Par erreur de diagnostic, il a failli être enterré vivant

Par erreur de diagnostic, il a failli être enterré vivant

Photo illustrative ©Akeza.net

Etre enterré  vivant est l’une des plus grandes peurs du commun des mortels. Si certains se retrouvent coincés dans un cercueil par erreur et y succombent malheureusement, d’autres reviennent de loin et par une chance absolue retrouve la vie avant d’être embarqué dans le pays des morts. Jean Ndarishikanye, un octogénaire, a frôlé une mort atroce. Par justesse, il  s’en est tiré. En 1950, alors adolescent, il nous raconte comment il a failli être enterré vivant.

J’étais encore adolescent quand je suis tombé gravement malade. J’avais de la fièvre, je mangeais à peine, je ne pouvais même pas parler, encore moins marcher. Je m’attendais à guérir sans l’aide d’un médecin mais en vain. De plus en plus faible physiquement, j’ai été envoyé à l’hôpital à l’aide des transporteurs.

A la campagne, on consultait le médecin que si le cas dépassait les compétences de ta mère et ses multiples médicaments traditionnels. Comme il n’y avait pas d’ambulance, on portait les malades sur des nattes et on les transportait jusqu’à l’hôpital le plus proche. Cela pouvait prendre des heures et des heures. Sur la natte, sous un soleil ardent, ma fièvre montait et je devenais de plus en plus faible.

Au beau milieu de la route, les transporteurs ont voulu se reposer et voir si j’allais bien. J’avais perdu connaissance mais ils ont cru que j’étais mort. Ils ont fait demi-tour pour aller m’ensevelir. Il n’y avait pas de morgue à l’intérieur du pays.

Je suis l’ainé de la famille et j’étais encore célibataire, cela induisait que je devais être enseveli  dans la parcelle de mon père, à quelques mètres de la maison. Arrivés chez mon père, les transporteurs m’ont mis dans une autre natte et ont commencé à creuser.

Ils m’ont mis dans la tombe puis ont commencé à mettre du sable sur mon corps. J’ai toussé. Croyant que c’était une personne qui était venue assister aux funérailles qui toussait, ils ont bonnement continué. J’ai toussé plusieurs fois, je me suis débattu dans la natte, tellement elle était serrée. Ils ont finalement compris que je n’étais pas mort et m’ont retiré de la tombe.

A mon réveil, les personnes qui étaient là, étaient stupéfaites. Il n’y avait pas de femmes ni d’enfants donc pas de cri de joie ni de larmes. Les hommes restent des hommes. Mon père était plus que content de me voir vivant. Pendant quelques temps, on m’a même surnommé  « Rupfu » qui veut dire  la mort en français.

On m’a finalement amené chez le docteur. Sans encombre, j’ai pu me faire soigner par un médecin et jusqu’à ce jour  je suis plus que vivant.

 

Propos recueillis par Miranda Akim’

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