Rencontre avec Albéric NDAYIZIGAMIYE, clé de voûte de l’événementiel au Burundi

Rencontre avec Albéric NDAYIZIGAMIYE, clé de voûte de l’événementiel au Burundi

Rencontre avec Albéric NDAYIZIGAMIYE, clé de voûte de l’événementiel au Burundi ©Akeza.net

Ce n’est plus un secret pour personne, Buja Events, une entreprise d’évènementiel pilotée par Albéric NDAYIZIGAMIYE, s’est aujourd’hui imposé comme le leader de tout ce qui concerne les podiums, la sonorisation, les lumières et j’en passe, pour toutes sortes d’évènement de grande envergure. Alors que les 2 concerts des Sauti Sol approchent à grand pas, nous avons eu un entretien avec celui qui prendra en charge toute la logistique « son, éclairage et scène » pour ces événements qui viennent défier tout ce qui a été fait auparavant. Il nous parle du chemin parcouru, des succès et des challenges rencontrés mais encore plus de la capacité de faire des choses de qualité au Burundi sans avoir besoin d’ importer la logistique nécessaire.

 

Akeza.net : Qui est Albéric ?

Albéric N. : Je m’appelle Albéric NDAYIZIGAMIYE, je suis chef de 2 entreprises qui opèrent ici à Bujumbura, KADESH et Buja Events. S’il y a eu mon nom qui circule dans le milieu de l’évènementiel, c’est parce que je suis dans l’évènementiel depuis 2005. Nous avons avancé doucement avec KADESH, en commençant avec peu de choses notamment la sonorisation et tout ce qui a trait à la fête et aujourd’hui avec Buja Event, nous émergeons petit à petit vers l’évènementiel proprement dit.

Je dirige une équipe de personnes vraiment passionnés par l’évènementiel. Différentes équipes qui sont dans l’éclairage, la vidéo, la sonorisation, les podiums, le catering, en gros tout ce qui va avec l’évènementiel.

Personnellement, je suis marié et père de 2 enfants.

 

Akeza.net : Comment en est-tu arrivé à vaincre l’adversité et te positionner comme l’incontournable dans l’événementiel au Burundi ? Raconte-nous ton parcours…

Albéric N. : Je dirais qu’il y a plus la foi que toute autre chose et je dirai que c’est par la grâce. Vous savez il y a la passion mais il y a beaucoup plus la vocation. J’ai senti ce besoin, j’ai ressenti de la honte – si je peux le dire – qu’un pays comme le nôtre ne puisse pas être indépendant par rapport à du matériel que l’on peut utiliser si l’on veut organiser un évènement.

C’est vrai il y a des choses qui sont difficiles parce que des fois l’on se demande si, avec ce que le pays connait en termes d’évènements, on peut s’en sortir. Il n’est pas toujours facile d’investir et de rêver de choses grandes parce qu’il y a beaucoup d’obstacles. Ce n’est pas facile de trouver des financiers qui peuvent vous comprendre, agir avec vous et vous accompagner. Mais avec cette foi que nous avons et la grâce de Dieu on y parvient, nous arrivons à trouver du matériel de qualité, à percer et à faire à ce que nous ayons une indépendance par rapport à l’évènementiel.

 

Akeza.net : Comment réussir à convaincre les gens de payer les moyens qu’il faut pour avoir droit à ce matériel ?

Albéric N. : Je pense qu’il ne faut pas dissocier ce qui est du pouvoir d’achat. On est un pays qui se cherche avec des artistes et des investisseurs qui se cherchent encore. Lorsque tu fais une chose, il y a un prix mais dans notre cas il ne faut pas considérer le prix mais le pouvoir d’achat, considérer ce que la communauté est capable de payer. Alors les prix que nous donnons ne sont pas par rapport aux prix réels, à ce que l’on devrait normalement exiger par rapport aux prestations mais on essaye de s’adapter à ce que notre communauté peut offrir.

Vous savez, les gens qui ont, dans le temps, importés de la sonorisation des lumières ou des écrans savent exactement ce que cela coûte. Je pense que notre mission a vraiment été une solution pour toutes ces personnes qui ne pouvaient organiser quoi que ce soit, toutes ces personnes qui pensaient qu’organiser un évènement coûtait une fortune. On essaye de s’adapter au pouvoir d’achat de notre communauté. Sinon s’il fallait les convaincre par rapport aux vrais prix, cela serait vraiment difficile.

Et le problème ne se trouve pas seulement du côté de l’offre mais aussi du côté de toutes ces personnes qui pourront nous accompagner et nous assister parce que lorsque vous allez dans une banque et que vous demandez de l’aide pour obtenir des devises ce n’est pas évident. Notre domaine n’étant pas une priorité pour les investissements. Pourtant c’est un domaine qui répond à un besoin important dans la communauté. Non seulement cela permet d’épanouir la communauté mais il est aussi important dans l’encadrement des jeunes. Je travaille moi-même avec une trentaine de jeunes et je pense que cela mérite une assistance, un accompagnement de la part des investisseurs.

 

 

Akeza.net : Avec BUJA Lights Up, tu fourniras toute la logistique « son, podium et éclairage » pour un concert de standard international. Parle-nous de cet équipement…

Albéric N. : J’ai été engagé dans les préparatifs de ces évènements, on les attend impatiemment et on s’est préparé pour cela. On essaye de fournir des efforts et de vraiment être à la hauteur. Pour ce qui est de l’équipement, on aura tout. C’est une occasion pour nous de démontrer que l’on peut vraiment être à la hauteur.

Il y aura 2 concerts, le VIP et le concert public. Pour le VIP, je fournirais toute la mise en place, aussi bien le podium et toute la partie technique mais aussi la décoration, les tables et tout le décor.

Ce sera la première fois que nous travaillons avec 2 consoles numériques. Donc nous aurons une console digitale du côté de la scène qui devrait résoudre les problèmes liés aux retours et tous les autres problèmes que peuvent rencontrer les artistes sur scène. On aura également une autre console digitale pour gérer le son par rapport au public. Nous aurons des écrans, non seulement sur les 2 côtés de la scène mais également un écran de 18m² qui sera en fond sur le podium.

On vient de s‘équiper d’un matériel de qualité vu que ces artistes sont très exigeants et nous avons fait au mieux pour les satisfaire et nous travaillons avec des professionnels dont Bashir DIA qui m’a vraiment accompagné dans les choix etc. Ce sera vraiment un travail de qualité, un travail d’équipe.

Nous allons vraiment donner au public quelque chose de qualité, l’image de ce qui peut être fait localement. Nous travaillons également avec l’équipe kenyane dans une bonne complicité pour avoir de bonnes choses. On s’est vraiment bien préparé pour ça. On sait que cela sera une porte pour nous permettre de montrer que l’on sait faire des choses. Et d’ailleurs il y a déjà des demandes.

 

Akeza.net : Souvent, l’on fait appel à des étrangers pour réussir à avoir une logistique de qualité pour un grand événement. On dirait qu’on n’aura plus besoin de faire ça grâce à BUJA Events…

Albéric N. : Vous savez les goûts sont partagés. Je n’ai pas investi dans l’évènementiel pour qu’il n’y ait pas d’autres personnes qui amène du matériel. Les gens peuvent toujours se fournir ailleurs. Mais pour les personnes qui veulent travailler avec nous, je peux leur assurer que nous avons ce qu’il faut. Personnellement, je ne vois pas pourquoi on importerait du matériel alors que tout peut être trouvé ici. Et même au niveau de la qualité, je pense que l’on offre ce qu’il y a de mieux.

Et même s’il y a encore du travail au niveau des techniciens pour être au niveau du matériel que l’on possède. C’est cela le plus grand défi.

Un autre avantage est le fait que nos prix sont en franc burundais et cela permet aux gens de gagner en argent par rapport à l’importation de matériel où l’on paye en devise. Nous essayons de raccourcir, de faire en sorte qu’organiser un évènement devienne plus ou moins facile. Et nous donnons tout, nous assistons les organisateurs, le client n’a pas à se chercher dans tous les sens. Des choses que nous voyons souvent. Lorsque nous prenons en charge une prestation on s’occupe de tout et cela permet au client d’être assez tranquille.

 

Akeza.net : Quel est votre ambition dans l’industrie des événements sur le court et le long terme ?

Albéric N. : Il y a tellement de choses. Vous savez nous sommes capables aujourd’hui d’organiser un seul grand évènement. Notre ambition est que l’on puisse compter sur nous lorsqu’il y a de grands évènements. Nous voulons avoir tout le matériel possible qui nous permettait de prendre en charge 5 évènements en simultané, nous voulons également être compétitifs, non seulement au niveau régional mais également au niveau international. Nous voudrions que les artistes du monde entier n’aient aucune crainte lorsqu’il s’agit de jouer au Burundi. C’est cela notre ambition.

Nous avons vu venir ce que nous faisons aujourd’hui et nous espérons que cette ambition sera toujours là. Cela demandera 2 ans ou même un an mais nous y arriverons.

Nous désirons également encourager et former les personnes dans notre domaine pour que l » on puisse avancer avec la technologie. Nous préparons des formations sur la sonorisation, l’évènementiel pour que l’on puisse avoir une communauté qui comprenne ce que nous faisons. Réussir dans l’évènementiel n’est pas seulement une question d’équipements mais également toutes les personnes qui travaillent autour et j’englobe les artistes (chanteurs, instrumentistes etc.).

Donc nous aurons l’implication de toutes les personnes pour que nous puissions aller de l’avant parce je pense que l’on ne peut pas réussir si l’on est seul. Donc nous devons avoir tout le domaine réuni pour avancer ensemble.

 

Propos recueilli par Moïse MAZYAMBO

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