Quand le Slam au Burundi fait chavirer les cœurs…

Quand le Slam au Burundi fait chavirer les cœurs…

Le slameur du jour Linaupus ©DR

Avec un mélange styles, les slameurs et slameuses du collectif burundais « Jewe slam » ont emporté le public présent à travers quelques rimes et quelques vers. C’était ce jeudi 11 octobre 2018 lors d’une session slam organisé par ce même collectif dans les enceintes de l’Institut Français du Burundi à partir de 17h.

Comme à l’accoutumée le collectif Jewe slam qui réunit pas mal de jeunes slameurs et poètes de différentes nationalités s’est encore produit sur scène pour offrir aux amateurs de cet art la 3ème édition de cette session slam. Cet événement était en deux parties. La 1ère était réservée aux différents slameurs du collectif.  Un effectif de 13 slameurs dont la grande partie était constituée de jeunes s’est succédé sur scène pour déclamer leurs textes avec passion et détermination. Leurs textes avaient comme thème l’amour, la haine, la compassion, le rêve, les droits de la femme, les lamentations, etc.

«Ces 13 slameurs m’ont impressionné, ils sont encore jeunes dans le slam mais ils ont essayé de donner le meilleur d eux-mêmes. Cela m’a donné le courage de continuer à coordonner ce collectif », a indiqué le coordinateur du collectif Adassopo Junior François avec le sourire aux lèvres.  La seconde partie de cet événement était réservée au slameur du jour qui était la tête de l’affiche de cette session slam.

Qu’estce qu’une session slam ?

Il s agit d un nouveau programme initié par le collectif Jewe slam qui présente un slameur sur scène en train de déclamer une panoplie de textes pendant une heure. A ce moment là  c’est lui qui gère la scène. Le coordinateur du collectif, M. Junior a expliqué d’où est venu cette idée : « c’est après une formation que l’on a eu au mois de Mars 2018 avec un slameur Tchadien Didier Lalaye connu sous le sobriquet de Croque mort. C’est ce dernier qui nous a donne cette idée. Il nous a dit que la session slam va nous permettre de se découvrir et de s’affirmer sur scène ». Depuis, le collectif compte à son actif 3 sessions slams.

« Faire voyager le public à travers quelques rimes et vers… »

Tel était l’objectif du slameur du jour Linaupus le limeur qui était la tête de l’affiche de cette session slam. Il s’est surnommé le limeur parce qu’il prend du temps pour polir ces textes, a-t-il dit. De son vrai nom Bulakali Ilunga Jean Paulin, c’est un jeune artiste slameur du collectif qui a commencé le slam il y a de cela 3 ans. Avec des thèmes variés comme l’amour, la tolérance, le patriotisme, la révolte, la liberté, la solidarité, Linaupus a fait voyager le public grâce à la profondeur de ces textes.

Sa prestation était constituée d’une variété d’instrumentales non habituée dans le monde du slam comme le rap, la rumba, le rock,…mélangés à du slam. Il a usé d’un style qui n’a pas laissé le public indifférent durant sa session. Ce dernier n’a pas caché ses émotions : « la session slam était merveilleuse, le slameur du jour a prouvé ce dont il est capable, il a vraiment bossé, cela montre que la jeunesse burundaise est talentueuse », commente Lionnel Laly,actrice et comédienne abonde dans le meme sens :« c’était vraiment émouvant, le slameur du jour a fait chavirer nos cœurs. Il nous a mis à l’aise grâce à ses styles variés, des textes travaillés avec du fond ».

Du côté du slameur du jour, la joie était immense compte tenu du déroulement de la session, il ne s’y attendait pas. Il raconte : « avant la session j’avais le trac parce que j’avais toute une responsabilité qui m’attendait, toute une heure seul sur scène ce n’était pas facile mais j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même et le public a été chaleureux, cela m’a donné du courage ».

A propos du collectif Jewe Slam

Créé le 11 Mai 2017 dans les enceintes de l’Institut Français du Burundi, le collectif Jewe  Slam réunit différents groupes de slam de la capitale, l’objectif principal étant de promouvoir le slam au Burundi. Pour consolider sa notoriété au sein de la société burundaise, une scène slam est prévue chaque deuxième jeudi du mois ainsi qu’une session slam après un mois. Comme l’indique le coordinateur, « le collectif a pas mal de projets futurs en l’occurrence l’organisation des festivals, des concerts, spectacles, etc.… ».

 

Fleurette HABONIMANA

 

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