Perspectives économiques du Burundi en 2018 : une croissance positive mais légère

Perspectives économiques du Burundi en 2018 : une croissance positive mais légère

Après la grave crise politique de 2015 qui a sévèrement affecté la croissance économique du Burundi avec une baisse du PIB réel de 0,3% selon les estimations de la BRB, le pays a depuis timidement renoué avec la croissance. En 2017, la croissance du pays a été de 2,5% contre 1,7% en 2016. Cette relative amélioration de l’économie burundaise est essentiellement attribuable au secteur tertiaire dont la contribution dans le PIB s’élève à plus de 40%.

 

Pour l’année 2018, le Fonds Monétaire International (FMI) dans son rapport de mai dernier sur les perspectives économiques en Afrique subsaharienne indique que le Burundi devrait connaitre une légère croissance du PIB réel de l’ordre 0,1% mais qui ne pourrait empêcher les prix à la consommation de grimper, avec une inflation qui passerait à 18,9 % en 2018 contre 14,6 % en 2017.

 

Du côté des finances publiques, le gel d’une bonne partie de l’aide extérieure et la hausse des dépenses de l’Etat – estimées à plus de 60 milliards de Fbu dans le projet de loi portant fixation du budget général de l’Etat pour l’exercice 2018 – devraient entrainer la détérioration du solde budgétaire. En effet, le déficit budgétaire qui était estimé à 8,2 % du PIB en 2017, les projections de ce rapport indiquent qu’il devrait s’établir à 9,3% du PIB en 2018.

Le secteur extérieur, de son côté, devrait également enregistrer l’augmentation du déficit du compte courant due à l’écart toujours important entre les importations et les exportations du pays. Estimé à -11,6 % du PIB en 2017, il devrait s’établir, selon ce rapport, à 15,4 % du PIB. La dette publique devrait aussi grimper à 65,1 % du PIB en 2018 contre et 56,7 % en 2017 car le Burundi devrait recourir plus à l’endettement intérieur pour couvrir le déficit budgétaire – rappelons que le total des charges du budget général, exercice 2018, est de 1388,1 milliards FBU alors que les ressources totales sont de 1224,1 milliards Fbu.

 

En vue de transformer la reprise actuelle en une croissance forte et durable afin de permettre l’amélioration des différents indicateurs de son économie, le Burundi dispose d’un bon nombre d’arguments tels que le potentiel minier, le niveau accéléré d’intégration régionale, l’existence des structures de promotion des investissements telle que l’Agence de Promotion des Investissements (API), etc., qui une fois renforcés  devraient permettre au pays de faire décoller son économie.

 

Blaise NKURIYINGOMA

 

Comments

comments