Pourquoi les hommes se soulagent n’importe où au Burundi?

Pourquoi les hommes se soulagent n’importe où au Burundi?

Admettez que ce soit normal de se poser une telle question, non ? Dans l’éducation que certaines familles burundaises donnent, se soulager sur le mur de ton voisin n’apparait nulle part à ce  que je sache. Il est vrai, uriner est un besoin naturel mais pas n’importe où quand même, un peu de respect!Pourquoi ce comportement?

 

Que celui qui n’a jamais péché, nous lance la première pierre…

Nous ne sommes pas là pour juger, mais pour comprendre. Cette question ne concerne pas que ceux qui se comportent ainsi,  elle nous concerne tous. Je suis certaine que des raisons à cela existent. Je ne serai même pas étonnée que nous en donnions des explications ensemble. Il ne s’agit pas de les défendre non, juste ouvrir un débat. En discutant avec certains hommes, ils me disent que rien n’est plus facile. J’ai du mal à y croire, ils nous bombardent de gaz puants. « La dernière fois, j’étais dans un quartier et j’ai d’un coup eu envie de pisser. Qu’aurais-je fais ? J’avais honte mais je ne pouvais rien faire d’autre », dit le premier. « Tu aurais dû peut être toquer à une porte ? », dis-je sur le coup.  « Ce n’est pas si facile. Je pensais au temps qu’ils allaient faire pour ouvrir à un inconnu, un homme en plus. Je n’aurais pas tenu aussi longtemps », me dit-il. « As-tu visité les toilettes de nos cabarets ? C’est toujours sale. Je préfèrerais milles fois un autre coin. Aller là-bas ? Non merci ! Plutôt que me suicider »s’emporte le deuxième. « Ushobora kuhinjira ukahakura ibikwica », ajoute un autre pour dire « Tu pourras entrer dans ces toilettes et en sortir mourant », finalement le doigt est à pointer sur plus qu’une cause. Et toi, qu’en penses-tu ?

 

D’accord, mais…

Admettons que certains hommes se retrouvent dans cette situation par manque de choix. Cependant, beaucoup d’autres le font parce qu’ils se croient tout permis, ce qui alarme. Ceux-là, ne cherchent plus à se cacher, c’est sans aucune morale,  n’importe où et n’importe comment. Une fierté de le faire peut même se dessiner  sur leurs visages, c’est malheureux. Face à ce comportement irrespectueux, qu’agisse donc la loi ! Cela pourrait peut-être atténuer ces cas.

Ou, ne nous pressons pas de punir, qu’il y ait plus de toilettes publics en ville ou même dans les communes comme c’est le cas à Bwiza par exemple. Une enquête sur l’assainissement de base réalisée par le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida en 2014 montre que seulement 16% de la population burundaise dispose de latrines adéquates, il serait donc temps de reprendre les choses en main.

Toutefois, pour l’instant, qu’une certaine morale nous revienne. Se soulager n’importe où peut cesser. Il suffit que nous le voulions. Ce comportement est loin d’être digne de l’homme. Il  est nocif pour notre santé, ces odeurs nauséabondes doivent cesser. Entre temps, n’y voyez aucune insulte si on refuse votre main en route car après cet acte, personne ne s’empresse d’aller se laver les mains on est d’accord.

Enfin, pensez à tous les enfants qui pourraient vous voir pardieu !

 

Huguette IZOBIMPA

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