Rencontre avec Reynolds BUTARI, l’invité vedette de l’émission ‘’NOMUKURAHE’’

Rencontre avec Reynolds BUTARI, l’invité vedette de l’émission ‘’NOMUKURAHE’’
Reynolds Butari (www.akeza.net)

Reynolds Butari (www.akeza.net)

D’une certaine allure en évoquant la question de  l’amour, Reynolds BUTARI est omniprésent sur les différents plateaux relatant l’amour avec grand A. Nombreux sont les couples  au point de divorce qui sollicitent ses conseils.  Reynolds BUTARI a acquis sa notoriété à travers la Radio Publique Africaine , au micro de notre confrère Gilbert NIYONKURU dans son émission NOMUKURAHE « Où (le, la) trouver  (la bonne compagne) ?

 Pour en savoir plus sur cet homme devenu célèbre grâce à son doigté sur la ‘’très difficile’’ questions des relations amoureuses, Akeza.net s’est entretenu avec lui.

 

 

Akeza.net : Bonjour Reynolds. Une petite présentation à nos lecteurs ?

 

Reynolds BUTARI : la question est un peu difficile, mais je vais me définir par ce que je fais. Je suis représentant légal d’une asbl « Burundi Counseling Center »,notre travail est de faire des thérapies conjugale ,familiales , enseigner aux jeunes les différents aspects de la vie pour mieux les équiper émotionnellement et intellectuellement aux défis que pose la vie adulte et notre société .Nous faisons cela à travers des participations au sein des émissions Radiophonique ,à travers des centre d’écoute etc.

 

Akeza.net : A en juger par tes interventions, tu manies avec une certaine aisance la question de l’amour. C’est naturel ?

 

Reynolds BUTARI : Non,  pas du tout .J’ai commencé à m’intéresser à ces questions a chaque fois qu’on entendait parler d’un autre couple qui a foiré.

A chaque fois qu’on allait dans une cérémonie de mariage, on nous racontait que la mariée couchait avec d’autres personnes, et vice versa .Je me disais que les gens avaient besoin d’un conseiller conjugal car il me semblait que notre société avait perdu tous ses repères .Je me suis mis alors à faire des recherches sur internet, lire des bouquins de psychologie, de sociologie, à interviewer les bashingantahe, à fréquenter les tribunaux de résidence, etc. Tout ça m’a aidé à comprendre le phénomène. Après à l’université, j’ai écrit mon travail de mémoire sur l’apport du sentiment amoureux au sein d’un couple vivant en milieu urbain, un couple monogame bien sur.
Akeza.net : Depuis quand êtes vous au secours des cœurs brisés ?

 

Reynolds BUTARI : J’ai commencé à Kigali au Rwanda début 2010 où j’avais un petit stage à la Gtz. Comme je finissais tôt vers 16h, je faisais un peu de thérapie pour occuper mes temps libres et me faire un peu d’argent par la même occasion. Au début mes clients étaient seulement des couples mixtes (blancs/ noirs, indiens/noirs, etc..) et des expatrié vivant à Kigali qui avaient de petits problèmes d’adaptation. J’ai des souvenirs très amusants de l’époque (rires). Comme études,  j’ai fait le service social et développement communautaire, option counseling.

 

Akeza.net : D’autres vous prennent pour un tombeur plutôt qu’un charitable sauveurs de couples.  Qu’en dit Monsieur Reynolds ?

 

Reynolds BUTARI : (Rires) Franchement ça me flatte beaucoup. Je pense que des fois les gens veulent juste avoir de quoi dire sur quelqu’un et après ils te sortent un truc pareil ! Tu connais les burundais « basiba kurima ntibasiba kuvuga » et le truc de bien argumenter la conversation (rire).

 

Akeza.net : Tu arrive à vivre de ton travail ? D’autres personnes devraient-ils envisager d’embrasser ton métier ?

 

Reynolds BUTARI : Disons que pour le moment je « survie » de mon travail. Mais ça rapporte plutôt bien, j’arrive à avoir un niveau de vie décent sans toutes fois mendier auprès de ma famille (rires).Les gens sont plutôt généreux et réglos. J’ai quelques clients de la diaspora burundaise, ce sont de très bon payeurs.Avec eux ,  on fait nos thérapies sur skype.

J’ai aussi gardé certains clients de l’époque de Kigali (toujours sur skype).Je dirais que les clients à influence occidentale comprennent plus facilement notre travail.

Les nouveaux clients que j’ai viennent sont attirés par le bouche à oreille. Certains autres m’ont entendu à la Radio .Il y a un très bon créneau à prendre ici parce que notre société aspire au changement et les gens ne veulent pas répéter les erreurs faites par nos ainés. Et disons que la mentalité ancienne des burundais qui se voulaient tous des supermen qui n’ont besoin de personnes est passé en mode où les gens reconnaissent notre utilité, et viennent vers nous comme ils iraient chez un mécanicien à Buyenzi pour La réparation de leur voiture ou auprès d’un dentiste, d’un plombier…
 

Akeza.net : D’aucun se plaignent que tu uses beaucoup trop de ton franc parler lorsqu’il s’agit de questions tabous. Des gens trop sévères peut être ?

 

 

Reynolds BUTARI : Franchement mettez-vous à ma place. Des fois je n’ai pas le choix. D’un côte ils exigent de toi que tu dises la vérité sur certains sujets et après ces mêmes personnes te disent que tu blesses certaines sensibilités. Tu sais on ne peut pas plaire à tout le monde, c’est juste impossible. Mon but est d’aider autant que je peux .Et c’est vrai qu’au passage, il nous faut détruire certains mythes qui ne protègent personne alors qu’ils  détruisent plutôt les fondations même de notre société. Puis après, peut être qu’ils ont raison. Mais ce n’est pas pour blesser que je parle comme ça. Ça vient plutôt d’un besoin d’être sincère, une qualité plutôt rare dans notre pays. Pour moi, c’est un mal nécessaire. Si on veut résoudre certains problèmes, il faudra en parler. Si non je ne vois pas alors comment on va  résoudre des problèmes sans en parler. On ne peut pas continuer à poser les mêmes actions tout en espérant un résultat différent. C’est la pire des aliénations mentales. Il faut que cette mentalité change si on veut que les choses ne restent pas telles qu’elles sont. Il faut mouiller sa chemise comme on dit.

 

Akeza.net : Parlez-nous de ton entrée dans l’émission « Nomukurahe? ».Comment vs ont ils trouvé ?

 

Reynolds BUTARI : Je ne sais pas par où commencer. A une époque de ma vie, vers fin 2007 jusqu’au début 2009, j’ai été publicitaire à la télé Renaissance, et j’avais donc gardé de bon contact avec le milieu médiatique. Et quand je suis revenu de mon petit stage à Kigali (vers juin 2010) je cherchais à faire valoir mes capacités, je fréquentais souvent le studio audio visuel « Amizero production » et c’est là que j’ai rencontré M. Yves. On a un peu parlé, il était aussi psychologue et en même temps journaliste à la RPA. Il m’a invité une fois dans son émission, et après il a parlé de moi à Gilbert NIYONKURU qui, après avoir fait une petite enquête sur moi m’a appelé pour qu’on partage un verre. On a beaucoup parlé, Gilbert a un don de reconnaitre une potentialité caché, et le mercredi suivant je paraissais pour la 1ère fois dans l’émission « Nomukurahe ». Les gens ont beaucoup aimé, Gilbert aussi, et c’est comme ça que ca a décollé.
Akeza.net : Et maintenant tu es devenu une célébrité. Comment arrivez-vous à gérer cela ?

 

Reynolds BUTARI : Célébrité c’est beaucoup dire. Vous savez à Bujumbura tout le monde connait tout le monde .Sinon c’est vrai que ca fait plaisir quand des gens reconnaissent ma voix et me disent tout le bien qu’ils pensent de moi, c’est très gratifiant .Et puis ça m’aide beaucoup quand j’ai de petits projets, les gens sont souvent bien intentionnés à mon égard ils sont très généreux et me donnent des conseils sur des sujets qu’on peut aborder à la Radio. D’autres me donnent leurs témoignages. Disons que le succès de cette émission a été très surprenant. Souvent je suis étonné quand quelqu’un me dit qu’il écoute régulièrement et me cite des passages de ce que nous avons raconté tel et tel jour .Franchement je remercie Dieu pour ce pas franchi.

 

Akeza.net : On ne t’a jamais appelé Dr love?

 

 

Reynolds BUTARI : (Rires) si si très souvent les gens pour blaguer dès qu’il me voit venir ils font eeeh Dr love ! Surtout quand ils sont bourrés. (Rires).

 

Akeza.net : Une histoire d’un de tes patients qui vous a le plus bouleversé ?

 

Reynolds BUTARI : c’est l’histoire d’une patiente qui croyait qu’elle était encore amoureuse de son ex. Elle en souffrait beaucoup et voulait le récupérer. Au bout de la thérapie c’était une fille transformée, qui joue au tennis, fait de la natation ,a appris à conduire, s’est trouvé un bon boulot,…Bref elle est devenue complètement heureuse et avait carrément oubliée le gars. Maintenant on peut dire qu’elle est équipée émotionnellement pour affronter la vie, tu aurais dû la voir au début, ça ressemblait à un cas désespéré mais maintenant elle est rayonnante de joie de vivre.

 

Akeza.net : Une question qu’on vous a posé, que  vous n’auriez pas préféré qu’on vous pose?

 

 

Reynolds BUTARI : c’est surtout la question de l’usage du préservatif au sein d’un couple marié. C’est très gênant de l’aborder, car on cherche à sauver des clients d’abord, disons leur santé physique, mais au prix de détruire leur relations, c’est aussi difficile de leur dire de se faire dépister même quand ils sont mariés car ça sous entend qu’il y a eu une probable infidélité, c’est une question très difficile à aborder mais nécessaire.

 

Akeza.net : On aurait peut être dû commencer par cette question. Es-tu marié?

 

 

Reynolds BUTARI : Non pas encore. J’y pense vraiment .Je vis en couple avec la mère de mon fils.

 

Akeza.net : Une question que j’aurai oublié de vous poser alors qu’elle te tient à cœur ?

 

 

Reynolds BUTARI : Non vraiment je pense que je me suis lâché, (rires).

 

Akeza.net : Et si quelqu’un sollicitait vos services, où peut-on vous trouver ?

 

Reynolds BUTARI : Ben,  nous avons un bureau au Buja plazza juste à côte de l’entente sportive. Sinon il peut appeler notre chargé de communication au 76 022535. Ils peuvent demander un rendez vs pour une consultation.

 

Akeza.net : Merci de nous avoir accordé cet entretien.

 

Reynolds BUTARI : C’est moi qui vous remercie.

 

Propos recueillis par Armand NISABWE

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