Photographie : Francis Giraso nous embarque dans son monde

 

Photographie : Francis Giraso nous embarque dans son monde (www.akeza.net)

Photographie : Francis Giraso nous embarque dans son monde (www.akeza.net)

En cette fin  de semaine, nous vous proposons un entretien avec Francis Giraso, un photographe professionnel burundais qui a répondu avec enthousiasme à nos questions. Sa photographie lui ressemble et il la vit avec une passion débordante comme en témoigne cet entretien.

 

Akeza.net : Parlez-nous un peu de vous !

 

Francis G : Francis Giraso, 28 ans, marié avec un ange depuis bientôt une année. Je suis discret et timide (sauf quand je suis derrière mon appareil photo). J’ai eu une licence en sciences de la communication (en 2010) avant de faire mes premières armes dans une ONG internationale en tant que chargé de la communication. Aujourd’hui je pratique une passion (presque à temps plein) : la photographie.

 

Akeza.net : Comment avez-vous commencé la photographie ?

 

Francis G : Mon Dieu, c’est une longue histoire que je vais devoir résumer. Je ne dirai pas que j’ai commencé. Dans mon parcours, la photo est plus une évolution qu’autre chose. C’est le résultat d’une suite d’évènements. Depuis tout petit, j’adore le dessin tellement que ça va me faire échouer la cinquième primaire. Hasard ou pas on m’avait offert un appareil photo une année plus tôt. L’appareil en question est toujours sur mon ordinateur. Vu le prix que ça coutait de faire développer des films, inutile de dire que je suis vite retourné au cahier à dessin. Mais cela m’a permis de perfectionner une chose : le trait (c’est très important dans toutes les formes d’images, encore plus en photo). Suite à mon échec scolaire, il me sera interdit de retoucher au crayon pour dessiner. Je continuerai à dessiner mais en cachette.

 

Ensuite ce sont les années 2000 et les appareils numérique et internet. Et qui dit appareil numérique dit photo retouchable sur ordinateur. J’ai fait des retouches photo de façon intense (avec GIMP) de 2004 à 2010, date à laquelle j’ai acheté mon tout premier appareil (je travaillais déjà). Depuis j’en suis à mon deuxième et il n’est plus question de faire des retouches à la Photoshop.

 

Akeza.net : Comment décidez-vous des lieux et sujets ?

 

Francis G : Bujumbura n’est pas très riche en lieux. Je suis assez flexible sur ce point. N’importe quel endroit peut être reproduit sur ordinateur. Ce sont mes années GIMP puis Photoshop qui me l’ont appris. Le plus important pour moi, c’est le sujet. Sur une affectation, ce n’est ni le photographe ni le model ni le client qui décident, mais c’est le sujet. Pour faire court, je choisis un sujet, qui tient compte de la nature de ce que je vais photographier et du message qui doit en ressortir. Avec ces deux infos, le reste suit presque automatiquement.

 

Akeza.net : Pouvez-vous nous parler de votre affectation photo la plus mémorable ?

 

Francis G : Je suis passionné par la photo et donc toutes mes affectations sont mémorables. Mais s’il faut en choisir une ce serait… le shooting des photos de Fortran pour son album NTACO NZOBA. Sans vouloir jeter des fleurs à qui que ce soit, lui et son groupe ont été formidables. Je les voyais tous pour la première fois et ils se sont laissés faire sans rien dire. Ils m’ont même traité comme l’un des leurs. Professionnellement ça m’a permis de franchir un pas de plus. J’ai pu grâce à eux vérifier certaines théories sur la photo. C’est aussi la première fois que je laissais quelqu’un retoucher mes photos, et je dois dire que Guy César ne m’a pas déçu. Enfin peut être que c’était l’excitation, mais ce jour-là j’ai cassé mes lunettes et un parapluie. Donc, un shoot mémorable.

 

Akeza.net : En général, au cours d’une session, quel est le nombre de photos que vous prenez pour trouver «la bonne» ?

 

 Francis G : Hummm !!! Demandez à mon disque dur. Je ne les compte presque jamais. Mais je pense qu’il n’est pas rare que j’en prenne 200 ou 300. En fait je suis un frénétique du déclencheur. Ce que je recherche dans mes photos est plus lié à l’ instant. C’est un peu long à dire ici mais certaines choses ne se commande pas même pour le meilleur des acteurs, c’est là que la photo diffère du cinéma.

 

Akeza.net : Et quelle est l’importance de Photoshop dans vos images finales ?

 

Francis G : (Rires) ! Si je devais donner un chiffre, elle passe de 100% en 2010 à presque 1% en 2011. La raison est très simple. Sur Photoshop, je peux passer une à deux heures à tenter de sauver une photo. Or il suffit de faire trois petits réglages dans un appareil photo pour shooter tranquillement pendant ces mêmes deux heures. Le temps c’est de l’argent. Photoshop ne me sert donc que lorsque je veux faire du graphisme style logo ou autre.

Akeza.net : Quels ont été vos plus grands outils de marketing au cours des deux dernières années ?

 

 Francis G : Je dirai facebook. Ainsi je n’ai pas besoin de me diviser en 4 pour communiquer. Je laisse mes pages le faire.

 

Akeza.net : Pouvez-vous partager avec nous 5 images impressionnantes Giraso ?

 

 Francis G : Je dirai que les photos qui me définissent le mieux se trouvent sur la page Facebook de GI (Générateur d’images) essentiellement dans les albums nature, people et night vision et là ce sont mes bébés. Impossible de dire lequel est mon préféré.

 

Akeza.net : Avez-vous des conseils à donner aux gens qui voudraient entamer une carrière de photographe ?

 

 Francis G : Je n’aurai pas cette prétention car je n’ai pas encore eu la maturité nécessaire. J’ai encore tellement de choses à apprendre. Pour moi la photo n’a rien d’une carrière, c’est tellement technique et subtil à la fois que pour moi ça a tout d’un art. Donc si quelqu’un veut se lancer, soit c’est pour de l’argent et alors il faut vite oublier et passer à autre chose, ou alors c’est une passion et dans ce cas je n’ai qu’un conseil, trouve-toi un style ou un photographe qui t’inspire ; copie-le, copie-le jusqu’à ce que tu deviennes meilleur que lui. Et surtout bonne chance, car je n’y suis toujours pas arrivé.

 

Akeza.net : Merci pour l’entretien !

 

Francis G : C’est moi qui vous remercie.

Photo extraite du shooting avec Fortran et son groupe (www.akeza.net)

Photo extraite du shooting avec Fortran et son groupe (www.akeza.net)

 

Propos recueillis par Leis-Bruel Bryga

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