RBP+ : sensibilisation des travailleuses du sexe à la protection contre le VIH Sida

RBP+ : sensibilisation des travailleuses du sexe à la protection contre le VIH Sida

Les travailleuses du sexe, durant la formation ©Akeza.net

RBP+ avait organisé une sensibilisation des travailleuses du sexe à l’usage du préservatif en vue de la protection contre le VIH Sida, d’autres maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées.

Quelques dizaines de femmes dans la  »profession » du sexe avaient répondu présent et paraissaient détendues. Mme Espérance, psychologue et formatrice à l’occasion nous en dit plus.

 

Akeza.net: Bonjour Madame. Qui êtes-vous, quel est votre rôle ?

 

Esperance : Je m’appelle Espérance NIJIMBERE. Je suis Psychologue. Je travaille dans RBP+  en qualité de réceptionniste chargée de recevoir  et d’orienter  ceux qui se confient  à RBP+. Parmi  ceux qui se confient  à ce centre, il y en a qui ont le VIH SIDA et d’autres  qui ont fait une «post-exposition» qui cherchent de l’orientation. Si  nous sommes à mesure de  les traiter ici, nous  les traitons. S’il s’avère nécessaire, nous les  orientons vers d’autres centres.

 

Akeza.net :Qu’est-ce qu’une post-exposition ?

 

Esperance :Une post-exposition c’est quand une personne se doute qu’elle aurait été contaminée après avoir fait des rapports sexuelles non protégés. Si c’est avant 48heures, nous le protégeons contre  les maladies sexuellement transmissibles y compris le SIDA. Si c’est une fille ou femme, nous les protégeons aussi contre les grossesses non désirées.

 

Akeza.net :Aujourd’hui, quel évènement avez-vous ?

 

Esperance : Nous sommes en train de sensibiliser les femmes qui ont des rapports sexuels avec plusieurs hommes (travailleuses du sexe) à se protéger contre le VIH SIDA. A part  que la majorité d’entre elles peut  attraper le VIH SIDA, elles peuvent  aussi avoir des grossesses non désirées que beaucoup considèrent comme un « accident ».

 

Akeza.net : Quel est votre objectif ?

 

Esperance : Notre objectif est qu’elles sachent comment se protéger. Deuxièmement, nous voulons qu’elles sachent que leur vie n’est pas en sécurité et qu’elles fassent à chaque fois le dépistage contre le VIH SIDA  tous les trois mois.

Mme Espérance , psychologue , au cours de l’interview ©Akeza.net

Mme Espérance , psychologue , au cours de l’interview ©Akeza.net

Akeza.net : Nous voyons qu’elles sont très nombreuses. Comment  est-ce que vous les avez choisies ?

 

Esperance : Normalement, nous recevons autour de 50 personnes par jour. A propos de l’encadrement, il y a les pairs éducateurs qui collaborent avec RBP+ qui les encadrent chez elles. Si vous les trouvez  éveillées et coopératives, c’est parce qu’elles se connaissent et partagent le métier.

 

Akeza.net : La culture burundaise ne reconnait pas leur ‘’métier’’. Est-ce qu’au niveau de la RBP+ vous voyez qu’elles ont un rôle  dans la lutte contre le VIH SIDA ?

 

Esperance : Nous savons  que dans la plupart des fois la contamination se fait par voie sexuelle. Au niveau de la RBP+, comme nous sommes chargés de prévenir, si nous voyons qu’il y a un groupe cible comme celui-ci par exemple, nous cherchons des approches pour  y accéder afin de l’encadrer.

 

Nous leur apprenons comment quitter, nous leur apprenons comment  créer des AGR. Il y en a qui quittent le ‘’métier’ ’et qui passent nous donner leur  témoignage .Pour celles qui n’ont pas encore quitté, nous les conseillons d’abandonner et nous leur montrons comment procéder.

 

Akeza.net : Avez-vous  des chiffres qui montrent comment la situation en rapport avec le SIDA a changé au cours des  six  derniers mois suite à la crise ?

 

Esperance : Si on se réfère aux informations que nous détenons de nos volontaires dans les quartiers, des  fois ces derniers  sont bloqués dans les quartiers et passent toute la journée sans venir ici prendre les médicaments alors que ces derniers sont en quelque sorte leur vie. Il y a des fois même où ils passent toute une semaine bloqués dans le quartier sans prendre aucun médicament. Vous comprenez  que c’est un problème. Pour les travailleuses du sexe, c’est une période difficile.  Ces derniers temps  elles n’ont pas de clients. Si elles parviennent à avoir  un client,  même si c’est sous les balles, elles traversent car elles ont faim, elles n’ont pas d’autres choix.

 

Akeza.net : y-a-t-il une  amélioration au niveau de la participation ?

 

Esperance : Après ces formations, certaines d’entre elles  nous contactent pour demander un rendez-vous privé. C’est pour une discussion poussée, au cours de laquelle elles s’ouvrent.  Elles témoignent « Les enseignements que vous nous avez donnés nous ont été très bénéfique ».Etant donné que les travailleuses du sexe peuvent  ne pas utiliser de préservatifs, nous les formons en rapport avec les maladies sexuellement  transmissibles. Après il y en a qui  décident de faire le dépistage .Nous avons une ligne  SOS ici qui ne paie pas, elles nous  appellent .Il y a dès fois où nous  recevons 10 appels par jour.

 

Akeza.net :S’il y avait un vaccin, vous ne craignez pas que les gens s’adonneraient à la sexualité sans frein ?

 

Esperance : En tant que psychologue, je ne pense pas que les gens  pratiqueraient la sexualité davantage car  à part le VIH SIDA qui ne guérit pas, il y a d’autres maladies sexuellement transmissibles qui sont très grave surtout chez les filles et femmes car les symptômes se manifestent tardivement.

 

Akeza.net : Nous vous remercions !

 

Esperance : Merci à vous !

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