Perspectives économiques en Afrique: La BAD optimiste pour les prévisions du Burundi (2018-2021)

Perspectives économiques en Afrique: La BAD optimiste pour les prévisions du Burundi (2018-2021)

Dans un rapport intitulé « Former la main d’œuvre de demain », sorti par la Banque Africaine de Développement (BAD) sur les perspectives économiques en Afrique en 2020, cette institution bancaire africaine est optimiste par rapport aux prévisions chiffrées que devrait enregistrer l’économie burundaise.
Coup de projecteur

 

Les facteurs favorables

Selon le rapport de la BAD, la reprise économique au Burundi s’est confortée en 2019 (3,4 % de croissance du PIB réel). Elle a été tirée par une hausse des exportations de café, une légère augmentation des investissements publics, et une bonne production agricole.

Le déficit du compte courant extérieur s’est légèrement réduit, passant à 10 % en 2019. Ce déficit a été financé essentiellement par un endettement de l’État vis-à-vis du secteur bancaire.

Le taux de croissance atteindrait 3,7 % en 2020 et 4,3 % en 2021, avec une hausse des exportations de café, une légère augmentation des investissements publics, une croissance moyenne de 6 % de la production vivrière et le maintien d’une politique monétaire prudente.

Le rapport ajoute que la Banque centrale a entrepris des réformes réglementaires importantes engagées en matière de politique de change qui pourraient contribuer à diminuer les tensions sur les réserves de change du Burundi.

D’autres initiatives soulignées sont entre autres la modernisation et la diversification de la production agricole, la construction en cours des centrales électriques de JIJI et MULEMBWE, le désenclavement du pays et l’accroissement du commerce dans la région à travers le renforcement du réseau de transport (réhabilitation du port de Bujumbura), ainsi que l’amélioration de la qualité des ressources humaines.

Le taux de croissance du PIB réel devrait passer de 3,8% en 2018 à 4,3% en 2021. Au moment où celui du PIB réel par habitant passera de 0,6% en 2018 à 1,1 % en 2021, souligne toujours le rapport.

 

Les facteurs défavorables

Le rapport mentionne le défi des aléas climatiques à l’agriculture burundaise. Avec une base exportable réduite (café et thé), cela se répercute sur le compte courant extérieur qui est déficitaire (10 % en 2019). Il souligne également le déficit budgétaire (4,2 % en 2019) qui pourrait se creuser en 2020 (4,9 % du PIB) et en 2021 (5,2 % du PIB).
L’autre facteur mis en exergue par le rapport est le faible accès à l’énergie (1,2 % en milieu rural et 58,5 % en milieu urbain en 2016).

Le reste des indicateurs se résument comme suit :
Inflation de l’Indice des prix à la consommation en %  : 2018  :   -2,6          2021 : 0,8
Solde budgétaire (% du PIB)                                              : 2018  :   -3,2           2021 : -5,2
Compte courant (% du PIB)                                               : 2018  :   -10,3         2021 : -9,1

 

Que faire pour assoir une croissance inclusive ?

Dr. Akinwumi A. ADESINA, Président de la Banque africaine de développement, précise que si les pays africains (le Burundi inclu) veulent favoriser une croissance plus inclusive, il faudra renforcer le capital humain. Il explique : ‘’ Pour favoriser une croissance plus inclusive, il faudra également renforcer le capital humain de l’Afrique et créer davantage d’emplois dans les secteurs à forte productivité. Pour ce faire, les pays devront s’efforcer d’intégrer, dans leur plan de développement économique, des stratégies d’éducation et de développement des compétences, accompagnées d’une mise à niveau et d’une expansion des programmes d’éducation et de formation visant à renforcer l’aptitude à l’emploi des travailleurs et la productivité des entreprises’’.

‘’Cela implique de prendre des mesures pour améliorer la quantité et la qualité de l’éducation. Plus précisément, cela exige d’améliorer l’accès aux écoles dans les zones reculées, d’accroître les incitations à investir dans l’éducation, d’élaborer un système éducatif axé sur la demande et correspondant aux besoins des employeurs, d’investir dans la nutrition pour aider les enfants les plus pauvres et de renforcer les capacités en matière de science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) et de technologies de l’information et de la communication (TIC) ’’, ajoute-t-il.

Janvier CISHAHAYO

Comments

comments