Rencontre avec Maher Al Barwani, l’Omanais qui parcourt l’Afrique à moto !

Rencontre avec Maher Al Barwani, l’Omanais qui parcourt l’Afrique à moto !

Maher Al Barwani ne se déplace que juché sur sa moto. Depuis son pays d’origine, l’Oman, en passant par les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite, il traverse la mer rouge pour rejoindre le continent africain. A travers les réseaux sociaux, Maher se fait des amis qui l’accueillent quand il fait ses stops. Marié et père de deux petites filles, Maher est au Burundi depuis dimanche. Lors de son passage au Burundi, il est passé dans nos locaux pour une interview.

Akeza.net : Pourquoi faire le tour de l’Afrique à moto ? Pourquoi faire un stop au Burundi ?

Maher : Le but est de battre le record pour les voyageurs omanais qui voyageaient avant moi. Je fais ce voyage pour être le premier Omanais à traverser le continent africain à moto. Mais aussi pour avoir une bonne relation entre Oman et le Burundi, pour visiter les familles omanaises qui vivent encore ici depuis quelques siècles. Le but de ce voyage est de voir le Burundi, sa culture, sa beauté et sa façon de vivre.

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Akeza.net : Quand as-tu commencé le voyage ?

Maher : J’ai commencé le voyage le 22 juillet 2017. J’ai traversé les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, le Soudan, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et la semaine dernière je suis entré au Burundi.

Akeza.net : Comment s’est passé l’accueil dans les pays où tu as été ? Quel est le prochain pays sur la liste ?

Maher : Pendant le voyage, j’avais l’impression d’être à la maison. Même quand je suis entré au Burundi j’ai eu le même sentiment. La prochaine étape sera la Tanzanie, puis Pemba, Zanzibar, les Iles de Comores, le Malawi, la Zambie, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud et ensuite je continuerai en Afrique de l’Ouest, Insh’Allah.

Rencontre avec Maher Al Barwani, l’Omanais qui parcourt l’Afrique à moto ! ©Akezanet

Akeza.net : Depuis l’Oman jusqu’au Burundi, combien de kilomètres as-tu déjà parcouru ?

Maher : Eh bien maintenant, j’ai fait environ 14.000Km en presque 6 mois. Le plan est de parcourir 50.000Km et alors je rentrerais à la maison. L’idée est de faire un cercle complet de l’Afrique à partir d’Oman. C’est mon quatrième voyage international, donc c’est mon 38ème pays depuis que j’ai commencé les voyages.

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Akeza.net : Ce genre de voyage coûte énormément cher.  Qui te sponsorise ?

Maher : En ce qui concerne les moyens financiers, je m’autofinance. Mes amis m’ont soutenu différemment, comme pour l’entretien de la moto, le carburant, parfois de l’argent de poche ; d’autres ont écrit des lettres formelles pour montrer dans les ambassades et obtenir des visas. Je veux dire, je reçois du soutien mais pas de soutien financier. Je suis à la recherche d’un soutien financier de mon pays ou de toute organisation ou entreprise qui le souhaiterait. En revanche, j’en parlerai continuellement tout au long de mon voyage pour leur faire de la publicité partout où je passe.

Akeza.net : Mais tu dois être vraiment riche pour financer un tel voyage ?

Maher : Dieu est riche. Je remercie Dieu. Je ne suis ni pauvre ni riche. J’ai économisé pendant deux années pour voyager autour de l’Afrique. Et j’ai reçu le soutien de mes amis dans tous les pays. Ils me donnent un endroit pour dormir, ils me nourrissent, me font visiter leur pays.

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Akeza.net : Avant de venir, que savais-tu de l’Afrique ? Et maintenant que tu as traversé l’Afrique, quelle est ton impression ?

Maher : Je suis venu pour la première fois en Afrique en 1995, je suis allé en Tanzanie. J’ai l’habitude d’entendre que c’est risqué d’aller en l’Afrique. Que les gens ne sont pas utiles, que la corruption est à un niveau élevé, qu’ils pourront me voler mes bagages ou même ma moto. On m’a dit qu’ils pouvaient me tuer. On m’a dit beaucoup de choses. Quand je suis arrivé en Afrique, j’ai roulé sur ma moto, tranquille. J’ai dit ‘je ne veux pas entendre ce que les gens disent’. Quand vous traitez mal les gens, ils vous traiteront mal. Mais si vous êtes gentil avec eux, ils seront gentils avec vous. Depuis que je suis en Afrique, rien de mauvais ne s’est produit, peut-être deux fois, on m’a volé deux téléphones mais je les ai récupérés. Les voleurs ne représentent pas les pays. Je pourrais me faire voler mon téléphone même à Oman.

Maher brandissant le drapeau du Sultanat d’Oman ©Akezanet

Akeza.net : Nous pouvons imaginer à quel point ton pays est fier de toi ?

Maher : Jusqu’à présent, je n’ai pas eu le soutien d’Oman. Ils ne sont pas au courant que je fais le voyage. Ils s’intéressent au football, mais voyager en Afrique à moto est nouveau pour eux. Mais on m’a dit qu’ils cherchent à m’accueillir officiellement quand je retournerai à Oman.

Akeza.net : Dans les rues, comment gères-tu les problèmes pendant votre voyage ? As-tu une équipe qui t’accompagne ?

Maher : Je suis l’équipe moi-même. Je répare tout ce qui n’est pas électronique. J’ai les pièces de rechange, tout.

Akeza.net : Comment est la vie en Oman ?

Maher : D’après mon expérience, Oman est le pays le plus paisible du monde ! Il n’y a pas de terrorisme du tout, il n’y a pas de racisme. Vous savez , ce sont les Omanais qui ont amené l’islam en Afrique de l’Est les premiers , sans verser une seule goute de sang, le plus pacifiquement du monde.

Rencontre avec Maher Al Barwani, l’Omanais qui parcourt l’Afrique à moto ! ©Akezanet

Akeza.net : Un dernier mot ?

Maher : Oui. J’ai remarqué que la plupart du temps, les motards au Burundi ne portent pas d’équipement de protection. J’aimerais voir les motards burundais portant au moins un casque. Vous savez, une personne qui roule en voiture est protégée. A moto, elle est exposée. Moindre erreur, elle se blesse. Un casque est très important. Les gants aussi, car si la personne tombe, les mains vont toucher le sol et risquent d’être blessées. Je demanderais au gouvernement du Burundi de réfléchir à un plan de protection routière des motards.

Les motards doivent aussi respecter le code de la route. C’est irresponsable et suicidaire de rouler à tort et à travers.

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

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