Quand le transport en commun prend une note de luxe avec « OTRACO »

Quand le transport en commun prend une note de luxe avec « OTRACO »

La fin du mois de Septembre a amené avec elle une nouvelle règle dans le monde du transport en commun; celle de la file indienne selon l’heure d’arrivée. Nouvelle règle qui a été saluée par les concernés. A celle-là maintenant s’ajoute l’achat de tickets pour prendre un bus. Donc avant de faire la queue, le client s’assure d’avoir acheté son ticket et il se pointe au bout de la file tranquille. Depuis hier (3 Novembre), les passagers sont tout émoustillés quand ils pensent que peut-être ils auront la chance de rentrer non pas dans un bus classique mais dans un bus avec un véritable confort couramment appelé « OTRACO ».

Pas flambant neuf mais spacieux et confortable, avec 60 places assises et muni d’un porte bagages avec barre de maintien intégrée, le nouveau moyen de transport qu’est l’OTRACO ne travaille ni dans tous les recoins de la capitale ni à temps plein comme l’aurait souhaité certains. Les habitants du quartier Gikungu ont été les seuls à jouir de ce nouveau joujou qui leur plait comme pas possible. Le nouveau bus ne travaille que le soir en fait vu que très tôt le matin ; ils déplacent les écoliers et élèves, à l’heure du déjeuner ; même chose. Mais puisque le soir il n’y a plus aucun écolier ou élève à transporter, pourquoi rester sans fonction alors qu’il y a des gens qui en ont besoin ?

Apollinaire (nom d’emprunt), chauffeur du nouveau bus, déjà à son troisième tour, se dit heureux d’aider la communauté et de satisfaire leur besoin par la même occasion mais éprouve encore des difficultés quant aux arrêts vu qu’il est encore nouveau « ça faisait un temps que les passagers demandaient un ajout de bus pour faciliter la circulation et maintenant je dirais que cela est en train d’arriver petit à petit. Quelqu’un de derrière peut crier ‘Siguvyaye’ et au lieu de m’arrêter je pouffe de rire puisque je ne maitrise pas encore les noms des arrêts, parle-moi de la route qui mène vers Cankuzo, je te donnerais même le nom de chaque arbre plantée sur la route ».

Les passagers, eux, sont dans une extase infinie lorsqu’ils montent à bord du « gros bus ». Cela se fait sentir dans leurs propos « ça me donne l’impression de voyager à l’étranger », « Qu’est-ce qu’ils attendaient ? » ou même « On dirait un avion ».

Ne pouvant pas contenir sa joie, la dernière passagère a glissé un mot de remerciement « Merci et je peux savoir quand exactement le bus est disponible parce que demain soir j’aimerais prendre le même plutôt qu’un bus ordinaire».

 

C’est à croire qu’un bus de qualité rend les gens polis!

 

Miranda Akim’

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