrets ou juste une obligation sociale ?

Dans la culture africaine, on remarque tout un tas de rites et traditions qui accompagnent les défunts  dès le moment où ils rendent l’âme et pouvant s’étendre sur de longues périodes après l’inhumation (une année voire plus chez nous). Lorsque les proches, amis et connaissances du disparu apprennent la triste nouvelle, ils font tout ce qu’ils peuvent pour participer aux veillées mortuaires qui durent parfois jusqu’à tard dans la nuit, ils apportent leur soutien financier et matériel à la famille en deuil, et ils organisent toutes les démarches relatives à l’enterrement.

Les derniers souhaits du défunt sont suivis à la lettre et dans le cas où ce dernier doit être enterré dans son village natal, des convois interminables l’accompagnent jusqu’à sa dernière demeure. Cette personne qui est morte se retrouve tout à coup avec beaucoup plus d’ « amis » qu’elle n’en a jamais eus de son vivant. Les gens qui n’ont pas eu le temps d’aller lui rendre visite pendant ses longs mois d’agonie à l’hôpital, trouvent subitement le temps pour passer des heures et des heures dans les veillées mortuaires. Ceux qui ne savaient même pas où elle habitait, retrouvent facilement le chemin qui mène chez elle. Sa famille dépense des sommes folles dans la construction d’une belle sépulture et des tonnes de gerbes de fleurs qu’elle n’aura pas reçues durant toute sa vie lui sont offertes.

Mais alors, toutes ces démonstrations d’attentions et de respects pour nos disparus découlent-elles d’un amour pur qu’on leur  porte depuis toujours ou s’agit-il d’une pure superstition ? Après tout, certains peuvent se dire qu’il vaut peut-être mieux tout faire correctement afin que les esprits des disparus ne viennent les hanter par après. Pour d’autres, il peut bien s’agir de regrets qui les accablent. Ils se disent que puisqu’ils n’ont pas pu témoigner leur amour et leur attachement avant la mort, c’est la dernière chance qui leur est offerte et ils la saisissent et s’investissent corps et âmes à rendre ce dernier voyage vers l’au-delà le plus beau possible. Il existe cependant une dernière catégorie d’individus qui vont juste agir par rapport aux obligations sociales en contribuant pour ainsi entretenir une bonne image dans la société ; mais surtout en se disant que c’est un genre d’investissement social pour le jour où leur tour viendra.

En fin de compte, et si on commençait à prendre soin des personnes qui nous sont chères, à investir par des gestes simples d’attention dans la vie de nos amis et connaissances tant qu’ils sont près de nous ? Cela nous éviterait certainement de tomber dans les vieux clichés et le monde deviendrait peu à peu meilleur chaque jour grâce à nous.

Inès  IRAKOZE

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