Raïssa Ingabire : la candidate à MAM2017 déçue par les tambourinaires burundais du Canada

Raïssa Ingabire : la candidate à MAM2017 déçue par les tambourinaires burundais du Canada

Raïssa Ingabire lors de sa prestation à la compétition Miss Afrique Montréal 2017 © Miss Afrique Montréal

Plus d’une semaine après le concours Miss Afrique Montréal  qui lui tenait très à cœur, l’une des compétitrices représentant le Burundi est sortie de son silence. Raïssa Ingabire, candidate à la compétition de beauté Miss Afrique Montréal 2017 revient sur la compétition, l’apport et le soutien de la communauté burundaise du Canada mais aussi sa déception de se voir lâchée à la dernière minute par une partie de son équipe alors qu’elle comptait sur eux pour marquer des points. Une fois n’est pas coutume, la candidate charge les tambourinaires d’Ottawa qui l’ont lâchée à trois jours de l’événement. La charge est musclée. Il pourrait y avoir des étincelles. Pourtant, elle prévient. Elle maintient son propos.

 

Akeza.net : Quelle était ton sentiment quand ton nom n’a pas été prononcé?

Raïssa : J’étais contente et fière. Honnêtement je m’y attendais un peu car je savais que mon passage traditionnel n’était pas à la hauteur. Ce que j’ai présenté comme passage traditionnel le jour du gala  n’est pas ce que j’avais prévu et préparé dès le départ. J’avais prévu d’introduire la fête des semailles qu’on célébrait dans le Burundi ancien au rythme des tambours. Tout était bien préparé. J’avais fait des répétitions avec certaines filles de mon groupe de danse Ishaka et un groupe de tambourinaires d’Ottawa. C’était beau et magnifique à voir. J’avais juste hâte d’exposer ce passage, tellement j’étais fière de ce beau travail. Malheureusement à 3 jours du gala , le groupe des tambourinaires m’a lâché. Il est vrai qu’il est arrivé un incident, mais je trouve que le groupe des tambourinaires n’a pas pris au sérieux leur engagement envers moi, envers le comité de Miss Afrique Montréal et surtout envers le Burundi que j’allais représenter. Malgré l’incident, ce groupe pouvait venir performer avec moi. Je vous laisse imaginer ma frustration. Ça m’a vraiment découragée. Toutefois, je me suis vite reprise pour essayer de trouver autre chose à présenter à la dernière minute. Mais c’était trop tard pour perfectionner un nouveau passage. Du coup, j’ai tout simplement dansé avec trois filles d’Ishaka sur une chanson. À la fin du gala, deux jurés parmi les trois sont venus me parler. Ils m’ont félicité et m’ont dit que mon passage talent show était excellent et la question aussi. Ils m’ont confié que si mon traditionnel était assez bon j’allais être dans le trio gagnant puisque le traditionnel compte beaucoup de points. Alors, je suis sortie de là très fière de moi. Je me dis que si ça s’était déroulé comme je l’avais prévu, il y’aurait eu de grandes chances que la couronne rentre au Burundi. Pourquoi cela, parce que je sais à quel point les tambours du Burundi sont appréciés par les gens d’ici.

 

Lire aussi : Raïssa Ingabire représente le Burundi à Miss Afrique Montréal.

 

Akeza.net : Pourquoi cette sensation de la part du public que l’une de vous (ou toutes les deux) allait gagner?

Raïssa: Pour ma part je crois que c’est à cause de mon passage talent show. Beaucoup de gens m’ont laissé savoir qu’ils avaient aimé ce passage. J’ai même reçu des messages des gens que je ne connais pas me disant «Bravo pour ton talent show». C’est aussi grâce à la question à laquelle j’ai répondu. J’étais honnête et simple dans ma réponse et je crois que les gens ont apprécié cela. Et pour Michèle, son passage traditionnel  était magnifique. Excusez-moi de cette expression : « Elle a déchiré, c’est tout ». Elle a bien répondu à la question aussi. Étant donné qu’on avait assuré dans deux passages sur les trois, je pense que le public s’attendait à ce qu’on soit dans le trio gagnant.

Raïssa Ingabire lors de sa prestation à la compétition Miss Afrique Montréal 2017 © Miss Afrique Montréal

 

Akeza.net : Qu’as- tu tiré de cette expérience ?

Raïssa: Cette aventure de Miss Afrique Montréal m’a beaucoup appris. Elle m’a appris que tout commence par la confiance en soi et le développement de soi. C’est une expérience enrichissante et qui m’a fait grandir en peu de temps. J’ai appris à me faire plus confiance et à me surpasser. Plus encore je me suis fait de nouvelles amies, une nouvelle famille #MAM2017. Je pars de l’aventure avec une petite partie de chaque fille. Elles m’ont marquée à tout jamais.

 

Akeza.net : Comment était la bataille? Que peux-tu nous dire des coulisses?

Raïssa : Apparemment c’était vraiment serré. Personnellement je n’ai pas vu les passages des autres filles car dès que tu finissais ton passage, tu allais directement te changer pour le passage suivant. Par contre, lorsque venait le temps des questions, j’étais dans la salle, on a toutes bien répondu. Du côté des coulisses, ça c’est bien passé. Il y’avait des filles qui étaient stressées et d’autres non. Bizarrement, j’ai  seulement stressé un peu avant mon passage traditionnel et tout le reste j’étais tranquille. Et pour l’ensemble du show, nous avons offert un show extraordinaire, tout le monde en parle.

Raïssa Ingabire lors de sa prestation à la compétition Miss Afrique Montréal 2017 © Miss Afrique Montréal

Lire aussi : Miss Afrique Montréal 2017 : Michèle Bizabishaka, cette autre burundaise qui se lance

Akeza.net : L’appel de soutien que vous avez lancé aux Burundais du Canada, a-t-il été entendu?

Raïssa: Oui et Non. Je m’explique. Le jour du gala, les gens avaient répondu présent. Ils étaient nombreux à venir nous soutenir, même que la salle était remplie. Je tiens à les remercier. Également, tout le long de l’aventure, nous avons reçu beaucoup de messages d’encouragement, ce qui est très gentil de votre part. Par contre, il est arrivé que l’on demande de l’aide, mais qu’on ne nous aide pas. De ma part, j’ai eu beaucoup d’aide venant de ma famille, de mes amis proches, des anciennes candidates burundaises et de Lancelot Sekarimunda, un ami à moi. En revanche, j’étais déçue par les artistes Burundais. Plus précisément, les tambourinaires burundais vivant à Ottawa, Gatineau et Montréal. Quand on fait appel à vous c’est parce que vous possédez un talent qui est un atout dans la culture burundaise. Jouer du tambour devrait être un honneur pour vous, car ce tambour représente notre pays le Burundi. Il ne faut pas nous demander l’impossible comme payer 1500$ CA ou bien nous lâcher à la dernière minute. Vous devriez le faire pour votre fierté et celle de notre pays natal. Je crois qu’on oublie que derrière la candidate burundaise qui se lance dans l’aventure, il y’a la nation burundaise qu’elle représente. Et si jamais, elle gagne, c’est le Burundi tout entier qui gagne puisque le projet humanitaire qu’elle fera va être bénéfique aux burundais qui sont au pays. Alors, je pense que nous devrons arrêter d’être égoïste entre nous les Burundais et s’entraider. Surtout quand il s’agit de quelque chose qui va valoriser et aider le pays. Je suis consciente que ce que je viens de dire là, peut vexer les gens, mais c’est la réalité et c’est mon opinion. Je le dis pour que cela n’arrive pas à une autre burundaise qui se présentera dans le futur.

 

Akeza.net : Crois-tu  pouvoir te lancer l’année prochaine?

Raïssa: Non, j’ai tenté ma chance et ça s’arrête là. Mais, je vais être là pour encourager et aider toutes les burundaises qui vont se lancer. Elles auront mon soutien à 100%. On travaillera fort et ensemble avec les autres anciennes candidates burundaises. Je suis sûr qu’un jour la couronne rentrera au Burundi.

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

Comments

comments