Quand une coiffure idéologique devient une mode au Burundi

Quand une coiffure idéologique devient une mode au Burundi

Photo d’illustration ©Lumina stocksy.com


Les dreadlocks sont l’une des coiffures les  plus populaires au monde. Ils sont connus souvent pour avoir été associés au mouvement des Rastafaris mais également à quelques croyances spirituelles animistes. Cependant, cette coiffure a été adoptée par différentes cultures africaines en l’occurrence au Burundi où elle s’est installée  progressivement comme une mode. Comment cette coiffure est-elle devenue une mode  au Burundi? Les gens sont-ils au courant de ce que ça représentait jadis ?

 

Des origines quelque peu diversifiées

La première existence des dreadlocks connue par les historiens remonte en Egypte antique, où cette coiffure était portée par les membres de la famille royale et des députés. Dans plusieurs cultures, cette coiffure avait différentes connotations parfois religieuses ou encore spirituelles comme une amulette pour se protéger. C’est dans un but similaire que les rastafaris portaient les dreadlocks comme expression de la spiritualité intérieure. Pour eux le mot « dread » veut dire crainte du Seigneur.  Une autre interprétation du port de cette coiffure s’associe à un sentiment de résistance contre les colons en référence au mouvement MAU MAU au Kenya en 1950.  C’est avec  la popularisation du Reggae vers les années 70 que la coiffure est devenue un phénomène de culture globale.

 

Comment cette coiffure est-elle devenue une mode au Burundi?

Joachim, un coiffeur au centre-ville de Bujumbura affirme que les dreadlocks sont entrés au Burundi suite à l’influence des Rwandais et des  Tanzaniens qui s’étaient familiarisés bien avant à la coiffure (hormis la culture du Burundi ancien d’Ubusage). Selon lui, deux raisons principales ont été à l’origine de l’adoption des dreadlocks par les Burundais.  Au départ, il y avait un besoin de passer à une révolution de look  « les gens voulaient une nouvelle manière de traiter les cheveux avec un peu de moyen mais tout en les gardant naturels ».

Ensuite, pour des raisons économiques, par exemple limiter le temps d’aller au salon et  économiser l’argent pour l’entretien de cheveux.  Pour lui il n’y a rien d’idéologique parmi toutes ces raisons. « Si ailleurs les coiffeurs peuvent faire les dreadlocks par conviction, par passion ou pour leur spiritualité, nous le faisons chez nous pour nourrir nos  familles » fait-il savoir.

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Inès, une fille de Bujumbura qui porte ce look sur sa tête depuis 3 ans, affirme que beaucoup ont opté pour la coiffure pour économiser  de l’argent  et ensuite par un besoin de mode  et de distinction.

Bien que le port des dreadlocks  continue à prendre une ampleur non négligeable à Bujumbura, les personnes qui les portent accordent peu d’importance à leur représentation idéologique, pour  la simple raison qu’idéologiquement ce look a une connotation négative et son image s’associe à un Rastafari, qui est perçu comme consommateur de l’opium.

Chris Bruno WANY

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